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Issues
de la grande Congrégation de Saint-Joseph (15 000 surs
dans le monde) fondée en 1650 au Puy en Velay, les Surs
de Saint-Joseph de Saint-Vallier voient le jour en 1683 à Saint-Vallier
(France) à la demande de l'abbé de Saint-Vallier, futur
deuxième évêque de Québec. Elles prennent
alors la charge du petit hôpital de cette ville. Dans leur quotidien,
elles incarnent le charisme légué par le fondateur le
père Jean-Pierre Médaille, jésuite : " Travailler
à unir les personnes entre elles et avec Dieu dans le service
du cher prochain ".
La
congrégation survit à la Révolution française
grâce à ses dimensions modestes et à son dénuement.
Mais les lois Combes (1901 et 1904) ferment les écoles congréganistes
et enlèvent aux surs le droit d'enseigner. Soeur Thérèse
de Jésus (Cécile Drolet), d'origine québécoise,
suggère alors à la supérieure générale
de venir au Canada. Elle est envoyée à Québec en
avril 1903 où elle présente la demande à Mgr Louis-Nazaire
Bégin. L'archevêque accueille la congrégation avec
bienveillance dans son diocèse.
Les
implantations se multiplient au rythme des vocations québécoises.
Elles s'engagent dans des écoles primaires ou secondaires, un
institut familial, des foyers pour personnes âgées, des
hôpitaux, une maison de prière ainsi qu'une résidence
pour étudiantes.
Aujourd'hui
encore, toujours fidèles à l'inspiration première
de leur fondateur, attentives aux appels de l'Église et aux signes
des temps, les surs incarnent leur mission dans des uvres
caritatives, pastorales et sociales. La promotion de la condition féminine
et l'engagement pour la justice sont au cur de leurs préoccupations.
Des surs oeuvrent aussi en Haïti. Depuis plus de 20 ans,
des hommes et des femmes s'associent à la Congrégation
pour vivre du charisme, ce visage évangélique porté
par la Parole de Dieu : " Rassembler dans l'unité les enfants
de Dieu dispersés ".
Dès
1927, le magnifique Oratoire Saint-Joseph (chemin Sainte-Foy à
Québec), un chef-d'uvre de l'artiste florentin Guido Nincheri,
ouvre ses portes à tous les fidèles qui viennent prier
saint Joseph. La congrégation publie aussi le calendrier de saint
Joseph depuis 1923.
 

Résumé
de l'entrevue de Soeur Marie-Thérèse Asselin

Soeur Marie-Thérèse Asselin est d'une famille de quinze
enfants, onze garçons et quatre filles dont elle est la cadette.
Son père était cultivateur à Saint Tite des Caps
sur une terre concédée à son père, né
à l'Île d'Orléans, mais qui ne pouvait y demeurer,
car toutes les terres y étaient concédées depuis
les origines.
Elle fréquenta la petite école de la Montagne jusqu'au
début du secondaire, après quoi elle fit la dixième
année au Couvent du village tenu par les Petites Franciscaines
de Marie.
De religieuses, elle a connu surtout les Petites Soeurs Franciscaines
de Marie, de Baie Saint-Paul qu'elle voyait tous les dimanches à
l'église et qu'elle admirait pour leur travail auprès
des enfants. Elle travaillait avec elles, même les samedis et
leur trouvait une vie agréable, mais, quand le temps vint de
décider de sa vocation religieuse, elle ne fut pas attirée
à y entrer. Elle ne le fut pas davantage chez les Dominicaines,
non plus chez les Soeurs de Sainte Jeanne d'Arc où ses soeurs
aînées étaient entrées, mais en était
sorties peu après.
Elle voulait enseigner et se présenta à l'École
normale Mérici pour y faire sa pédagogie, mais fut refusée
à cause du manque de place. On proposa donc à sa mère
de lui faire faire une année de cours commercial ; le seul pensionnat
qui pouvait la recevoir à cette date était chez les Soeurs
de Saint-Joseph sur le chemin Sainte-Foy. Mais quand elle rencontra
la directrice du pensionnat, un groupe de jeunes filles était
en partance pour le Juvénat où se donnaient les 11e et
12e années du cours général. Elle décida
alors d'y aller et, après bien des hésitations, elle reçut
l'accord de sa mère. C'est de cette façon qu'elle connut
les Soeurs de Saint-Joseph.
Elle y fit son juvénat qu'elle trouva difficile, mais la coupure
avec sa famille étant faite, elle se trouva libre et entra dans
cette communauté à seize ans. Malgré les difficultés,
elle ne s'y est jamais ennuyée, ne pensa jamais de la quitter
et s'y est toujours sentie chez elle. Selon les murs de l'époque,
elle ne retourna dans sa famille que quinze ans plus tard pour voir
sa soeur qui avait été très malade. Difficile?
Oui, mais dans son esprit, "plus c'était difficile, plus
c'était motivant." Après son noviciat, elle fit une
année de scolasticat pour obtenir son brevet élémentaire
d'enseignement et commença à enseigner tout de suite après,
tout d'abord, pour aider une soeur aînée qui avait une
classe de trente commençants. Ensuite, elle enseigna à
tous les degrés du primaire et du secondaire. Entrée en
1943, elle enseigna jusqu'en 1970, au moment de l'arrivée des
polyvalentes où d'ailleurs, elle n'avait plus autant le goût
d'enseigner.
Le concile a été pour elle exactement ce que Jean XXIII
avait dit : un courant d'air frais. Cela fut, à l'intérieur
des communautés une ouverture incroyable, un souffle vivifiant.
Sa congrégation commença par faire un chapitre d'aggiornamento
pour "aller retrouver la pureté de son charisme", chapitre
qui dura deux ans. Avec des Jésuites qui avaient été
leurs fondateurs, on redécouvrit les textes primitifs. Au Puy,
lieu de leur fondation, avec les autres congrégations St-Joseph,
elles ont réfléchi et partagé en communauté
pour retrouver leurs origines et repartir en neuf, ni plus ni moins.
À ce moment-là elles étaient alors environ 35,000
dans le monde et les jeunes étaient pleines d'enthousiasme, pleines
d'idées, de projets.
Dans cette remise en question, y eut-il des conflits? Bien sûr
; certaines ont préféré quitter, mais elles se
sentent heureuses dans leur nouvelle orientation et elles disent: "Les
années que nous avons passées en communauté n'ont
pas été du temps perdu. Nous y avons appris des valeurs
et noué des amitiés d'une qualité particulière."
Elles restent très proches de nous.
Puis, en quittant l'enseignement, Soeur Marie-Thérèse
désirait travailler en pastorale paroissiale. Pour connaître
les courants de pensée qui avaient cours dans le monde qu'elle
avait quitté si jeune, elle devint technicienne en information
au ministère de l'éducation. Durant la première
année comme fonctionnaire, une de ses nièces tomba malade.
Elle demanda à Sur Marie-Thérèse de devenir
tutrice de sa fille de sept ans. Il fallait une certaine disponibilité
incompatible avec la pastorale paroissiale. S. Marie-Thérèse
est donc restée onze ans au ministère de l'éducation
jusqu'à ce que la jeune fille soit majeure.
En 1980, elle entra comme secrétaire au conseil régional
de pastorale. Elle y resta huit ans. Ensuite, à la maison de
Lauberivière, elle se joignit aux vingt-deux autres communautés
qui collaboraient avec quelque trois cents bénévoles.
Elle y vécut des expériences merveilleuses auprès
des gens de la rue, hommes et femmes. C'était réconfortant
de voir revivre des gens qui leur arrivaient souffrants, désorientés.
En 1998, la supérieure générale lui proposa d'aller
en France, partager la vie de la petite communauté vieillissante.
: "Si tu acceptes d'y aller, elles seront contentes ; elles te
connaissent et t'apprécient." C'était en février.
Elle collaborait déjà à Radio Galilée et
on lui proposait, pour la prochaine saison, de faire des entrevues;
elle accepta donc avec plaisir , pour s'y préparer, de suivre
une session donnée par la C.R.C. à Montréal. C'était
justement la veille de son départ pour Montréal que la
supérieure générale lui avait présenté
l'autre perspective. Elle suivit la session tout en étant toujours
préoccupée par cette nouvelle demande. Elle réfléchit
pendant un mois, fit "le tour de son domaine intérieur"
et fit les détachements qu'il fallait. Il lui semblait que cela
résumait tous les détachements qu'elle avait eus à
faire dans sa vie. Par contre, c'était "une liberté
qui n'a pas de nom."
Pour ce qui est de l'avenir, le recrutement ne l'a jamais inquiétée,
non plus l'avenir des communautés religieuses. Elle est profondément
convaincue que le Seigneur a donné à l'être humain
tout ce dont il a besoin pour ce qu'il a à traverser. Autrefois,
les engagements étaient définitifs. Actuellement, les
jeunes vivent différemment leurs façons de répondre
aux appels du Seigneur ils sont aussi intelligents que leurs devanciers
et, l'Esprit Saint étant toujours là, ils trouveront bien
leur mode de vie. Quant aux femmes dans l'Église, comme il n'est
pas facile de faire craquer des structures de dix siècles, il
faut y mettre du temps ; mais avec du cran, elles y trouveront leur
place.
Quant aux valeurs qui ont été fondamentales pour S. Marie-Thérèse,
il est évident que ce sont la liberté et la fraternité.
 
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