Champlain
Mgr de Laval
Frontenac
Jean Talon
Maisonneuve
Vaudreuil
Jeanne Mance
Mgr Lartigue
Montcalm

 

LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN

 

Témoignages

«Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu» (Jn 3,21)

 

Pères Dominicains
Rel. Hosp. de Saint-Joseph
Religieuses de Jésus-Marie
     
Soeurs Grises de Montréal
Frères Maristes
Religieuses Ursulines
     
Pères Jésuites
Soeurs de Sainte-Croix
Frères de l'Instr. Chrétienne
     
Congrégation de Notre-Dame
Clercs de Saint-Viateur
Pères Franciscains
 
Messieurs de Saint-Sulpice
Pères Assomptionnistes
Pères Rédemptoristes
     
Soeurs de Miséricorde
Soeurs de Sainte-Anne
Pères Spiritains
     
Petites S. de l'Assomption
Soeurs du Bon Conseil
Hosp. de St-Jean-de-Dieu
     
Frères de Saint-Gabriel
Pères Eudistes
Srs de Saint-Joseph de S.V.
     
Srs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Religieux de Saint-Vincent
Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur
     
Congrégation de Sainte-Croix
Fr. des Écoles chrétiennes
Soeurs de la Providence

 


Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier


Srs de Saint-Joseph de-Saint Vallier
Fondateur
Témoignages religieux

 

Fondation en 1650
au Puy en Velay

Les Lois Combes
(1901-1904)
ferment les écoles

Au diocèse de Québec
en 1903

 

Soeur

Marie-Thérèse Asselin

Enseignement
Jean-Pierre Médaille, S.J.
Oeuvres caritatives, pastorales et sociales

 

Historique de la communauté

 

Issues de la grande Congrégation de Saint-Joseph (15 000 sœurs dans le monde) fondée en 1650 au Puy en Velay, les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier voient le jour en 1683 à Saint-Vallier (France) à la demande de l'abbé de Saint-Vallier, futur deuxième évêque de Québec. Elles prennent alors la charge du petit hôpital de cette ville. Dans leur quotidien, elles incarnent le charisme légué par le fondateur le père Jean-Pierre Médaille, jésuite : " Travailler à unir les personnes entre elles et avec Dieu dans le service du cher prochain ".

La congrégation survit à la Révolution française grâce à ses dimensions modestes et à son dénuement. Mais les lois Combes (1901 et 1904) ferment les écoles congréganistes et enlèvent aux sœurs le droit d'enseigner. Soeur Thérèse de Jésus (Cécile Drolet), d'origine québécoise, suggère alors à la supérieure générale de venir au Canada. Elle est envoyée à Québec en avril 1903 où elle présente la demande à Mgr Louis-Nazaire Bégin. L'archevêque accueille la congrégation avec bienveillance dans son diocèse.

Les implantations se multiplient au rythme des vocations québécoises. Elles s'engagent dans des écoles primaires ou secondaires, un institut familial, des foyers pour personnes âgées, des hôpitaux, une maison de prière ainsi qu'une résidence pour étudiantes.

Aujourd'hui encore, toujours fidèles à l'inspiration première de leur fondateur, attentives aux appels de l'Église et aux signes des temps, les sœurs incarnent leur mission dans des œuvres caritatives, pastorales et sociales. La promotion de la condition féminine et l'engagement pour la justice sont au cœur de leurs préoccupations. Des sœurs oeuvrent aussi en Haïti. Depuis plus de 20 ans, des hommes et des femmes s'associent à la Congrégation pour vivre du charisme, ce visage évangélique porté par la Parole de Dieu : " Rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés ".

Dès 1927, le magnifique Oratoire Saint-Joseph (chemin Sainte-Foy à Québec), un chef-d'œuvre de l'artiste florentin Guido Nincheri, ouvre ses portes à tous les fidèles qui viennent prier saint Joseph. La congrégation publie aussi le calendrier de saint Joseph depuis 1923.

 

 

Résumé de l'entrevue de Soeur Marie-Thérèse Asselin


Soeur Marie-Thérèse Asselin est d'une famille de quinze enfants, onze garçons et quatre filles dont elle est la cadette. Son père était cultivateur à Saint Tite des Caps sur une terre concédée à son père, né à l'Île d'Orléans, mais qui ne pouvait y demeurer, car toutes les terres y étaient concédées depuis les origines.
Elle fréquenta la petite école de la Montagne jusqu'au début du secondaire, après quoi elle fit la dixième année au Couvent du village tenu par les Petites Franciscaines de Marie.

De religieuses, elle a connu surtout les Petites Soeurs Franciscaines de Marie, de Baie Saint-Paul qu'elle voyait tous les dimanches à l'église et qu'elle admirait pour leur travail auprès des enfants. Elle travaillait avec elles, même les samedis et leur trouvait une vie agréable, mais, quand le temps vint de décider de sa vocation religieuse, elle ne fut pas attirée à y entrer. Elle ne le fut pas davantage chez les Dominicaines, non plus chez les Soeurs de Sainte Jeanne d'Arc où ses soeurs aînées étaient entrées, mais en était sorties peu après.

Elle voulait enseigner et se présenta à l'École normale Mérici pour y faire sa pédagogie, mais fut refusée à cause du manque de place. On proposa donc à sa mère de lui faire faire une année de cours commercial ; le seul pensionnat qui pouvait la recevoir à cette date était chez les Soeurs de Saint-Joseph sur le chemin Sainte-Foy. Mais quand elle rencontra la directrice du pensionnat, un groupe de jeunes filles était en partance pour le Juvénat où se donnaient les 11e et 12e années du cours général. Elle décida alors d'y aller et, après bien des hésitations, elle reçut l'accord de sa mère. C'est de cette façon qu'elle connut les Soeurs de Saint-Joseph.

Elle y fit son juvénat qu'elle trouva difficile, mais la coupure avec sa famille étant faite, elle se trouva libre et entra dans cette communauté à seize ans. Malgré les difficultés, elle ne s'y est jamais ennuyée, ne pensa jamais de la quitter et s'y est toujours sentie chez elle. Selon les mœurs de l'époque, elle ne retourna dans sa famille que quinze ans plus tard pour voir sa soeur qui avait été très malade. Difficile? Oui, mais dans son esprit, "plus c'était difficile, plus c'était motivant." Après son noviciat, elle fit une année de scolasticat pour obtenir son brevet élémentaire d'enseignement et commença à enseigner tout de suite après, tout d'abord, pour aider une soeur aînée qui avait une classe de trente commençants. Ensuite, elle enseigna à tous les degrés du primaire et du secondaire. Entrée en 1943, elle enseigna jusqu'en 1970, au moment de l'arrivée des polyvalentes où d'ailleurs, elle n'avait plus autant le goût d'enseigner.

Le concile a été pour elle exactement ce que Jean XXIII avait dit : un courant d'air frais. Cela fut, à l'intérieur des communautés une ouverture incroyable, un souffle vivifiant. Sa congrégation commença par faire un chapitre d'aggiornamento pour "aller retrouver la pureté de son charisme", chapitre qui dura deux ans. Avec des Jésuites qui avaient été leurs fondateurs, on redécouvrit les textes primitifs. Au Puy, lieu de leur fondation, avec les autres congrégations St-Joseph, elles ont réfléchi et partagé en communauté pour retrouver leurs origines et repartir en neuf, ni plus ni moins. À ce moment-là elles étaient alors environ 35,000 dans le monde et les jeunes étaient pleines d'enthousiasme, pleines d'idées, de projets.
Dans cette remise en question, y eut-il des conflits? Bien sûr ; certaines ont préféré quitter, mais elles se sentent heureuses dans leur nouvelle orientation et elles disent: "Les années que nous avons passées en communauté n'ont pas été du temps perdu. Nous y avons appris des valeurs et noué des amitiés d'une qualité particulière." Elles restent très proches de nous.
Puis, en quittant l'enseignement, Soeur Marie-Thérèse désirait travailler en pastorale paroissiale. Pour connaître les courants de pensée qui avaient cours dans le monde qu'elle avait quitté si jeune, elle devint technicienne en information au ministère de l'éducation. Durant la première année comme fonctionnaire, une de ses nièces tomba malade. Elle demanda à Sœur Marie-Thérèse de devenir tutrice de sa fille de sept ans. Il fallait une certaine disponibilité incompatible avec la pastorale paroissiale. S. Marie-Thérèse est donc restée onze ans au ministère de l'éducation jusqu'à ce que la jeune fille soit majeure.
En 1980, elle entra comme secrétaire au conseil régional de pastorale. Elle y resta huit ans. Ensuite, à la maison de Lauberivière, elle se joignit aux vingt-deux autres communautés qui collaboraient avec quelque trois cents bénévoles. Elle y vécut des expériences merveilleuses auprès des gens de la rue, hommes et femmes. C'était réconfortant de voir revivre des gens qui leur arrivaient souffrants, désorientés.

En 1998, la supérieure générale lui proposa d'aller en France, partager la vie de la petite communauté vieillissante. : "Si tu acceptes d'y aller, elles seront contentes ; elles te connaissent et t'apprécient." C'était en février. Elle collaborait déjà à Radio Galilée et on lui proposait, pour la prochaine saison, de faire des entrevues; elle accepta donc avec plaisir , pour s'y préparer, de suivre une session donnée par la C.R.C. à Montréal. C'était justement la veille de son départ pour Montréal que la supérieure générale lui avait présenté l'autre perspective. Elle suivit la session tout en étant toujours préoccupée par cette nouvelle demande. Elle réfléchit pendant un mois, fit "le tour de son domaine intérieur" et fit les détachements qu'il fallait. Il lui semblait que cela résumait tous les détachements qu'elle avait eus à faire dans sa vie. Par contre, c'était "une liberté qui n'a pas de nom."
Pour ce qui est de l'avenir, le recrutement ne l'a jamais inquiétée, non plus l'avenir des communautés religieuses. Elle est profondément convaincue que le Seigneur a donné à l'être humain tout ce dont il a besoin pour ce qu'il a à traverser. Autrefois, les engagements étaient définitifs. Actuellement, les jeunes vivent différemment leurs façons de répondre aux appels du Seigneur ils sont aussi intelligents que leurs devanciers et, l'Esprit Saint étant toujours là, ils trouveront bien leur mode de vie. Quant aux femmes dans l'Église, comme il n'est pas facile de faire craquer des structures de dix siècles, il faut y mettre du temps ; mais avec du cran, elles y trouveront leur place.

Quant aux valeurs qui ont été fondamentales pour S. Marie-Thérèse, il est évident que ce sont la liberté et la fraternité.