Champlain
Mgr de Laval
Frontenac
Jean Talon
Maisonneuve
Vaudreuil
Jeanne Mance
Mgr Lartigue
Montcalm

 

LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN

 

Témoignages

«Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu» (Jn 3,21)

 

Pères Dominicains
Rel. Hosp. de Saint-Joseph
Religieuses de Jésus-Marie
     
Soeurs Grises de Montréal
Frères Maristes
Religieuses Ursulines
     
Pères Jésuites
Soeurs de Sainte-Croix
Frères de l'Instr. Chrétienne
     
Congrégation de Notre-Dame
Clercs de Saint-Viateur
Pères Franciscains
     
Messieurs de Saint-Sulpice
Pères Assomptionnistes
Pères Rédemptoristes
     
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Soeurs de Sainte-Anne
Pères Spiritains
     
Petites S. de l'Assomption
Soeurs du Bon Conseil
Hosp. de St-Jean-de-Dieu
     
Frères de Saint-Gabriel
Pères Eudistes
Srs de Saint-Joseph de S.V.
     
Srs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Religieux de Saint-Vincent
Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur
     
Congrégation de Sainte-Croix
Fr. des Écoles chrétiennes
Soeurs de la Providence

 


Messieurs de Saint-Sulpice


Messieurs de Saint-Sulpice
Fondateur
Témoignages religieux

 

Fondation française

Arrivée à Montréal en 1657

Prise en charge de la Paroisse Notre-Dame

En 1686, première école primaire de garçons

En 1857, ouverture du Grand Séminaire

 

Messieurs

le Cardinal Édouard Gagnon

Zénon Yelle

Éducation de la jeunesse
Jean-Jacques Olier de Verneuil 1608-1657
Formation des séminaristes

 

Historique de la communauté

 

La Société de Saint-Sulpice est fondée à Paris en 1641, par Jean-Jacques Olier de Verneuil, membre de la Confrérie du Saint-Sacrement, tout comme Jérôme Le Royere de La Dauversière.

En 1639, la Société Notre-Dame-de-Montréal reçoit l'Île de Montréal de la Compagnie des Cent Associés. Les Sulpiciens arrivent à Montréal en 1657. Une équipe de quatre prêtres, sous la direction de Monsieur Gabriel de Queylus, prend charge de la Paroisse Notre-Dame.

En 1663, les Sulpiciens prennent la relève de la Société Notre-Dame-de-Montréal et deviennent acquéreurs des seigneries de Montréal et de Saint-Sulpice, grâce au don de 130,000 livres de Monsieur de Bretonvilliers. En tout, les Sulpiciens auront versé 7,000,000 livres pour l'édification d'une colonie catholique et missionnaire.

En 1686, Monsieur Souart ouvre, en face de l'église Notre-Dame, la première école primaire de garçons qui compte 73 élèves.

Ce n'est qu'en 1857 que le Grand Séminaire pour la formation de séminaristes ouvrira ses portes rue Sherbrooke.

www.sulpc.org

Résumé de l'entrevue de M. le Cardinal Édouard Gagnon

Le père de Monsieur Gagnon travaillait déjà, à vingt ans, dans la construction de ponts de chemins de fer pour la compagnie Dominion Bridge, à Port-Daniel. Il pensionnait à Grande Rivière où il rencontra une jeune institutrice. Ils se plurent, se marièrent et déménagèrent à Montréal où Monsieur Gagnon continua à travailler pour la nême compagnie. Après trois ans, la petite famille revient en Gaspésie. Monsieur Gagnon achète une propriété à Port-Daniel où naîtront Édouard et deux autres enfants, mais la réadaptation est difficile et on revient vivre définitivement à Montréal dans le quartier Maisonneuve. Le jeune Édouard y étudie avec les Frères des Écoles chrétiennes à l'école Chomedey de Maisonneuve, jusqu'à la onzième année.

Édouard se sent appelé au sacerdoce dès ses premières années comme servant de messe auprès du curé, Mgr Chaumont. Il doit cependant compléter, auprès de l'abbé Bolduc, les matières qui lui manquent pour entrer au collège. Il fait ses années de philosophie au collège de l'Assomption, puis s'achemine au Grand Séminaire. Trop jeune, à vingt-deux ans et demi, pour être ordonné en mai avec ses confrères, il doit attendre au mois d'août. Mais août est le mois des vacances aux Grèves, pour les enfants et, comme Édouard y va en tant que séminariste pour s'occuper d'eux, c'est en leur présence qu'il est ordonné; vingt-six d'entre eux deviendront prêtres plus tard.

Comme il est tiraillé entre le collège de l'Assomption et le Collège Marie Médiatrice, où se trouve l'abbé Bolduc, qui comptent sur lui comme professeur dans leurs institutions respectives et que, par ailleurs, il aime la théologie, il suit les conseils de son directeur spirituel et demande à Mgr Gauthier la permission de devenir Sulpicien. La réponse est négative, mais l'évêque le nomme quand même au Grand Séminaire pour y enseigner l'Écriture Sainte. L'évêque décède peu après et c'est Mgr Charbonneau qui lui donne cette autorisation. On veut alors lui faire étudier le Droit Canon, mais c'est la guerre et il n'est pas possible de se rendre à Rome où ces cours se donnent; on y introduit donc cette faculté à l'Université Laval. Après quoi, il reprend l'enseignement pendant dix ans au Grand Séminaire, tout en étant directeur de la Colonie de vacances des Grèves et juge au tribunal diocésain. Par la suite, le Cardinal Léger le choisit comme canoniste, mais il est bientôt envoyé comme directeur du Grand séminaire de Saint-Boniface où il demeure sept ans, puis en Colombie.

C'est alors la troisième session du Concile. Mgr Baudoux, évêque de Saint-Boniface lui demande de l'accompagner à Rome où il rencontre, entre autres, le futur Jean-Paul II. Comme il sait l'italien et l'espagnol on lui confie les auditeurs laïcs qui suivent les débats en latin. Puis, au Chapitre des Sulpiciens à Paris, il est nommé provincial. Peu après, il est nommé évêque au diocèse de Saint-Paul en Alberta pour trois ans

Il revient à Rome en1972, comme recteur du Collège canadien. Ce sont six années assez difficiles, à cause de problèmes personnels chez les étudiants et des opinions plus ou moins gauchistes chez les professeurs. Paul VI le nomme aussi pour faire l'évaluation du personnel du Vatican, après la nouvelle organisation de la Curie, et président du Comité de l'office de la famille, ce qui le conduit, à l'occasion, à la Conférence des Nations Unies, comme représentant du Saint-Siège. N'étant pas cardinal, il ne participe pas aux Conclaves, mais il s'y intéresse. Il se réjouit de l'élection de Jean-Paul 1er, qui avait déjà donné un nouveau style dans les relations avec le public, et ensuite de celle de Jean-Paul II. Les deux papes avaient été ses deux choix au moment des élections. Il quitte Rome en 1979.

De 1979 à 1983, il prêche la dévotion au Sacré-Coeur. Le Comité de la famille travaille alors avec un Conseil de laïcs, mais le Pape veut en faire un organisme indépendant et fonde alors le Conseil pontifical de la famille. Il fait revenir Mgr Gagnon et le nomme cardinal pour en être le président. Plus tard, en 1989, il le nomme également président des Congrès eucharistiques.

Monsieur le Cardinal Gagnon a pour mission également de rencontrer Mgr Lefebvre pour voir si une réconciliation est possible avec lui. Il visite toute son organisation, sauf en Allemagne et fait des suggestions qui ne sont pas retenues. Un protocole est préparé par le Cardinal Ratzinger, mais la démarche échoue parce que Mgr Lefebvre ne veut pas céder.

La société vit actuellement une grande crise, avec la désintégration de la famille et la perte de ses valeurs. Il semble malheureusement que nous n'en sommes pas encore au plus creux, mais Monsieur le Cardinal demeure optimiste. Le retour des jeunes depuis les J.M.J. permet d'espérer; leur exemple peut faire changer les choses. Le malheur chez eux, c'est qu'ils ne peuvent s'engager dans un projet de façon permanente, comme pour le sacerdoce. Par ailleurs, le pape ne cèdera pas sur la doctrine en face de quelque problème que ce soit. Il continuera cependant à travailler pour l'unité des chrétiens.

Monsieur le Cardinal est reconnaissant envers Dieu qui l'a toujours guidé et lui a fourni des occasions de parler pour Lui, entre autres par la promotion de la dévotion au Sacré-Coeur dans le monde, et lui a permis d'utiliser ses diverses compétences pour assumer des tâches importantes dans cette Église pour laquelle il conserve un attachement indéfectible.

 

Résumé de l'entrevue du Père Zénon Yelle

 

Monsieur Yelle est né en 1924, fils d'un père cultivateur, à Saint-Rémi-de-Napierville, là où les Anglais avaient pointé leurs canons sur l'église, croyant que c'étaient des fortifications des Patriotes, alors que c'était l'église en construction, comme le leur apprit le brave curé. La famille comptait quatorze enfants, dont dix garçons et quatre filles. Zénon commença ses études primaires en 1930 et entreprit ses études secondaires au Collège de Montréal, en 1937.

Sa vocation avait germé dans une famille où on était fidèle à la prière tous les jours et aux premiers vendredis du mois. Tous les enfants avaient été marqués par cette éducation. Deux de ses soeurs étaient devenues religieuses, l'une, chez les Soeurs de Sainte-Anne et l'autre, au Carmel de Montréal où elle fut prieure durant plusieurs années. Deux oncles du côté paternel, l'aîné, Émile, après avoir enseigné au Grand Séminaire de Montréal de 1920 à 1927, fut le premier recteur canadien de l'Institution de 1927 à 1933, avant d'été sacré archevêque de Saint-Boniface, Manitoba en 1933. L'autre, Gérard fut aussi professeur au Grand Séminaire durant une trentaine d'années. C'est pour eux que Zénon apprit à servir la messe dès 1933, mais n'avait pas reçu d'appel précis, ayant quand même choisi d'étudier au Grand Séminaire, comme cela lui semblait tout simplement normal.

Il avait suivi des cours de reliure et s'était intéressé aux sciences, mais il suivit le chemin normal pour devenir prêtre, en étudiant la philosophie et la théologie. Il reçut tout de même un appel spécial en 1947, lors de l'ordination d'un cousin où le curé avait mentionné en chaire que l'Asie avait besoin d'être évangélisée; une voix lui dit, à sa visite au Saint-Sacrement: "c'est toi pour l'Asie." Devenu prêtre, cet appel l'habita longtemps. Il reçut d'abord un refus de Mgr Forget, évêque de Saint-Jean, quand il demanda pour aller à Fukuoka, mais les choses s'arrangèrent et, le 7 octobre 1953, il partait pour le Japon. C'est au Collège canadien à Rome, en 1951, qu'il rencontra Mgr l'archevêque Paul-Émile Léger devenu cardinal l'année suivante. Il eut le plaisir d'envoyer à ses parents une photo où il se trouvait avec lui et les deux évêques Montini (Paul VI) et Tardini.

Il arriva donc au Japon le 3 novembre 1953, jour de la culture dans ce pays. C'était après la guerre où le Japon avait connu de grandes difficultés dont les effets se faisaient encore sentir: il y avait peu de nourriture et les transports étaient lents. Après 24 heures de voyage, il manqua l'arrêt à Kyoto où il aurait pu prendre une couchette, ce qu'il ne put faire qu'à Kobe et alors, sur des banquettes dans un wagon de militaires. À Fukuoka, il pleuvait et on est venu les chercher, lui et le Père Labelle.

Il y allait pour enseigner l'Écriture Sainte pour laquelle il avait reçu une préparation à Rome en 1951, où l'on devait apprendre également des langues modernes et anciennes: hébreu,araméen et ugaritique. Il étudia le japonais à l'École des langues des Franciscains de Tokyo durant deux ans, pour traduire les textes de l'Écriture en japonais. Il enseigna la Bible durant 45 ans, publiant quelques volumes bibliques de base, dont la traduction japonaise du Vocabulaire de théologie biblique, en 1973. Ce volume se vend encore et atteignit les 25,000 exemplaires.

Au début de son enseignement en 1956, les catholiques n'ayant pas encore une traduction de l'Ancien Testament, cette partied e la Bible était peu connue, il devait donc l'enseigner à partir de zéro. Durant sept ans, il dut utiliser une version protestante. Il n'y avait pas tellement de différence avec la Bible catholique, saufque la protestante ne contenait pas certains livres appelés "Deutérocanoniques" comme les livres de Tobie, Judith, la Sagesse, le livres des Maccabées, etc. En 1964, les catholiques eurent leur première traduction complète de toute la Bible. Cette traduction faite pas un Père Salésien devint le texte employé en liturgie, après vatican II jusqu'à la publication dela Bible oecuménique en 1987. Le Père Yelle, à titre de membre du Comité exécitif de la Commission de Terminologie de cette Bible, travailla à la traduction depuis juillet 1969. Cette Bible, publiée par la Société biblique du Japon eut deux éditions: l'une contenant les Deutérocanoniques et l'autre, sans ces livres. Ainsi, on pu trépondre à la demande de toutes les Églises et communautés chrétiennes. Ce fut la réponse au souhait de Vatican Ii et de l'Alliance Biblique Universelle.

Cette Bible oecuménique, en quinze ans, atteignit plus de 2 millions d'exemplaires, bien que tous les chrétiens, catholiques et protestants ne soient qu'un million. Ce succès extraordinaire ne peut s'expliquer que par intérêt pour la Bible comme valeur de vie, dans les milieux non-chrétiens. Différentes études statistiques montrent qu'environ 18 % de la population japonaise, soit quelque 20 millions, se disent chrétiens de coeur, mais n'appartenir à aucune Église chrétienne. Phénomène unique! Ils se nomment les "sans-église". Ils se nourrissent de la Bible; cela explique le succès des publications bibliques. D'autre part, les centaines de petites communautés chrétinnes autonomes, semblent être l'obstacle principal à leur entrée dans les églises. On craint de se tromper et d'avoir à le regretter. D'où l'importance pour l'évangélisation de l'Unité des chrétiens.

Monsieur Yelle revint au Québec en juin 2004. Il a "quitté le Japon" mais il est "encore dans le Pacifique". Il ne connaît plus les gens d'ici. Au Japon, l'avenir est au christianisme, les gens ont connu de grandes souffrances et cherchent une réponse, alors qu'ici, les catholiques ne sont plus qu'un petit groupe, le ferment dans la pâte; c'est une période de purification nécessaire. Autrefois, nous avons connu un catholicisme social en regard d'une foi personnelle. Aujourd'hui les jeunes générations et les personnes âgées commencent un grand cheminement de la foi. En ce qui concerne la Chine, Rome reconnaît à 80% les évêques patriotiques. L'Église est une, mais les chrétiens sont divisés sur l'attitude face au pouvoir civil communiste. En d'autres mots: peut-on être à la fois bon chrétien, fidèle au Christ et à son Église, et être en même temps un bon Chinois, fidèle au gouvernement? L'Église patriotique dit: "Oui" et l'Église sous-terraine dit: "Non". Depuis une dizaine d'années, des progrès importants se font vers une reconnaissance mutuelle.