Champlain
Mgr de Laval
Frontenac
Jean Talon
Maisonneuve
Vaudreuil
Jeanne Mance
Mgr Lartigue
Montcalm

 

LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN

Témoignages

«Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu» (Jn 3,21)

 

Pères Dominicains
Rel. Hosp. de Saint-Joseph
Religieuses de Jésus-Marie
     
Soeurs Grises de Montréal
Frères Maristes
Religieuses Ursulines
     
Pères Jésuites
Soeurs de Sainte-Croix
Frères de l'Instr. Chrétienne
     
Congrégation de Notre-Dame
Clercs de Saint-Viateur
Pères Franciscains
 
Messieurs de Saint-Sulpice
Pères Assomptionnistes
Pères Rédemptoristes
     
Soeurs de Miséricorde
Soeurs de Sainte-Anne
Pères Spiritains
     
Petites S. de l'Assomption
Soeurs du Bon Conseil
Hosp. de St-Jean-de-Dieu
     
Frères de Saint-Gabriel
Pères Eudistes
Srs de Saint-Joseph de S.V.
     
Srs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Religieux de Saint-Vincent
Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur
     
Congrégation de Sainte-Croix
Fr. des Écoles chrétiennes
Soeurs de la Providence

 


Soeurs de Sainte-Croix

 

Soeurs de Sainte-Croix
Fondateur
Témoignage religieux

Elles revêtent
l'habit et portent le nom religieux en 1841

Ouverture d'un pensionnat pour jeunes filles, à St-Laurent, en 1847

Incorporation civile en 1851

Soeur

Guylaine Roquet

Enseignement
Père Basile Moreau, C.S.C.
Éducation de la jeunesse

 

Historique de la communauté

La Congrégation des Marianites, devenue Les Soeurs de Sainte-Croix, est établie par Basile Moreau pour servir dans les maisons masculines des Pères et Frères de Sainte-Croix. Elles reçoivent une formation religieuse et, en 1841, elles portent l'habit et le nom religieux. Elles se consacrent aussi à l'éducation et aux soins des malades dans les maisons des Pères.

En 1847, dans la paroisse St-Laurent du curé De Celles, elles ouvrent un pensionnat pour jeunes filles, dont 25 pensionnaires et 70 externes. Au début, les religieuses reçoivent des connaissances élémentaires et une formation à l'enseignement, du supérieur du Collège Saint-Laurent.

En 1849, Léocadie Gascoin, Soeur Marie-des-Sept-Douleurs, sera supérieure des établissements du Canada durant 14 ans et deviendra supérieure générale de la congrégation et supérieure provinciale du Canada en 1857.

Elles reçoivent leur incorporation civile en 1851 et acquièrent l'autonomie de la province canadienne en 1865. Elles dépendent alors de l'évêque et non plus du Mans, en France. En 1889, elles reçoivent l'approbation papale des constitutions canadiennes adaptées. De 1883 à 1889, elles ouvriront 14 nouvelles missions à Toronto, Ottawa, Sherbrooke, Kinston, Pontiac et dans 5 diocèses américains et recevront l'approbation définitive de l'Institut en 1897.

Au Québec, elles ouvriront des pensionnats et externats à Montréal, Saint-Martin, Sainte-Scolastique, Saint-Ligori de Montcalm.

Résumé de l'entrevue de Soeur Guylaine Roquet

Soeur Guylaine se dit montréalaise, bien qu'elle ait vécu ses premières années à Ottawa, où son père avait été orienté pour son travail après ses études à l'Université McGill. Cependant, la famille est assez rapidement déménagée à Ahuntsic, alors couverte de champs et d'arbres, où les enfants pouvaient s'ébattre à leur aise, au grand air; elle a donc vécu une enfance très heureuse. Elle a fait toutes ses études chez les religieuses de Sainte-Croix, du primaire au collégial et se destinait à une carrière, ayant fait son entrée à l'université, en relations industrielles.

Elle ne pensait donc pas à la vie religieuse et, quand l'appel lui est venu, elle ne pensait pas davantage à l'enseignement, mais plutôt, influencée par l'Action catholique, aux oeuvres sociales. Elle a cependant "adoré l'enseignement" et les relations avec les jeunes. Quant à la vie religieuse, elle représentait une complète rupture avec le monde, par le costume, par les traditions, rupture également avec la famille, dont les visites étaient très limitées. Malgré tout, après deux années de formation, Soeur Guylaine sentit qu'elle était "faite pour ça" et ne l'a jamais regretté.

Quand vint le Concile Vatican II en 1964, l'uniforme disparut, les 2/3 des religieuses, employées individuellement, étaient syndiquées et vivaient plus facilement en petits groupes dans des logements, près des gens, plutôt que dans des couvents. Ces changements répondaient à un désir de plusieurs religieuses, mais certaines y ont vu l'occasion de retourner "dans le monde" et ont quitté la communauté.

Puis, vint le Rapport Parent en 1961 et, pour Soeur Guylaine, cinq années enrichissantes, auprès d'un groupe de personnes aux "points de vue très aérés", mais entraînant d'énormes responsabilités. Elle y était venue à la suite d'une série d'émissions sur la liberté en éducation, avec André Laurendeau, à Radio-Canada, où sa participation avait été remarquée. Les effets de cette Commission d'enquête du gouvernement sur l'éducation furent assez rapides, par la fondation du système public, avec la gratuité de l'enseignement jusqu'à l'université. Ce fut donc gratifiant; par contre, selon Soeur Roquet, la disparition des titulaires de classes fut "une maladresse", car elle eut pour effet de supprimer un encadrement nécessaire. De plus, les programmes répartis en cours de 45 minutes, où les matières de culture, comme la philosophie, la littérature et l'histoire, sont plus ou moins négligées, affectent la formation des étudiants qui ne sont pas sufisamment prêts pour entrer à l'université, selon les professeurs qui les reçoivent.

Quel avenir pour les communautés religieuses? Soeur Guylaine fait la distinction entre "vie religieuse" et "congrégations religieuses". La vie religieuse peut se poursuivre sous des formes nouvelles. Quant aux cogrégations, leurs recrues viennent plutôt des pays de mission ou alors de femmes plus mûres, mais qui entrent peu nombreuses.