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LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN

 

Témoignages

«Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu» (Jn 3,21)

 

Pères Dominicains
Rel. Hosp. de Saint-Joseph
Religieuses de Jésus-Marie
     
Soeurs Grises de Montréal
Frères Maristes
Religieuses Ursulines
     
Pères Jésuites
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Pères Rédemptoristes
     
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Soeurs de Sainte-Anne
Pères Spiritains
     
Petites S. de l'Assomption
Soeurs du Bon Conseil
Hosp. de St-Jean-de-Dieu
     
Frères de Saint-Gabriel
Pères Eudistes
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Srs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Religieux de Saint-Vincent
Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur
     
Congrégation de Sainte-Croix
Fr. des Écoles chrétiennes
Soeurs de la Providence


Petites Soeurs de l'Assomption


Petites Soeurs de l'Assomption
Fondateur et co-fondatrice
Témoignages religieux

Congrégation fondée


à Paris, en 1865



par Étienne Pernet, A.A.


et Antoinette Fage




Arrivée au Canada

à Montréal, en 1933
et dans d'autres villes du Québec

à Sudbury, en 1959
en Ontario

à l'Île Manitoulin, en 1971
dans les réserves indiennes

en mission à l'extérieur du Canada


Soeurs

 


Liette Nobert

 


Pauline Baril

Au service des pauvres
Etienne Pernet, A.A. (1824-1899)
Antoinette Fage (1824-1883)
des ouvriers et de leurs familles

 

Historique de la communauté


L'intuition d'un homme devant la misère causée par l'industrialisation naissante au 19e siècle, a donné naissance à une communauté de femmes qu'il voulait "religieuses et apôtres", consacrées à donner leur vie au service "des pauvres, des ouvriers et de leur famille". Antoinette Fage et Étienne Pernet, religieux Assomptionniste, ont fondé la Congrégation à Paris en 1865.

Envoyées "aux pauvres, aux ouvriers et à leur familles", par un travail en proximité, pour leur manifester l'amour de Dieu, elles s'investissent avec eux pour qu'ils puissent prendre leur vie en main, grandir en humanité et découvrir leur dignité d'enfants de Dieu. Attentives tout particulièrement "à la famille", elles s'engagent avec d'autres pour que toute personne soit respectée dans ses droits fondamentaux. Le travail pour la justice et la paix fait partie intégrante de leur charisme.

C'est en 1933 que les Petites Sœurs de l'Assomption arrivèrent au Canada, dans un contexte de crise économique, de chômage et de pauvreté. D'abord insérées dans le quartier Hochelaga à Montréal, par un travail à domicile comme travailleuses familiales, infirmières et travailleuses sociales, elles ont aussi été présentes rapidement entre autres, dans les quartiers Centre Ville et St-Henri. A l'extérieur de Montréal, elles ont œuvré à Sherbrooke, à Valleyfield, Épiphanie, Mascouche, Hull et Gatineau, au Québec. En 1959, elles étaient appelées à Sudbury dans le moyen-nord Ontario pour travailler auprès des familles touchées par une grève de 9 mois dans les mines de l'Inco, et en 1971 dans les Réserves Indiennes de l'Ile Manitoulin avec mission de former des travailleuses familiales pour assurer un maintien à domicile des aîné(e)s autochtones.

Aujourd'hui, conscientes d'une déshumanisation accélérée des personnes, des familles, des peuples, générée par le néo-libéralisme et aggravée par la mondialisation des marchés, les Petites Sœurs de l'Assomption continuent à travailler avec d'autres à la transformation de la société en partageant le "Souffle de Fraternité" qui les anime.

Encore présentes dans les lieux qui les gardent proches de la réalité familiale et des milieux communautaires, sensibles à tout ce qui touche la justice et la paix, elles vivent en communautés et Réseau, à Montréal dans les quartiers Côte-des-Neiges, Hochelaga, Centre-Sud, Centre-Ville, Cartierville, et Ahuntsic, ainsi qu'à Sudbury, en Ontario. Au Québec, elles sont quarante soeurs vieillissantes, mais il y en a beaucoup dans d'autres pays comme en Afrique, aux Philippines et à Madagascar..

 

Résumé de l'entrevue de Soeur Liette Nobert

Sœur Liette Nobert est née à Ste-Geneviève de Batiscan, durant la crise des années 30, 5e d'une famille de 8 enfants, 4 filles et 4 garçons. Elle passe son enfance sur les routes du Québec suivant les contrats obtenus par la Compagnie de construction de routes pour laquelle son père a travaillé après avoir quitté la ferme familiale à la mort de son grand-père. Elle commence ses études en Abitibi, les poursuit au gré des mouvements de la famille et les termine à Drummondville chez les Sœurs de la Présentation de Marie où elle fait son cours Lettres Sciences. Durant cette dernière période, elle entre en contact avec les Guides Catholiques, mouvement dont elle fera partie durant 9 ans.

Longtemps, elle résiste à l'appel de Dieu entendu vers l'âge de 10 ans. Pendant 5 ans, elle travaillera comme secrétaire à Trois-Rivières avant de répondre à cet appel. Le Dieu qu'elle avait découvert à la suite d'une classe de catéchèse sur l'Eucharistie, était un Dieu proche et aimant. Comment le faire connaître sans devenir missionnaire ? Dans les années '50, partir en mission signifiait être religieuse et, comme telle, enseigner ou travailler comme infirmière dans un hôpital, deux choses qui ne l'intéressaient pas. Elle fait des démarches pour se joindre à un institut séculier lorsque la lecture d'une petite revue lui fait connaître une communauté qui travaille sur le terrain, auprès des familles ouvrières dans le besoin, orientation qui lui plaît beaucoup. Elle prend donc contact avec la Congrégation des Petites Sœurs de l'Assomption et entre au noviciat de Ville LaSalle à 23 ans. Son noviciat fut une période assez intense bien que pas toujours facile.

Son premier envoi en " mission " est Sudbury, ville minière du nord de l'Ontario. Elle y fera son cours d'infirmière. Elle y découvre la vie en petite communauté et le travail en équipe dans les familles d'abord comme auxiliaire familiale, puis comme Infirmière. En 1964, elle partira en France pour se préparer à ses vœux perpétuels. Ces 6 mois d'approfondissement spirituel et de relecture de sa vocation l'amène à s'engager définitivement au printemps '65. La vie religieuse, comme tout autre mode de vie, ne va pas sans difficultés. Comme jeune femme en début de trentaine, elle s'était sérieusement questionnée sur sa continuité dans un engagement en vie religieuse en prenant conscience " d'être amoureuse " d'un homme qui partageait les mêmes sentiments qu'elle. C'est soutenue par des compagnes ouvertes et compréhensives qu'elle poursuivra sa route, convaincue d'être là où Dieu l'invitait.

De retour au Canada, c'est à Sudbury qu'elle poursuit sa mission tout en assumant différentes responsabilités au sein de sa communauté. Ce sont les années du Concile Vatican II et de la transformation de la vie religieuse avec entre autre, adoption d'un costume contemporain et reprise du nom civil. Au Québec, c'est la Révolution tranquille. Le Gouvernement reprend à son compte les œuvres misent sur pied par les communautés religieuses avec la collaboration de celles-ci. Notre travail dans certain milieu devient projet pilote pour la mise sur pied des C.L.S.C. Sœur Liette rentre à Montréal et pendant trois ans, travaille comme infirmière bénévole aux Services Familiaux du Quartier St-Henri.

En '75, elle accepte d'aller travailler dans les Réserves Indienne de Birch Island et de Wikwemikong sur l'Ile Manitoulin, en Ontario. Depuis quelques années, une petite communauté s'y était installée à la demande du Chef de la Bande, avec mission de former des " Homemakers " qui assureraient une présence à domicile auprès des personnes âgées. Elle y travaillera pendant six ans après quoi, elle revient à Pointe-Gatineau pour s'occuper de formation et travailler dans un organisme communautaire avec les familles d'un secteur défavorisé à tout point de vue. Elle y œuvre 12 ans puis revient à Montréal dans le quartier Cöte-des-Neiges où une communauté est insérée au milieu des familles immigrantes. Finalement, sa mission l'amènera à être au service de sa congrégation comme responsable provinciale avant de rejoindre une petite communauté vivant aujourd'hui dan le quartier Hochelaga Maisonneuve.

Comment entrevoit-elle l'avenir?
Sœur Liette voit les nombreuses transformations vécues, dans la société civile et dans l'Église, comme autant d'événements qui ont provoqué la vie religieuse à remettre le cap sur l'essentiel d'un tel engagement. Elle trouve très intéressant la recherche faite par la Conférence Religieuse Canadienne sur les mutations de notre société, de notre Église qui ont amené les Religieuses à regarder leur vie sous un autre angle, exprimant leur engagement par vœux dans un langage plus adapté à aujourd'hui. On parlera plutôt de " simplicité volontaire " que de pauvreté, de " relations libérantes " au lieu de chasteté et l'obéissance se traduira par une " recherche de la volonté de Dieu avec l'aide des autres ". Elle voit avec beaucoup d'espérance la capacité des jeunes générations pour s'engager au service de la vie.

Résumé de l'entrevue de Soeur Pauline Baril

Pauline Baril est née, dans le nord de Montréal. Elle a étudié jusqu'à la dixième année générale et commerciale, à l'école Sainte-Marthe. Les enseignantes étaient laïques et chrétiennes.
Très timide, le guidisme l'aida à aller vers les autres à s'ouvrir au niveau social et chrétien. Il n'était pas question pour elle d'être religieuse, infirmière ou institutrice. Elle avait une santé fragile depuis le berceau. D'après ses souvenirs, elle n'a pas fait une année scolaire complète.

Durant sa onzième année à St Edouard, son père lui demanda d'aller travailler pour aider à payer les études de ses frères. Elle n'avait que seize ans. Elle accepta mais trouva injuste que les garçons soient privilégiés. Elle travailla 2 ans dans un bureau d'assurances, tout en continuant ses études le soir. Les voyages la fatiguaient, ses parents lui offrirent alors de travailler à l'hôpital Notre- Dame, où elle pouvait demeurer sans voyager. Vécu comme un rejet de sa famille, plus tard, elle considéra cet événement comme une grâce puisqu'elle devint plus autonome.

Assignée aux archives, elle étudiait en même temps pour obtenir son diplôme d'archiviste. Le goût de devenir infirmière lui vint en 1948. À l'occasion d'une maladie elle dut être hospitalisée. Le dévouement des infirmières et les études d'anatomie qu'elle faisait pour obtenir son diplôme d'archiviste la conquirent. Elle s'inscrivit à l'école des d'infirmières et a beaucoup aimé les études, le travail et la relation avec les malades. Elle connut quelques garçons dont un, qu'elle aima particulièrement, mais à l'occasion d'une retraite, elle mis fin à cette relation.

D'infirmière, elle voulut devenir médecin et s'inscrivit à l'université le soir, tout en travaillant. Suite à une chirurgie, une anémie sévère l'obligea à un repos prolongé. Devenir médecin missionnaire était son désir, mais elle voulait aussi répondre à l'amour de Dieu et faire connaître cet amour pour chacun et chacune de nous. La lecture d'un livre sur le fondateur des Petites Sœurs de l'Assomption et son oeuvre, l'amena à abandonner ses études et à entrer dans cette communauté. Elle avait 27 ans.

Au premier abord, l'adaptation fut difficile le premier noviciat étant une année 'cloîtrée'. La deuxième année les sœurs allaient dans les familles soigner les malades et voir si ce genre de vie leur convenait. Tout alla donc très bien jusqu'au jour où le désir de retourner aux études médicales refit surface. Après un long temps de lutte elle renonça à ce désir et la paix revint.

Lors de sa profession religieuse, Sœur Pauline fut nommée à Saint Henri dans une maison qui s'ouvrait. Elle eut de nouveau des problèmes de santé et vécut une difficulté qu'elle ne pouvait exprimer. Elle demanda un signe au Père E. Pernet fondateur de la Congrégation et put constater le souci de ce dernier pour les plus démunis. Elle travaillait dans une famille pour la naissance d'un enfant, et constata la détresse financière de celle-ci . Les démarches faites auprès des avocats, n'avaient rien donné. Sur son conseil, les parents rencontrèrent le gérant de la Caisse Populaire dix minutes avant l'arrivé de l'huissier pour la vente des meubles. A 2 heures, en 2 minutes, avant l'arrivée de toutes autres personnes, la vente fut conclue et le couple put demeurer dans le loyer n'ayant qu'une légère dette de $ 52.oo à la Caisse Populaire. A partir de ce moment elle n'eut plus de doute sur sa vocation.

Deux ans plus tard, elle fut nommée à Sudbury pour une nouvelle fondation; c'était une réponse du Seigneur à son désir de 'mission'. Ce fut une période heureuse de sa vie. La communauté vivait pauvrement et accueillait tout ce qu'elle recevait comme un don de Dieu. C'était une communauté jeune, vaillante et joyeuse.
A Sudbury la misère régnait. Depuis neuf mois les mineurs étaient en grève. Les sœurs allaient gratuitement dans les familles pour des soins médicaux. Par la suite, elles invitaient les gens aux rencontres de 'Fraternité' où se donnaient des conférences, tant au niveau social que chrétien. Cela permettait aux gens de se mettre ensemble pour sortir de leur isolement, de leur pauvreté et de mieux vivre leur foi. Après ses vœux perpétuels à Paris, elle y revint. En plus des soins, Sœur Pauline aidait les familles dans leur budget et allait dans les bureaux de prêts pour négocier.

Par la suite, s'étant mise en disponibilité, elle changea plusieurs fois de maison. Au cours de cette période, elle connut à nouveau un temps de grande noirceur. Le soutien de ses sœurs et leur encouragement à continuer son travail dans les familles l'ont aidée à s'en sortir.

Les changements apportés par le Concile répondaient à une société qui se laïcisait. Les religieuses devenaient plus responsables de leur vie. En ce qui concerne l'avenir, Sœur Pauline demeure sereine et confiante que l'Esprit Saint suscitera ce qu'il faut pour répondre aux besoins d'ici. Avec ses sœurs elle à contribué à mettre sur pied les CLSC. Elle trouve nécessaire aujourd'hui que les soins à domicile soient mieux organisés.

Sœur Pauline, vient de fêter 50 ans de vie religieuse. Elle se dit heureuse dans sa vocation et est dans l'action de grâce pour l'appel reçu. Elle est aussi reconnaissante envers sa Congrégation qui lui a fait confiance et l'a aidé à grandir tant sur le plan humain que spirituel.