Champlain
Mgr de Laval
Frontenac
Jean Talon
Maisonneuve
Vaudreuil
Jeanne Mance
Mgr Lartigue
Montcalm

 

LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN

 

Témoignages

«Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu» (Jn 3,21)

 

Pères Dominicains
Rel. Hosp. de Saint-Joseph
Religieuses de Jésus-Marie
     
Soeurs Grises de Montréal
Frères Maristes
Religieuses Ursulines
     
Pères Jésuites
Soeurs de Sainte-Croix
Frères de l'Instr. Chrétienne
     
Congrégation de Notre-Dame
Clercs de Saint-Viateur
Pères Franciscains
 
Messieurs de Saint-Sulpice
Pères Assomptionnistes
Pères Rédemptoristes
     
Soeurs de Miséricorde
Soeurs de Sainte-Anne
Pères Spiritains
     
Petites S. de l'Assomption
Soeurs du Bon Conseil
Hosp. de St-Jean-de-Dieu
     
Frères de Saint-Gabriel
Pères Eudistes
Srs de Saint-Joseph de S.V.
     
Srs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Religieux de Saint-Vincent
Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur
     
Congrégation de Sainte-Croix
Fr. des Écoles chrétiennes
Soeurs de la Providence

 


Soeurs de la Providence, province Émilie-Gamelin


Soeurs de la Providence
Fondatrice
Témoignages religieux
Émilie Tavernier
épouse

Jean-Baptiste Gamelin
en 1823
et devient veuve en 1827

Fondation d'un asile pour
femmes âgées
et infirmes, en 1841

Érection canonique
de la communauté en 1843

Béatification de la fondatrice
en 2001

 

Soeurs

Danielle Charron

Alexandra Paradis

Hôpital Saint-Jean-de-Dieu
Émilie Tavernier-Gamelin
1800-1851
Hospices et foyers
pour les plus nécessiteux

 

Historique de la communauté

Emilie Tavernier-Gamelin, petite-fille d'un sergent de la Compagnie du Sieur de La Corne tué au lac Champlain en1756 et fille d'un voiturier montréalais, est née en 1800. Orpheline de mère à quatre ans, elle est confiée à une tante, Madame Joseph Perreault. Dans ce nouvau foyer, elle reçoit une éducation chrétienne et générale complétée par des études chez les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame. En 1823, elle épouse Jean-Baptiste Gamelin qui l'associe à son négoce et à ses charités et meurt en 1827, après lui avoir donné trois fils dont aucun ne survécut. À travers ces épreuves, Émilie fut "appelée par Dieu à manifester par des gestes concrets sa confiance en la Providence divine et à vivre la compassion de Notre Mère des Douleurs en allant au-devant des plus nécessiteux."

Membre de l'Association des Dames de la Charité, puis de la Confrérie du bien public et de celle de la Sainte Famille, elle ouvre un Asile pour les femmes âgées et infirmes qui est incorporé en 1841. En 1843, Mgr Bourget l'envoie chez les Soeurs de la Charité d'Emmitsburg aux É.U. pour s'initier à la vie religieuse avec sept jeunes filles. En 1844, la communauté des Soeurs de la Charité de la Providence est érigée canoniquement, avec Soeur Gamelin comme supétieure. L'année suivante, elle ouvre un bureau de placement pour initier aux services domestiques des jeunes filles qui seront par la suite placées chez des bourgeois.

Avant le décès de Soeur Gamelin, en 1851, un certain nombre de Maisons de charité sont ouvertes, dont la "Providence Saint-Isidore", à Longue-Pointe, pour les jeunes, auxquelles s'ajouteront des sourdes-muettes, "Notre-Dame-des-Sept-Douleurs", à Laprairie, pour les personnes âgées, les pauvres et les orphelins, La "Providence Sainte-Élisabeth", près de Joliette, "l'Hospice Saint-Joseph", la "Providence Saint-Jérôme-Émilien", "l'Hôpital Saint-Camille" pour malades atteints du choléra et la "Providence Saint-Pierre".

Par la suite, les Soeurs de la Charité de la Providence ouvrirent de nombreux hospices, hôpitaux, foyers, "Providences", entre autres, en 1873, l'Hôpital Saint-Jean-de-Dieu, hôpital psychiatrique pour hommes seulement. En 1900, leur communauté qui comptait 1323 religieuses, dont 13 sourdes-muettes opérait dans 73 établissements. Aujourd'hui, les soeurs accomplissent leurs ministères individuellement, en petits groupes, parfois en institution, de différentes manières. Elles ont des missions au Chili, aux États-Unis et dans l'Ouest canadien, auprès des Amérindiens et autochtones, en Argentine,au Cameroun, en Égypte, en Haïti, aux Philippines et à San Salvador. Elles eurent le bonheur de voir leur fondatrice, Émilie Tavernier-Gamelin, béatifiée à Rome, par le pape Jean-Paul II en 2001.

 

Résumé de l'entrevue de Soeur Danielle Charron

Soeur Danuielle est née en 1959, à Amos dans la région de l'Abitibi. Elle est issue du second mariage de son père qui a donné quatre enfants, alors que de son premier mariage, il en avait déjà trois; en tout, ils étaient quatre filles et trois garçons. Elle fréquenta l'école publique où les enseignantes étaient des Soeurs Grises. Elle apprit, à l'âge de seize ans, qu'elle était née avec le syndrome de Turner dont un des effets est de rendre la femme stérile. C'est un désordre chromosomique qui ne se traite pas. Ce fut un choc pour elle, mais cette épreuve lui permit de faire la rencontre de Jésus-Christ qui l'a amenée à lui donner sa vie

Alors qu'elle suivait un cours de cuisine professionnelle, elle rencontra un professeur de sciences religieuses assez exceptionnel. Elle était révoltée de ce qu'elle vivait, et un jour, la crise avait éclaté. Elle "avait envoyé promener le professeur"; celui-ci l'avait alors invitée à aller le rencontrer et lui avait donné un travail à faire sur Saint Luc, chapitre 1, l'Annonciation. Ce texte présente Marie enceinte et Élisabeth, stérile. Danielle était en colère car elle avait honte de son état et ne pouvait comprendre qu'íl ait pu si bien choisir le texte.Quand il lui demanda le pourquoi de sa colère, elle se rendit compte qu'il n'était pas au courant de sa situation.

C'est ce cours de sciences religieuses qui l'avait amenée à approfondir ses connaissances et sa foi, à fréquenter un groupe de prière et à mettre Jésus-Christ dans sa vie. Ce professeur lui avait fait prendre conscience de sa consécration baptismale et de la force de la foi qui la ferait passer à travers ses dificultés: "Accroche-toi à Jésus-Christ." Elle avait alors le choix: ou elle acceptait Jésus-Christ dans sa vie ou elle en finissait avec la vie. Elle avait le choix entre la mort et la vie et elle choisit la vie. Elle fut saisie par le Christ et à ce moment-là, à 16-17 ans, il n'était pas clair que ce serait dans la vie religieuse, mais elle savait que Jésus-Christ serait toute sa vie. Elle fréquentait alors le Café chrétien, pour y rencontrer des jeunes, mais son engagement était davantage avec les scouts et les guides, d'autant plus que le commissaire régional était justement son professeur de sciences religieuses. Cela avait redonné sens à sa vie.

Elle vint à Montréal, à vingt-deux ans et travailla dans une garderie à Laval. Un jour, elle entra dans un café chrétien et s'adressa à une des responsables qui, après l'avoir écoutée, la mit en contact avec une compagne qui travaillait dans une maison pour enfants délaissés. Elle apprit qu'elle était une soeur de la Providence et lui demanda s'il était encore possible d'entrer chez les soeurs à ce moment-là. La religieuse lui parla de sa communauté, en commençant par Émilie Gamelin et la congrégation des Soeurs de la Providence et là, la flamme s'est allumée pour Danielle. Tout cela avait été vraiment povidentiel.

Quand elle est entrée au pré-novciat, elle avait vingt-quatre ans. Ses premières années de noviciat n'ont pas été faciles, car il lui fallait une épuration au niveau de la foi, mais elle était comblée. Elle se souvient d'avoir rencontré un prêtre qui lui avait dit qu'elle était faite, non pour cinq ou six enfants, mais pour des milliers. C'était cette maternité spirituelle qui jaillissait, en travaillant auprès des jeunes. Avant d'entrer au pré-noviciat, elle travaillait déjà auprès d'enfants délaissés et c'était très différent d'une garderie: les personnes se connaissaient, les enfants y vivaient avec elles. Elles devaient les accepter tels qu'ils étaient, mais aussi les accompagner dans leur souffrance, ces enfants, entre cinq et huit ans, issus de familles disfonctionelles, qui vivaient des difficultés majeures.

Ajourd'hui, elle s'occupe de jeunes adultes et organise des fins de semaine de ressourcement avec les jeunes. Tous les lundis soirs, elles accueillent de jeunes adultes dans le projet "Fraternité-jeunesse Providence", à des soirées de prière, pour les aider à faire un cheminement de foi à partir d'une rencontre de Jésus-Christ. Elle pense que le charisme et la misison d'Émilie ne peuvent pas être plus vivants qu'actuellement, justement parce que les jeunes n'ont plus personne à qui s'accrocher. Faire la connaissance de Jésus-Christ et le rencontrer dans la prière les aident à traverser des moments de leur vie car, pour certains, c'est comme si c'était pour eux la dernière issue: "Si cela ne fonctionne pas, il n'y aura rien d'autre qui va le faire dans ma vie." Ce qu'elle voit surtout ce sont des jeunes qui ont le goût de partager leur foi. Ils peuvent avoir eu des problèmes de consommatin, mais quand ils viennent à la maison, ils ont le goût de vivre autre chose, de découvrir un sens à leur vie. Alors elles leur proposent un engagement au niveau ecclésial, par exemple le congrès eucharistique qui s'en vient en 2008, puis ils vivent la montée jeunesse et il y a toujours la journée mondiale de la jeunesse où ils s'engagent. Il s'agit donc de leur faire vivre des événements qui vont leur permettre d'approfondir leur foi en Jésus-Christ. De plus, La "Fraternité Jeunesse-Providence" a un volet qui permet à ces jeunes de faire une expérience de compassion. Alors les jeunes qui désirent vivre une expérience de bénévolat auprès de jeunes en difficulté peuvent être dirigés vers cela; les besoins ne manquent pas. Ce dont ils ont besoin c'est de découvrir un sens à leur vie.

Pour Soeur Danielle, le charisme et la mission de sa congrégation sont garants de l'avenir. Elle pense qu'Émélie Gamelin, quand elle a fondé la congrégation, en 1844, proposait un charisme et une mission qui sont toujours actuels.

 

Résumé de l'entrevue de Soeur Alexandra Paradis


Soeur Alexandra est originaire de Nicolet, où la famile se rendit jusqu'à six enfants, dont les deux plus vieux étaient des garçons et les quatre autres, des filles. Elle a vécu dans un milieu exceptionnel où il y avait beaucoup d'entente, de bonheur, grâce à ses parents : le père, menuisier, était un homme bon, généreux, pacifique; la mère, très sociable et très bonne, travaillait beaucoup de ses mains et gardait toujours son sourire du matin au soir. Il n'était pas question de dévotions, mais la famille disait le chapelet tous les soirs et la messe du dimanche était sacrée.

Elle fit partie de la Croisade eucharistique dont elle était devenue le chef vers l'âge de douze ans, puis elle entra chez les Guides et devint chef des jeannettes. Après ses études chez les Soeurs de l'Assomption de la Sainte-Vierge à Nicolet, elle avait travaillé trois ans à la Banque nationale. À vingt ans, il était devenu très clair en elle qu'elle entrerait dans une communauté et elle choisit les Soeurs de la Providence. Sa mère y vit une manifestation de la volonté de Dieu mais, pour son père, ce fut plus dificile. Il n'est pas allé la reconduire au couvent, il n'est pas non plus allé à sa profession temporaire ni à sa profession perpétuelle.

Elle trouva le noviciat très difficile parce qu'elle ne connaissait pas la vie de pensionnaire et n'avait jamais eu à se soumettre à un règlement. Avant de s'engager à perpétuité en 1958, elle avait eu la permission exceptionnelle de passer une fin de semaine dans sa famille pour vérifier la solidité de l'appel.

Son choix profond était d'aller aider les personnes les plus démunies mais elle opta pour l'enseignement parce qu'elle avait les bases pour pousuivre son perfectionnement. Elle enseigna donc de mars à juin pour remplacer une soeur malade, fit une année de pédagogie, après quoi elle reprit l'enseignemnet, mais elle avait toujours un attrait spécial pour les pauvres. Elle aimait beaucoup l'enseignement de la religion, mais moins celui des mathématiques. Ce qu'elle trouva le plus dur fut son expérience à Saint-Paul de Joliette, parce qu'elle enseignait à des garçons de quatrième année. Comme elle a toujours aimé travailler avec des laïcs, elle n'a pas eu de problème avec les changements apportés par le Rapport Parent. Cela se produisit aussi en même temps que le concile qui fut, à son avis, un événement de grâce et d'ouverture dans l'Église, dans le peuple de Dieu et dans les communautés religieuses.

Par la suite, elle fit des études à demi-temps en théologie, tout en étant au secrétariat national de l'Action catholique. Ces études lui servirent au nouveau diocèse de Rouyn-Noranda, avec Mgr Jean-Guy Hamelin qui avait demandé à la communauté cinq religieuses pour l'ouverture du diocèse. Soeur Alexandra y était secrétaire, responsable de la revue du diocèse et secrétaire du conseil presbytéral. C'est là qu'elle vécut les plus belles années de sa vie religieuse, car elle y vécut de profondes expériences en Église. Ainsi, lorsque l'évêque réunissait son comité presbytéral ou pastoral, elle participait toujours à l'étude des documents des évêques et elle se sentait à part entière dans l'Église locale. Elle s'occupait également, comme secrétaire, des causes d'annulation de mariage. Elle vécut aussi de belles expériences tant au niveau fraternel qu'à celui de l'amitié. Quand elle reçut une nomiation pour revenir à Montréal, ce fut un acte d'obéissance pur, car elle eut beaucoup de peine de quitter Rouyn-Noranda. Cette nomination lui fournit l'expérience d'avoir à pardonner, ce qu'elle mit deux ans à faire, mais elle a surtout rendu grâces au Seigneur des expériences ecclésiales qu'elle avait vécues.

De retour à Montréal en avril 1980, elle eut à se chercher un travail, une nouvelle expérience qu'elle était heureuse de devoir vivre, car cela lui permit de comprendre ce que les gens ont à vivre eux-mêmes. Elle devint donc secrétaire à la paroisse Notre-Dame-du-Bel-Amour, où elle fut heureuse de pouvoir continuer des activités avec des laïcs. Tout en faisant son travail, elle s'occupait encore des pauvres et, le dimanche, elle allait à la prison de Bordeaux rencontrer des prisonniers pour l'Eucharistie. En 1987 elle devint secrétaire-conseillère provinciale et après six ans, elle remplaça sa provinciale qui était nommée au conseil général. Ce qu'elle a trouvé le plus difficile dans sa vie a été de vivre le coude-à-coude en communauté, la formation reçue étant différente pour les unes et les autres.

En ce qui concerne l'avenir et surtout celui des jeunes, elle garde beaucoup d'espérance. Grâce à une Oblate Franciscaine de Saint-Joseph, elle rencontra un groupe de vingt-sept jeunes qui préparaient un projet en République dominicaine, depuis un an et demi. Ces jeunes se rencontraient une fois par semaine, entre autres pour étudier l'espagnol, ce qui leur permit de créer des liens de solidarité entre eux assez vite. Les jeunes ont besoin d'être accompagnés et soutenus et de se sentir à l'aise avec l'animatrice. Ils ne seront pas la majorité, mais ils vont apporter beaucoup à la société et trouver eux-mêmes les voies pour l'avenir. Pour ce qui est des communautés, il y aura moins de distinctions entre elles. Elles se retrouveront en groupe pour des partages de foi et des oeuvres de miséricorde. L'important est dans ces partages d'amour, de pardon et de solidarité et cela s'en vient.