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Champlain
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Mgr de
Laval
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Frontenac
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Jean
Talon
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Maisonneuve
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Vaudreuil
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Jeanne
Mance
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Mgr Lartigue
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Montcalm
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LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN
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Témoignages
«Celui
qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin
que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu»
(Jn 3,21)
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Soeurs
de Sainte Anne
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Soeurs
de Sainte-Anne
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Fondatrice
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Témoignages
religieux
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Fondation:
à Vaudreuil en 1850 Mère
Marie-Anne, En
1854 Béatifiée
par le pape |
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Soeurs |
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Enseignement
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Esther
Sureau dit Blondin
1809-1090 |
Éducation
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Historique de la communauté Esther Blondin naît à Terrebonne en 1809. Entrée à la Congrégation de Nottre-Dame comme domestique en 1829, elle apprend à écrire, à lire et à compter, mais doit quitter la communauté pour cause de maladie en 1832. Puis, elle est appelée à enseigner dans une école de Vaudreuil dont elle devient la directrice en 1838 et qu'elle élève au rang d'une école modèle, l'Académie Blondin, où elle forme des institutrices pour les écoles rurales ennvironnantes. Cette expérience l'entraîne à fonder une congrégation religieuse vouée à l'éducation des enfants pauvres des campagnes. Le 8 septembre 1850, avec quatre compagnes, Esther Blondin prononce ses voeux de religion en l'église de Vaudreuil sous le nom de soeur Marie-Anne. La congrégation des Soeurs de Sainte-Anne est née. Son recrutement s'opère avec une telle rapidité que, à cause des problèmes de logement, la Maison Mère doit être transférée à Saint-Jacques-de-l'Achigan en 1853 et fixée enfin à Lachine en en 1864. Le transfert à Saint-Jacques marque le début d'une longue épreuve pour la Fondatrice. À la suite d'un malebtbdu initial, l'entente devient impossible entre le chapelain Louis-Adolphe Maréchal et la supérieure Mère Marie-Anne. L'évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, choisit de sacrifier la fondatrice et lui retire, en 1854, le gouvernement de sa Congrégation. Mère Marie-Anne, affectée désorrmais aux tâches les plus humbles, offre sa prière pour le rayonnement de son oeuvre. Pénétrée d'une sagesse à laquelle ses origines paysannes ne sont pas étrangères, elle exprime ainsi sa conviction intime: «Plus un arbre enfonce ses racines dans le sol, plus il a de chances de grandir, de s'élever dans l'air et de produire des fruits.» Elle s'éteint paisiblement au Couvent de Lachine le 2 janvier 1890. L'arbre qu'elle a planté est déjà vigoureux. À la mort de la fondatrice, la congrégation des Soeurs de Sainte-Anne est en pleine expansion et compte quarante-trois établissements répartis dans six diocèses. Elle est au Québec, en Colombie britannique, aux États-Unis et en Alaska. Son développement se poursuit selon la courbe ascendante jusque dans les années 1960 et son élan missionnaire la conduit au Japon, en Haïti, au chili, au Cameroun et en République démocratique du Congo. Elle conserve aujourd'hui plusieurs établissements d'enseignement privé où elle continue son oeuvre avec le concours de laïques motivées par le charisme toujours vivant de la fondatrice Mère Marie-Anne. Le 29 avril 2001, par la voix de Sa Sainteté le pape Jean-Paul II Marie-Anne Blondin, fondatrice de la Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne est proclamée Bienheureuse.
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Résumé de l'entrevue de Soeur Jacqueline Dazé
Dès l'âge de quinze ans, elle s'est sentie attirée par le Seigneur Jésus et a choisi les S.S.A., à cause des modèles que furent ses institutrices, plus particulièrement S. Marie-François-de-Sienne qui sut lui transmettre le goût de la littérature, de l'histoire et du bon français. Malgré une certaine réticence de son père, elle obtint d'abord de préparer son Diplôme supérieur d'enseignement puis d'entrer chez les religieuses. Mais auparavant, elle travailla un an chez Joseph Corbeil, son oncle et, durant deux ou trois ans, au Camp Bruchési. Elle avait lu le livre "Suis-je appelée à la vie religieuse?" qui fut un élément déclencheur. Elle finit par obtenir la signature de son père, entra au noviciat de Lachine et fit profession en 1939. Elle n'a eu aucune dificulté d'adaptation et y fut même très heureuse, découvrant Jésus au fur et à mesure qu'elle avançait. Elle a d'abord enseigné au primaire, en 5e et 6e années, à Saint-Anastasie, sans toutefois avoir un goût très prononcé pour l'enseignement, puis au secondaire en Lettres-Sciences à l'académie Sainte-Anne où elle s'est également occupée d'action catholique. Le temps fort de son engagement dans ce mouvement fut en 1945, à l'École Normale de St-Jérôme, en tant que responsable du comité diocésain. Ayant obtenu une maîtrise en Sciences religieuses à Ottawa, elle devint ensuite spécialiste de l'enseignement religieux, particulièrement biblique, à l'École Normale Cardinal-Léger. En 1962 et durant cinq ans, elle devint conseillère pédagogique au secrétariat national de la J.ÉC. Elle orgnisa aussi avec l'abbé Dumas une dizaine de "retraites de la vie apostolique". Soeur Jacqueline fut supérieure d'un Centre de ressourcement spirituel à Saint-Jacques de Montcalm, projet d'évangélisation moderne, qui s'appelle "Horeb Saint Jacques", fondé en 1989, à la demande de Mgr Audet, évêque de Joliette. En même temps que les soeurs mettent sur pied des sessions, entres autres de christothérapie, elles accueillent aussi beaucoup de mouvements spirituels, dont les Cursillos, les Marriage Encounters, les A.A. etc. Ayant suivi des cours d'été donnés par le Père Jean-Marie Tillard, Dominicain, elle avait acquis une culture biblique à travers le thème de l'Alliance et ayant aussi une propension naturelle à la liturgie, quand les décisions ont été connues en 1965, elle est entrée facilement dans l'esprit du Concile. Soeur Jacqueline a servi sa communauté au conseil général de 1968 à 1974, puis comme provinciale de 1974 à 1980, enfin comme assistante générale de 1980 à 1986. Elle fut également responsable du département de formation, puis aide au secrétaire général de la C.R.C. à Ottawa. Le lien entre sa vie professionnelle et sa vie spirituelle. n'a jamais posé de problème pour elle. Elle a toujours aimé ses occupations, mais ce qui la motivait c'était beaucoup plus Jésus-Christ, qui a toujours été le centre de sa vie. Puis, quand elle était chargée de l'enseignement religieux dans les Écoles normales, elle a centré son enseignement, à travers la Bible, sur Jésus-Christ. Comment entrevoit-elle l'avenir? Comme il y a cette autre forme de vie religieuse où l'on perçoit déjà des pousses nouvelles et qu'avant longtemps, il y aura une rencontre des nouvelles communautés et des anciennes pour voir comment elles pourront fructifier ensemble. Soeur Jaqueline n'est pas inquiète pour l'Église qui ne tombera sûrement pas. Elle garde l'espérance que, si les communautés se renouvellent ce sera à travers leurs missions dans le monde. Les communautés prendront d'autres formes, mais l'ensemble de la vie religieuse va durer.
Résumé de l'entrevue de Soeur Claire Richard
Elle a fait ses études chez les S.S.A. où elle a été "aimée, admirée et respectée", mais quand elle a voulu devenir religieuse, elle a dû venir au Canada parce qu'il n'y avait qu'un noviciat. Sa vocation date de très loin et est associée à des incidents comme celui de recevoir une poupée habillée en religieuse, de lire l'acte de consécration à la Sainte-Vierge, à sa première communion, et de se faire dire, dans un éclat de rire, qu'elle changerait d'idée avec le temps. Sa mère n'acceptait pas qu'elle entre en communauté avant dix-huit ans mais, grâce probablement aux prières des soeurs, plus particulièrement de S.S. Élias qui avait enseigné à sa fille, elle changea d'idée et lui permit d'entrer à dix-sept ans. Si Soeur Claire était restée dans le monde, elle ne serait pas devenue enseignante, mais plutôt secrétaire médicale, mais pour entrer chez les Soeurs de Ste-Anne, ce qu'elle voulait faire, elle devait enseigner. Par ailleurs, si sa mère n'était pas décédée à quarante-quatre ans, Soeur Claire ne serait pas restée en communauté, parce qu'elle l'adorait et souffrait d'en être séparée. Elle fit profession en 1946 et, à l'occasion de cette profession temporaire, on avait laissé entendre à sa mère qu'elle serai nommée pour enseigner ax États-Unis, mais quand elle apprit qu'elle resterait à Montréal, ce fut comme pour elle comme si le plancher s'ouvrait sous ses pieds. Ce fut également difficile pour Soeur Claire, mais elle aima beaucoup l'enseignement et y est restée trente-trois ans. Elle était d'ailleurs bien préparée pour le faire, ayant fait ses études à l'École Normale et ayant obtenu une maîtrise en sciences religieuses. Elle a d'abord enseigné à Saint-Henri, ensuite à Saint-Thomas-d'Aquin, quatre ans et à Saint-Michel sur le boulevard Saint-Lauent, six ans. Nommée à Saint-Jacques, elle pleura parce qu'elle ne comprenait rien à cette nomination, ne connaissant rien en couture et rien en cuisine. Elle y passa treize ans et ce furent ses plus belles années, celles où elle fut le plus heureuse. Cependant, elle n'y a pas enseigné l'art ménager mais plutôt la religion, l'anglais, la pédagogie et la psychologie. Ses élèves étaient des femmes distinguées, raffinées, matures et elle a gardé de bons contacts avec elles. Elle laissa Saint-Jacques pour la polyvlente Saint-Philippe où il y avait 2,000 élèves et où elle demeura neuf ans. Elle fut par la suite engagée à l'Université Saint-Paul, à Ottawa pour faire de la traduction anglaise pour le recteur. Elle s'occupa également de trouver des logements pour les élèves. Quand vint
le Concile, ele s'est adaptée facilement aux changements demandés,
mais elle eut besoin d'encouragement pour enlever le costume religieux,
l'habit, qu'on le veuille ou non, ayant exercé un certain attrait
sur bien des jeunes. Quelques-unes de ses élèves sont
entrées. Elle trouve donc consolant de penser qu'elle et celles
qui l'ont précédée ne sont pas entrées dns
la vie religieuse pour rien. La vie apostolique continue à travers
leurs élèves. Soeur Claire a fêté ses soixante
ans de vie religieuse, l'été dernier et n'a jamais eu
de regrets. Elle a eu une vie fructueuse et heureuse.
Résumé de l'entrevue de Soeur Marie Gravel
Elle fut engagée comme bonne auprès de trois jeunes enfants auxquels elle s'est beaucoup attachée, mais elle dut retourner chez ses parents. Jusqu'à l'âge de vingt ans, elle fut une jeune fille très populaire et profita des loisirs de son âge, tout en se demandant ce que cette vie lui apportait. La rencontre avec une religieuse qui l'avait connue et avait cru reconnaître une vocation chez elle fut un élément déclencheur, car Marie y pensait, en fait, depuis son enfance. Voulant en avoir le coeur net, elle entra chez les Soeurs de Sainte-Anne en 1937. Sans diplôme, mais lui reconnaissant beaucoup de talent, on lui confia une classe d'élèves à l'école Saint-Arsène, puis elle fut mise aux études, tout d'abord pendant deux ans, pour un diplôme d'enseignement et, un peu plus tard, pour une Licence en Lettres à l'Université de Montréal. Elle enseigna de 1940 à 1967. Cette dernière année, celle de l'Expo universel, on lui demanda de faire, sur le terrain, des interviews qui étaient publiées dans une revue de quartier et dans un autre journal. C'est cette même année où elle enseignait la littérature et la biologie à l'École Normale Cardinal-Léger que sa vie fut brisée en deux à la suite d'un accident où elle eut sept côtes fracturées et une double fracture du bassin. En 1968, elle fut nommée au Collège Marie-Anne, mais y resta peu de temps. En 1970, elle devint supérieure auprès de dix-huit soeurs, à Esther-Blondin, et décida que toutes les soeurs feraient partie du conseil et se réuniraient toutes les semaines. Tout s'est très bien passé, y compris le changement de costume. Elle commençait alors à faire des crises d'arthrose, mais elle devint directrice de leur couvent Saint-Jacques, devenu disponible pour d'autre oeuvres, entre autres l'accueil de groupes pour des sessions de prière. En 1978, les soeurs fêtèrent le 125e de Mère Marie-Anne avec costumes d'époque. Après une chute, elle pria Jésus en toute confiance: "Tu sais mieux que moi ce qui m'est nécessaire." Elle fut transférée à l'infirmerie, en septembre, pour y recevoir des traitements. Ayant, un jour, assisté à un spectacle de la Sagouine au Rideau Vert, elle se dit qu'elle pouvait en faire autant et se mit à mémoriser la moitié de son livre. Devenue à son tour, monologuiste spirituelle, elle présenta quatre cents spectacles, durant les étés. Comment voit-elle l'avenir? "Certaines communautés sont nées et sont mortes, d'autres ont traversé les siècles. Ce n'est pas notre affaire. Nous, tout ce que nous avons à faire, c'est que chacune vive pour l'amour de Dieu et aie de l'amour dans le coeur."
Résumé
de l'entrevue de Soeur Pierrette Petit
Cette maman qui avait du talent et était débrouillarde, avait réussi une septième année et travaillé neuf ans comme vendeuse chez Eaton, haussant son âge de quinze à seize ans. "Très têtue", elle obtint que Pierrette soit acceptée en première année à cinq ans, ce qui permit à celle-ci de faire sa première communion à cet âge, malgré la "sévérité" du curé qui lui fit subir un questionnaire difficile sur la Trinité. Cette maman, qui avait toujours voulu devenir religieuse, lui avait dit alors: "Quand tu auras le petit Jésus dans ton coeur, demande-lui de faire une soeur avec toi." Après
ses études primaires à Saint-Georges, puis pensionnaire
à Ste-Geneviève-de-Pierregonds, Conseillée par la supérieure du pensionnat, elle reporta son entrée en communauté et travailla, à seize ans, à la lithographie de Saint-Laurent, mais fut sollicitée, dès octobre 1956, pour aller travailler aux Éditions Bellarmin avec les Jésuites dont le Père Cousineau, son patron. Elle y demeura trois ans. Craignant de se laisser emporter par ce travail qu'elle aimait, elle décida d'entrer au noviciat en février 1959. Elle rencontra quelques difficultés et développa un certain complexe qui la rendit timide, mais elle se dit qu'elle ne serait pas toujours là et qu'"un jour ce serait la vraie vie". Après son noviciat, elle enseigna, sans diplôme d'enseignement, en huitième année au Collège Marie-Anne où elle eut de la diificulté avec des élèves "pas très polies." Par la suite, elle enseigna en dixième année puis, à l'École Normale Cardinal-Léger, la morale familiale, dans laquelle elle n'avait pas beaucoup de connaissances. Ensuite, elle étudia la philosophie, puis l'archivistique à l'Université Laval. Nommée au secrétariat général, elle devint responsable de "l'Antenne", journal de la communnauté. Cela l'a beaucoup aidée à prendre sa place dans la comunauté, en lui donnant un certain leadership et en lui faisant connaître toutes les missions et les soeurs qui y vivaient, ici mais aussi au Chili, en Alaska. Après neuf ans, Mgr Parent qui l'avait connue lors de ses études de philosophie, la demande à l'Université Laval pour classer les archives de Charles de Koninck qui avait été doyen des facultés de philosophie et de théologie et secrétaire du Cardinal Roy au Concile. En 1973, elle devient secétaire du Cardinal Léger, après quoi elle étudie la théologie à Ottawa, en vue d'une maîtrise. Elle termine avec une thèse sur la sainteté qui sera publiée à son insu: "Un grand théologien spirituel Hans Urs Von Balthazar". En 1980, elle va travailler au Centre Saint-Pierre comme directrice du secteur pastoral, mais, au bout de quatre ans, dans des circonstances fortuites, elle perd son emploi. Puis, elle accompagne Soeur Odette Saint-Pierre à la Grégorienne de Rome, pour faire un certificat spécialisé en théologie spirituelle. Quand elle revient à Montréal, en février 1986, elle remplace un Père au Gesu, comme responsable des cours du soir pour adultes. Puis on rénove le Gesu et de nouveau,elle perd son emploi. Alors elle se dit prête pour fonder son institut de spiritualité, l e Centre Christus qui fut donc fondé en 1986, au sous-sol de l'église Notre-Dame-des-Neiges où il se donne des cours, des sessions, des conférences susceptibles d'aider les chrétiens à prendre conscience du dynamisme spirituel qui les habite. Puis, comme elle est en année sabbatique, la communauté lui confie "Les Amis de Marie-Anne Blondin" pour les personnes vieillissantes des Associés des S.S.A. qui ne peuvent plus aller aux réunions mensuelles, mais qui veulent garder un lien avec la communauté par le biais d'un petit bulletin qui les renseignent sur Esther Blondin et sur la communauté, avec des intentions de prière, pour entrer dans le mouvement de l'Église à l'occasion du carême ou du Congrès eucharistique, par exemple. D'après une tradition qui s'est perpétuée dans la communauté, chaque S.S.A. a toujours la préoccupation d'avoir un pauvre dont elle s'occupe. Soeur Pierrette en a décelé parmi les groupes qui vont à Christus et elle s'occupe de femmes qui sont malades physiquement ou psychologiquement pour les sortir d'embarras. Ce qui la rend heureuse, c'est de rendre les gens heureux. Le Seigneur a permis aussi qu'elle puisse étudier chez Jeannine Guindon et cela l'a beaucoup aidée, d'abord à s'intégrer ellei-même et à pouvoir donner une boussole aux gens, pour qu'ils se retrouvent dans la vie. C e qui la rend heureuse surtout, c'est quand ils sont capables de rencontrer le vrai Dieu de Jésus-Christ, à l'aide des exemples de saints, par exemple. Ses loisirs elle les occupe par la lecture et la musique. Tout ce qui peut l'aider dans son travail pastoral est ce qui la nourrit et la vie des saints l'enflamme. Puis, en musique, elle aime les oratorios, par exemple le Messie de Haendel. Elle essaye d'y intéresser les gens pour qu'ils aient le goût de l'écouter. Elle est convaincue que la beauté va sauver le monde. À Christus, elle a une petite vitrine où elle met de belles images, de belles peintures pour en donner le goût aux gens. Elle se dit que si quelqu'un s'ouvre à l'art, quel que soit l'art qui lui parle, il peut cheminer dans la beauté et rencontrer le Dieu de Jésus-Christ qui est un Dieu beau et souriant.
Résumé de l'entrevue de Soeur Donate Poupart
Soeur Donate étudia d'abord au pensionnat de Napierville, parce que sa soeur religieuse y était maîtresse de discipline. Elle termina con cours Lettres-sciences en juin 1930, à Lachine, et entra en communauté l'année suivante, en janvier 1931. Le fait de voir ses soeurs et ses deux tantes religieuses heureuses dans leur engagement et aussi son propre désir d'enseigner incitèrent Soeur Donate à les suivre dans la même communauté. Elle fit son baccalauréat à temps partiel, une matière par année, une fois entrée en communauté. Elle a enseigné au primaire, en 3e et 5e années, puis au secondaire, et vingt ans au Collège Marie-Anne, déménagé de Lachine à Ahuntsic en 1958; elle y enseignait les mathématiques et la chimie et n'a jamais eu de difficultés dans ses relations avec les élèves. À soixante-quinze ans, elle partit pour la mission d'Haïti, ce pour quoi elle avait donné son nom dès le début de sa vie religieuse. Toute jeune, elle s'intéressait déjà à l'engagement de sa tante, missionnaire dans l'Ouest canadien, au Yukon et en Alaska. Devenue religieuse, elle s'intéressa également à la misision d'Haïti par des compagnes qui en venaient et qui parlaient de leur expérience. Elle y est donc allée en 1977 et a beaucoup aimé ses vingt années là-bas. Elle dit y avoir laissé les trois-quarts de son coeur, parce qu'elle est restée en relation assez constante avec les Haïtiens et avec d'anciens professeurs, ayant enseigné à leur collège de Port-au-Prince qui accueille 1,500 élèves. Elle peut dire qu'elle y a été plus évangélisée en constatant que ces gens étaient heureux avec presque rien. Une trentaine d'Haïtiennes font maintenant partie de la communauté. Elle connut les troubles où on tirait la nuit, surtout à l'époque des élections, mais ni elle ni ses compagnes n'avaient voulu en partir, trop attachées qu'elles étaient aux gens. Soeur Donate est intéressée à suivre l'évolution de l'Église et elle a beaucoup de sympathie pour le clergé. Assez curieuse, autant en ce qui concerne la vie publique que la vie religieuse, elle lit le journal chaque jour et veut être encore présente à ce qui se passe ici et ailleurs. Quand elle est revenue d'Haïti, un de ses neveux l'a tout de suite abonnée à la revue "Actualité" pour la replacer dans le Québec, après toutes ses années en mission. Elle considère qu'elle n'a pas connu de difficultés dans la vie. Elle appartenait à une famille nombreuse et elle pense que cela marque dans les relations avec les personnes et donne une certaine qualité à la relation sociale. Elle n'en a pas eu davantage en communauté et peut dire que, dans le moment, elle vit en action de grâces, parce qu'elle trouve qu'elle a été une privilégiée dans la vie, ayant toujours eu une assez bonne santé et ayant beaucoup aimé ses tâches. En 2008, elle aura vécu soixante-quinze ans d'une vie religieuse qui l'a rendue heureuse. Même si la communauté doit vendre des maisons, Soeur Donate pense qu'il ne faut pas être pessimistes, parce qu'il se fait encore beaucoup de bien. Certaines soeurs, par exemple, ont encore le charisme de rejoindre les jeunes. Elle est sûre que c'est le Seigneur qui va l'emporter envers et contre tout. Quand on lui demande ce qu'elle fait, elle dit qu'elle est une chômeuse à plein temps, mais elle s'occupe, elle lit, elle écrit et correspond beaucoup avec leurs missionnaires en Afrique, au Chili, en Haïti et elle prie. C'est sa tâche.
À mesure que disparaissent leurs oeuvres traditionnelles, les Soeurs de Sainte-Anne s'engagent de plus en plus dans les paroisses; elle se consacrent à la pastorale auprès des enfants, des personnes âgées, des handicapés, des malades. Elles assument enfin lorsque leurs forces diminuent, le miniistère de la prière qui soutient la mission. |