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Champlain
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Mgr de
Laval
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Frontenac
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Jean
Talon
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Maisonneuve
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Vaudreuil
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Jeanne
Mance
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Mgr Lartigue
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Montcalm
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LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN
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Témoignages
«Celui
qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin
que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu»
(Jn 3,21)
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Congrégation de Sainte-Croix
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Congrégation
des Ste-Croix
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Fondateur
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Témoignages
religieux
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Directeur
des Association
des
Arrivée
des prêtres et des frères
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Frères Pères
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Enseignement
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Basile-Antoine
Moreau
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Éducation
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Historique de la communauté
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Basile-Antoine Moreau, prêtre du diocèse du Mans, a fondé
la Congrégation de Sainte-Croix pendant la période troublée
qui suivit la Révolution française. Pour répondre
à des besoins pressants de l'Église de son temps, il regroupa
des prêtres pour venir en aide au clergé diocésain
par la prédication de missions paroissiales. L'abbé Moreau
voulait que les prêtres "auxiliaires" soient aussi des
éducateurs. D'autres fondations suivirent dont le Collège Notre-Dame en face de l'Oratoire Saint-Joseph, huit écoles et académies et une École normale qui ont été confiés aux Frères. Pour leur part, les Pères sont responsables, entre autres, de l'Oratoire Saint-Joseph. L'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal fut fondé par le Frère Alfred Bessette, né en 1845 et entré à la Congrégation en 1870. Il fut portier au Collège Notre-Dame où il attirait les gens par les guérisons qu'il y opérait, ce qui lui valut la réputation de thaumaturge. Pour répondre à son désir d'honorer Saint Joseph, une première petite chapelle fut érigée en 1904, puis agrandie à différentes époques jusqu'à devenir la basilique actuelle dont les travaux avaient commencé en 1931. Les Pères en ont la responsabilité où sont offerts au public des pèlerinages, des services pastoraux, des activités culturelles ainsi que la revue L'Oratoire. Ils sont également responsables de la maison d'Édition Fides. Le Frère André fut béatifié en 1982.
Résumé de l'entrevue du Père André Charron
Sa vocation s'est décidée assez tardivement. Il a fait son cours classique au collège Sainte-Croix, de Montréal-Est où il s'est engagé assez tôt dans toutes sortes d'activités parascolaires, car l'engagement était très important pour lui. L'aide qu'il apportait à certains collègues qui se posaient de grandes questions sur l'existence humaine l'amena à se demander s'il ne pourrait pas le faire professionnellement en tant que prêtre, peut-être. Les cours de métaphysique l'ont beaucoup aidé, ceux de théodicée en particulier: toute la perspective de connaître Dieu par la raison, ce qui accréditait beaucoup les questions religieuses. La dernière influence exercée sur sa vocation fut l'engagement de ses professeurs, imbus du personnalisme chrétien, de l'épanouissement de la personne, sous l'influence d'Emmanuel Mounier et de la revue Esprit, afin de rayonner sur la société. Tout cela était exaltant pour un jeune. Or, ces professeurs étaient prêtres dans une communauté, la Congrégation de Sainte-Croix, une communauté active où les gens avaient l'air heureux de travailler en équipe. C'était aussi une communauté qui avait une réputation assez enviable même à l'époque: c'est un Ste-Croix , le Père Martin, qui avait fondé Fides, le Père Roger, Boscoville puis le Père Legault, les Compagnons de Saint-Laurent, mettant sur la carte un certain type de théâtre. C'était valorisant. Il découvrit la vie religieuse durant son noviviat. Au fond, il avait choisi la vie religieuse comme une modalité d'exercice, soit vivre avec d'autres pour faire un travail d'équipe. Il y découvrit l'engagement à la suite de Jésus-Christ, la vie religieuse comme une marche à la suite du Christ, en essayant de reproduire le mieux possible son style de vie et son genre d'action. Il découvrit Jésus-Christ dans une relation de Maître à disciple, au noviciat. Le message premier était celui de Jésus, celui du règne de Dieu, un vaste projet pour refaire le monde dans les intentions premières du Créateur où règneraient la justice, la paix, l'amour, la réconciliation, un monde qui finisse par atteindre son humanité, dans l'optique du personnalisme chrétien. Le Père dit ne pas être fait pour vivre seul: ou il se mariait ou il vivait dans un groupe. Le fait d'en avoir d'autres à côté de lui comble ses propres insuffisances, le supporte, le soutient, l'enrichit dans des moments de discussions fort intenses. Mais, comme partout ailleurs, y compris dans les couples, ce nest pas toujours idyllique et, dans la vie communautaire, le fait de ne pas s'être choisis, implique des ajustements à faire. Les scolastiques ont vécu le concile en même temps que la révolution tranquille. Leur ecclésiologie, ils l'ont faite avec le Père Congar; pour la théologie du laïcat, ils avaient lu les Insolences du Frère Untel. Donc, la révolution tranquille et les changements au ministère de l'Éducation ne les ont pas du tout étonnés. Au fond, ils désiraient cette espèce de nettoyage de notre héritage, discernant les bonnes choses de celles dont il fallait se départir. Ils voulaient être un peu les prêtres du renouveau, montrer qu'il y avait un certain bon sens à vivre religieusement sa foi catholique dans un univers séculier. Le Père se destinait à l'enseignement parce que c'était la mission principale de sa communauté. Mais, avec la réforme des cégeps, la communauté n'était pas capable d'assurer ne serait-ce que les salaires de tous les professeurs laïcs avec toutes les nouvelles perspectives professionnelles, les laboratoires, etc. C'est ainsi qu'ils ont décidé de vendre leurs collèges à l'État. Après avoir complété le baccalauréat en théologie et avoir été ordonné prêtre, le Père obtint un diplôme en études pastorales chez les Dominicains, de même qu'un baccalauréat en pédagogie à l'université de Montréal. Après avoir enseigné trois ans au séminaire Sainte-Croix, il poursuivit ses études en théologie en France. Il y consacra deux ans à la licence et quatre ans au doctorat, se disant qu'indépendamment de toute carrière, il répondrait aux besoins de l'Église à son retour à Montréal. À peine une demi-heure après son retour en '71, il reçut un appel du curé Choquette de la paroisse de Mont-Royal lui demandant s'il pouvait se joindre à lui et au Père Roger, comme vicaire. Il fut huit ans à Saint-Joseph de Ville Mont-Royal, avec des gens engagés dans différents secteurs de la société, des "leaders": médecins, avocats, juges, comptables qui savaient travailler, être responsables et qui se sont engagés chrétiennement et bénévolement dans la vie de la communauté de '71 à '80. Ce dont il est très fier, ce sont les groupes Adultes et foi qu'il a fondés, trois groupes de quinze personnes, qui se posaient de grandes questions sur le christianisme, sur la religion, sur leur propre profession. De cette période, il n'a que de bons souvenirs. En même temps, comme il était spécialisé sur la question de l'athéisme, son sujet de thèse ayant porté sur la réaction des catholiques devant l'athéisme contemporain, le Père Morrissette qui s'occupait du service Incroyance et Foi lui demanda de les aider comme directeur de la recherche. Ils fondèrent la revue Nouveau dialogue pour laquelle il bâtit tout le secteur de la recherche en faisant une étude de la situation religieuse ici au Québec, soit les dialogues avec les incroyants, organisant pour ce faire tout un réseau de répondants diocésains. Dès '72, il fut engagé à l'université de Montréal, d'abord comme professeur adjoint sur l'athéisme et la critique de la religion et ensuite, responsable, comme vice-doyen, des programmes et des dossiers académiques des étudiants à tous les niveaux. Puis il donna le cours sur la foi: Croire aujourd'hui qu'il a beaucoup aimé, de même que le cours sur l'Église, et le cours Christianisme et culture. C'est ainsi qu'il fit carrière à l'université où il est resté vingt-sept ans, durant lesquels il devint doyen de la faculté de théologie de '85 à '89, responsable du personnel et des orientations de la faculté. Quant à l'oecuménisme le Père pense qu'il avance, les orthodoxes venant de reconnaître la primauté du pape, même s'il reste de petites différences, des traditions qui se sont enrichies depuis des centaines d'années et qu'il faut respecter. Il pense que leur retour se fera grâce à une réforme qui pourrait être celle de la restauration des patriarcats, alors que le pape vient de renoncer au patriarcat latin. Chef de l'Église catholique, le pape régit culturellement le modèle occidental du christianisme, modèle qui vient de Jésus-Christ à travers toute une longue tradition, mais qui s'est développé dans l'anglicanisme, dans le protestantisme, dans l'orthodoxie, dans d'autres théologies, qui revendiquent tous et toujours l'Évangile, mais qui ont des sensibilités culturelles, des expériences qui doivent être un apport pour nous. À son avis, la réunification se fera si on accepte les différences. Dans l'Église même, il y a un décrochage au plan de la pratique liturgique, mais il pense que les gens demeurent profondément croyants ici. L'Église recueille encore la faveur de 85% de nos gens. D'après lui, il y a quelques ajustements à faire en donnant la priorité à l'expérience, au vécu, à la conscience individuelle, même s'il reconnaît que nous avons besoin de certaines balises. Il résume sa pensée en disant qu'il y a une perte de crédibilité de l'Église institution. L'indifférence à sa propre religion peut être causée par l'ignorance. Le grand danger actuellement c'est que la transmission ne se fait plus. Il y a un autre type d'abandon où l'on considère l'absolu inaccessible à l'esprit humain, mais aussi l'indifférence pure et dure d'un petit nombre qui ne se pose même plus du tout de questions La concile a-t-il apporté des changements dans les communautés? Les communautés avaient connu une période assez institutionnelle de la vie religieuse, là où tout était prévu et systématique. Puis, dans les années '65 à '70 et depuis, le Père considère que les religieux ont la chance d'un renouveau de la vie religieuse de type domestique où ils se retrouvent dans de petites résidences, de petites fraternités, où sont réparties les tâches, les responsabilités, mais où il y a des inter-relations et des interactions très humaines et très enrichissantes. Mais la communauté a vécu une période très dure, celle de la sécularisation de prêtres, causée probablement par la perte des collèges, qui a changé le statut professionnel de certains prêtres, puis aussi par l'attrait d'une plus grande liberté. Certains ont découvert que le célibat n'était pas pour eux. Il en est sorti au-delà d'une quarantaine, des gens de la génération du Père. Personnellement, comme il était à l'aise dans son presbytérat et dans son ministère, le Père a refait son second choix en toute sérénité. Et l'avenir de l'Église? Le Père a préparé son cours sur l'Église en se servant de «Qu'est-ce que l'Église?» de Hans Kung, très axé sur les sources chrétiennes, l'Évangile et les autres livres, rendant un précieux service dans notre monde contemporain. Le Père a de l'espérance en l'avenir de l'Église, qui devra reposer de plus en plus sur les ministères laïcs, avec le prêtre ordonné, dans une responsabilité davantage partagée, où il faudra prendre le tournant de la nouvelle culture aussi. Notre mission chrétienne, c'est de toujours refaire un monde meilleur, revitaliser la foi chrétienne, régénérer la société en réponse à ses besoins urgents et à ceux de notre Église, continuant la mission de Jésus-Christ, lui qui a vaincu beaucoup de difficultés, d'autres obstacles; à chaque période. Il espère, car l'humanité évolue, elle va vers un plein et non pas vers le néant. La foi chrétienne traverse aussi la mort et, pour lui, quelqu'un qui arrive à la fin de sa vie et en fait le bilan porte au définitif tout ce qu'il a été et tout ce qu'il a fait, et le définitif pour Dieu, c'est le Royaume. Il a cette espérance-là aussi que nous sommes voués à une vie complètement transformée après la mort sous l'influence de l'Esprit où nous nous reconnaîtrons tous d'ailleurs.
Résumé de l'entrevue du Frère Gérard Dionne
Alors qu'il était en cinquième année, il reçut, à son nom, une lettre de Montréal, d'un recruteur de Sainte-Croix. Il semble que le recruteur envoyait ainsi aux institutrices des écoles primaires une lettre leur demandant de lui envoyer le nom de garçons qui, selon elles, pourraient un jour être intéressés par la vie religieuse. C'est ainsi que son nom avait été envoyé à son insu et qu'il était «devenu quelqu'un». On lui demandait de répondre s'il était intéressé. Bien sûr qu'il était intéressé à recevoir d'autres lettres. Il correspondit donc pendant quelques mois mais finit par laisser tomber, s'intéressant à autre chose. Puis, à la fin de sa sixième année, vers le printemps, le recruteur récidivit et lui annonça qu'à leur juvénat de Saint-Césaire, les religieux recevaient des élèves pour la septième année jusqu'à la fin du secondaire. C'était pour lui, l'occasion d'aller voir «au-delà des montagnes». Habitué à vivre dans une grande famille, il ne connut aucune difficulté à s'adapter à la vie de pensionnaire. Son père l'accompagna à Saint-Césaire et, après son départ, au souper, il avait un peu le cafard, mais le lendemain matin, c'était fini, sachant quand même qu'il n'aurait jamais de visite pendant les cinq ans qu'il serait là. Saint-Césaire, c'était sa place et il y était bien. Il y découvrit tout un monde à tous les points de vue: des jeux, des sports, des études qui lui plaisaient et où il réussissait bien, tout allait très, très bien. Il n'avait aucune idée de ce qu'il ferait par la suite; son premier mouvement avait été de sortir voir un autre monde, d'autres horizons au-delà des montagnes. C'est tout ce qu'il y avait au départ. Puis, tranquillement, en voyant comment les frères étaient proches d'eux, comment ils vivaient heureux en communauté, en secondaire quatre et cinq, il commença à se dire que c'était le genre de vie qu'il aimerait vivre. C'est à ce moment-là que la vie religieuse a commencé à germer en lui de façon plus claire; après le secondaire cinq, cela allait de soi et cela continue depuis ce temps. Pendant son noviciat, le cheminement s'est poursuivi. Après son baccalauréat ès arts, alors qu'il était professeur à Saint-Eusèbe, au début de '62, il fut nommé aux études en théologie à Rome. Il accepta cette nouvelle aventure et resta quatre ans à l'Institut de théologie des frères, au Latran. Rome a été pour lui une vraie découverte, vraiment «l'autre côté de la montagne», où le monde commençait à s'élargir. Il se dit maintenant qu'il aurait dû retenir davantage de cette culture. Mais, pendant l'été, il n'y avait rien d'autre à faire que du tourisme, alors il en profita pour apprendre l'allemand, une autre langue, une autre culture. Il a toujours été curieux de vivre autre chose, c'est le goût de l'aventure qui l'a toujours habité. Il était le seul frère étudiant en théologie avec quarante-cinq séminaristes, mais s'y sentait bien. Il avait été bien accueilli et avait accepté des responsabilités à l'intérieur de l'animation du séminaire, de nouveaux défis pour lui. Mais à l'institut du Magistaire où il n'y avait que des communautés de frères, on n'y comprenait rien: comment pouvait-il vivre avec des prêtres et y être heureux? Pour eux, leur expérience avec des aumôniers, des prêtres diocésains, était plus ou moins ajustée à leur vécu et n'était pas très positive. À la fin, il fit son mémoire sur ce sujet: prêtres-frères ne sont pas faits pour vivre en parallèle. Quant aux soeurs, travailler avec elles, répond déjà au désir de leur fondateur d'être des équipes évangéliques sur le terrain. Le concile fut pour lui une expérience très marquante qui lui permit de découvrir l'Église. Il n'y a jamais senti autant la présence de l'Esprit Saint, mais aussi la pesanteur de la réalité humaine de l'Église. Ces deux aspects ont été marquants pour lui et le demeurent encore aujourd'hui: la présence de l'Esprit-Saint dans l'Église; quoi qu'il arrive, c'est Lui qui mène le monde et, malgré notre pesanteur humaine, l'Église de Jésus-Christ continue. Il ne s'attendait pas à ce que le concile aille tout révolutionner. Il y voyait des ouvertures intéressantes mais s'était fait à l'idée que cela allait prendre du temps. Ce qui le confirmait dans cette idée c'est que les évêques, dont quelques-uns vivaient à leur maison généralice, disaient que les changements ne viendraient pas avant deux générations. Avant son retour, avait eu lieu une rencontre de supérieurs généraux réunis à Rome pour étudier le document «Perfectae Caritatis», sur le renouveau de la vie religieuse. En plus du Père Lalande, le Père Louis (Girula?), qui faisait une recherche sur les vocations à Chicago, devait s'adresser aux supérieurs généraux. Depuis sept ou huit ans ce Père rencontrait les individus qui entraient dans la vie religieuse ou dans les séminaires, les interviewant sur leurs motivations pour y deneurer ou pour en sortir. Comme on destinait le frère Dionne à donner de la formation, le Père Lalande l'y avait invité, mais qand il entendit le Père (Girula?) donner des statistiques sur son travail, il prit peur et demanda au provincial de confier la formation à quelqu'un d'autre. De fait, à son retour, le maître des novices avait déjà été remplacé et lui-même devait enseigner les sciences religieuses dans une classe de philo. I, de quanrante et un élèves, au collège Notre-Dame. Les programmes étant assez souples, il proposa différents thèmes aux élèves pour savoir lesquels les intéresseraient. La réponse tarda à venir, puis le président de la classe leva la main pour dire: «On est tannés, on n'en veut plus.» Il fit quand même le premier semestre, mais à Noël, il demanda d'être remplacé. Quand il apprit que l'année précédente, ils en avaient passé trois, il décida de continuer mais auparavant, il leur fit passer un examen oral de quinze minutes chacun, ce qui lui permettait de les voir individuellement. La relation ne fut plus la même après cela et il put continuer jusqu'en juin, sans avoir une tension trop lourde. Concernant la dynamique du spirituel dans sa vie, le frère suit le cadre de la communauté, la prière communautaire ne posant pas de question particulière. En ce qui concerne le célibat consacré, c'était une des exigences qu'il acceptait avec tout le reste. Il n'a jamais regretté d'avoir à faire le deuil de ne pas avoir d'enfants; il en avait assez autour de lui; cette question ne s'est donc pas posée de façon dramatique. Quand il fit ses études en psychologie, il voulut approfondir l'aspect de la chasteté comme manière différente d'être au monde et aussi parce que, à ce moment-là, il y avait des confrères, prêtrres surtout, qui quittaient la communauté et dont la raison première était la difficulté de vivre la chasteté. Pour lui, sur le plan théorique, ce n'est pas une manière négative d'être au monde. En '93-94, le frère avait mis sur pied avec deux autres collègues qui avaient fait les mêmes études que lui en psychologie à la Grégorienne, une Soeur Grise et un Frère Mariste, l'organisme SEVACOM: Services de consultation et d'accompagnement vocationnel de Montréal et cela fonctionne toujours. Ce n'est pas une forme de thérapie, mais un accompagnement de croissance dans le cadre d'une démarche vocationnelle, où l'on ne s'occupe pas du recrutement. Comment voit-il l'avenir? Il a beaucoup analysé le 19e siècle, après la révolution et découvert comment ce siècle a été le berceau d'un renouveau spirituel absolument inimaginable. Il trouve que nous sommes en train de vivre ici au 21e siècle, quelque chose de semblable et, dans ce sens-là, il reste plutôt confiant qu'optimiste, car l'optimisme peut être une erreur, alors que l'espérance est une grâce. Cela ne peut finir là, il y aura un renouveau, d'ailleurs il y a déjà des signes, de nouvelles pousses un peu partout, croches parfois, mais cela n'est pas grave, ce ne sont pas toutes les fleurs des arbres spirituels qui ont donné des fruits. Il reste très ouvert à cette possibilité du Seigneur de faire refleurir ce qui semble être un hiver actuellement, puis il se dit que la période du désert, c'est très biblique, cela ne finit pas là, c'est un passage de purification, de lutte à nos démons, un passage de découvertes plus grandes de Dieu. Cela fait à peine quarante ans que nous sommes dans le désert au Québec. Après il y aura autre chose.
Résumé de l'entrevue du Père Claude Gru
Après la rhétorique, il commença à repenser un peu à ses orientations, touché par l'enthousiasme des religieux qu'il connaissait. L'idée de se joindre à ce groupe pour poursuivre une vie religieuse devenait de plus en plus une avenue qui lui paraissait intéressante, une façon de se mettre au service du monde d'une manière un peu différente, un peu plus nouvelle. C'est ainsi qu'en 1961, il choisit d'entrer au noviciat de la congrégation de Sainte-Croix. Après sa profession, comme scolastique, il fit deux années de philosophie. Puis, au mois d'avril '64, le provincial lui proposa de se joindre en Inde à un groupe de jeunes qui commençaient à se former, qui en étaient aux études théologiques, car il trouverait bon que deux ou trois Canadiens pussent aller étudier avec eux. Il y fut accompagné par un confrère de la province acadienne, un grand ami, très intéressé par le travail missionnaire. La communauté était au tout début de sa mission en Inde et le groupe de scolastiques était dans un grand séminaire, 240, d'une vingtaine de diocèses du sud de l'Inde. Comme le Père parlait peu l'anglais, la langue d'enseignement, il fallut qu'il s'y plongeât pour arriver à comprendre ce qui se passait. En cette même année, le pape Paul VI fit une visite à Bombay. À cette occasion, on organisa un grand rassemblement d'experts sur la mission, pour y réfléchir avec des gens comme le Père Masson, Hans Kung, toute une galerie de grands théologiens. Les étudiants n'avaient pas eu la permission d'aller à Bombay, mais ils suivaient quand même ce qui s'y passait et trouvaient très rafraîchissant de voir la nouvelle réflexion qui se faisait sur le rôle de la mission. À la même époque, le Père Émile Legault faisait une visite à la mission du Bengale qui était au Pakistan et avait écrit «L'Église ne fait que commencer». Être partie prenante de cette réalité-là, devenait quelque chose de très passionnant mais de très exigeant aussi, parce qu'ils étaient constamment remis en question dans leurs façons de faire et leurs façons de voir. En Inde, on ne devient pas Indien. En fait on reste toujours Canadien, parce que, si l'on veut rester ouvert à la culture de l'autre, il faut garder la sienne et faire une sorte de synthèse de ce qu'il y a de mieux dans les deux cultures. Il compléta ses études théologiiques par trois années au grand séminaire des Jésuites à Puna où il termina sa licence en théologie. Puis, on lui demanda de se préparer pour aider à la formation des jeunes. Dans ce but, on lui suggéra d'aller faire une maîtrise à l'université d'État. Là, il vécut dans la maison des étudiants, sur le campus universitaire à Puna, dans un milieu fondamentalement non-chrétien. Sur les deux cents personnes qui se côtoyaient dans cette maison, il pouvait y avoir sept ou huit chrétiens, une quinzaine de musulmans et tous les autres étaient hindous, avec un petit nombre de bouddhistes. Alors il entreprit une maîtrise en philosophie, prenant des cours optionnels dans la philosophie indienne. Pour poursuivre jusqu'au doctorat, il lui fallait se spécialiser; il choisit donc de prendre les traditions indiennes de la région où il était, dans la langue (Madras?) parlée par à peu près quatre-vingt-dix millions d'habitants et de travailler sur les courants religieux et philosophiques du dix-neuvième siècle, dans cette région. Pour lui, cela fut une expérience de saisir ce que voulaient dire les diverses traditions religieuses qui s'entrecroisent dans un milieu donné et, à l'occasion, de revoir sa théologie catholique en dialogue avec cette grande tradition religieuse de l'Inde. Il lut presque tous les grands textes de la grande tradition de l'Inde et utilisa même ces documents pour l'aider dans sa vie de prière, dans sa méditation; ce fut alors une période de croissance. Dans ce sens-là, la synthèse commença à se faire entre ce qu'il était et ce qu'il apprenait, pour découvrir un peu une nouvelle façon de voir et de vivre. Il y demeura seize ans en comptant le temps de ses études et de son enseignement d'une dizaine d'années. Il y fut six ans comme directeur de leur maison de formation. Quand il eut terminé les premiers six ans, il dit à ses supérieurs qu'il croyait que certains confrères indiens étaient prêts à prendre la direction de la maison de formation, alors qu'il pourrait y rester comme professeur et les accompagner dans la période de transition. Heureusement, le confrère indien qui le remplaça était un bon ami et un excellent directeur de formation qui fit un très bon travail. Alors en 1980, il trouvait que le temps était venu de passer à autre chose, la transition étant faite et les confrères indiens étant en mesure de continuer, ce que l'histoire a prouvé puisqu'ils sont maintenant deux cents en Inde. De retour au Québec, on lui demanda de participer à l'ouverture d'une maison de formation à Montréal. Il accepta à condition que ce fût dans des quartiers un peu plus pauvres, un peu plus populaires. Alors, après un essai sur la rue Saint-Hubert, on choisit la rue Saint-Dominique, dans le secteur de la Petite Patrie. Il s'engagea dans ce projet et y resta jusqu'en 1986, sauf qu'à partir de 1982, tout en continuant à vivre avec les jeunes en formation, on lui demanda d'être assistant du supérieur provincial, le Père Taillefer qui avait été élu en 1982. À partir de ce moment-là, il s'occupa aussi d'animation de la vie religieuse comme assistant-provincial, de même que de tout ce qui était de caractère social; ce lien avec tout ce qu'il avait vécu avec les pauvres en Inde, le touchait beaucoup. En 1986, il représenta la province au chapitre général qui se tenait à l'université Notre Dame en Indiana, pour l'élection d'un supérieur général. Le précédent ayant été un Américain, on souhaitait que le suivant fût un Canadien. Compte tenu de sa connaissance de l'anglais et de son expérience en Inde, il fut désigné pour remplir ce rôle. Il dut également aller à Rome où il fut nommé co-président des religieux, avec la représentante des religieuses, pour organiser des rencontres quelques fois par année avec les membres des administrations générales des communautés afin d'approfondir un thème qui touche la justice, la paix, de même que l'intégrité de la création pour tout ce qui touche l'environnement, dans le monde. Des rencontres peuvent également être organisées, par exemple à l'occasion de situations ponctuelles dans l'un ou l'autre des différents pays de mission, où il peut y avoir des problèmes. À
travers tous ces mandats, toutes ces responsabilités, tous ces
engagements, il est sûr qu'il faille trouver un rythme de vie
et des façons d'exprimer sa vie de prière, dans un cadre
où, étonnamment il n'est pas vrai que tous les jours ont
vingt-quatre heures, parce que, quand on voyage à travers le
monde, certains jours en ont trente et d'autres, dix-huit, à
cause des décalages horaires. Par exemple le Père a passé
des centaines d'heures à attendre des avions dans des aéroports.
Il trouve que ce furent de très beaux moments pour approfondir
sa vie spirituelle, seul dans un aéroport, ou trop fatigué
parfois pour faire autre chose que de dire le chapelet, par exemple.
Le rythme des prières liturgiques a été établi
pour des gens qui ont un modèle plus monastique, mais la vie
active interpelle à vivre ces moments de prière d'une
manière nouvelle. À propos des valeurs évangéliques
qui l'ont marqué particulièrement, le Père mentionne
d'abord le respect de l'autre. Être assez transparent pour accueillir
l'autre et, en présence de gens tellement différents de
nous, ne pas nier leurs différences mais les accueillir tels
qu'ils sont. Le Père pense que c'est l'amour, la compassion qui
se manifestent à travers cette ouverture à l'autre, ce
respect de la culture de l'autre, de la réalité qui l'entoure.
C'est, enchanté par la beauté de cette culture-là,
s'y laisser pénétrer. Pour lui, c'est une des valeurs
qui l'accompagnent à travers toute sa vie, tout en travaillant
à bâtir un monde un peu plus juste. Puis, le Père est devenu recteur de l'Oratoire Saint-Joaeph. Ce qu'il considère comme le premier défi à y relever, c'est d'apprendre à en faire un lieu d'accueil, de dialogue et de trouver ce qui peut être offert à des gens qui arrivent des Philippines, du Sri Lanka, d'Haïti, d'Amérique latine et qui cherchent à l'Oratoire un lieu de paix, un lieu où ils peuvent prier ensemble. Traditionnellement, il avait répondu à un besoin d'une chrétienté beaucoup plus campée, venue des États-Unis, du Canada, de catholiques qui avaient pratiqué de manière traditionnelle dans leur communauté paroissiale. La réalité rencontrée aujourd'hui est entièrement différente. C'est devenu un centre catholique ouvert à la diversité religieuse, tout en gardant sa tradition chrétienne catholique, où il faut avoir un sens de son identité profonde pour avoir un lieu de dialogue qui soit fertile. Il faut que ce soit un catholicisme essentiellement basé sur les valeurs de l'Évangile. Concernant l'avenir, le Père a beaucoup d'espérance mais il ne faut pas que notre espérance soit limitée à ce que nous pouvons imaginer: un type d'Église, un type de chrétienté qui dépasse les frontières de ce que nous avons réussi à penser jusqu'à maintenant. Il faut faire confiance à l'Esprit et prendre le risque de laisser jaillir des choses complètement nouvelles, telles que le plan de Dieu les voit. Cette espérance-là demande beaucoup de détachement. Pour vivre une espérance véritable, il faut vivre une pauvreté véritable
Résumé de l'entrevue du Frère Vianney Saint-Michel
La famille était abonnée à la revue L'Oratoire où il avait lu une petite annonce invitant les jeunes à se joindre aux Clercs de Ste-Croix en suivant les traces du Frère André. Comme ce religieux l'intéressait, sans en parler à personne, il écrivit à l'Oratoire mais finit par en informer mes parents, qui en furent très contents. Il ne pensait pas particulièrement à l'enseignement, tout en voulant développer la vie intellectuelle. Cet attrait lui venait de sa mère qui était une femme dépareillée, tout en n'étant pas scolarisée, mais qui avait une ouverture d'esprit un peu rare et lui avait fait aimer le lecture. Il a un esprit plutôt indépendant et aime à s'organiser lui-même en acceptant les contraintes qui accompangnent ses choix. La vie au juvénat était agréable et, comme il aimait les études, tout s'est très bien passé. Il fit profession en '45, à une époque où l'on prenait l'orientation de sa vie assez jeune, où les gens se mariaient à seize ans. Dans la congrégation, il y avait deux régimes, celui des écoles normales et celui du cours classique. Il fit les deux, l'école normale pour devenir professeur et le cours classique jusqu'à la rhétorique qu'il termina à Saint-Laurent, après avoir enseigné quelque temps. Il ne se faisait pas de plan de carrière, mais avait de l'ambition. Il commença à enseigner dans l'est de la ville, à Montréal, sur la belle rue Adam, en cinquième année primaire auprès d'une belle jeunesse. Il enseigna à tous les niveaux, de la cinquième année primaire jusqu'à l'université. Il devait donc se renouveler régulièrement pour s'adapter aux situations. Après un certain temps, il enseigna à l'école normale, tout en étant supérieur de la communauté et professeur de philosophie au collège Notre-Dame. Il cumula ainsi les emplois à peu près toute sa vie. Le frère a participé à un grand nombre de chapitres. Il commença à être délégué au chapitre général en '62 et y est retourné tous les six ans depuis ce temps-là, mais il considère ces événements plutôt épisodiques. Il fut longtemps provincial, commençant en '68, pendant huit ans, puis de nouveau en '82 pour un total de quatorze ans et, entre les deux, il fut directeur général au collège Marie-Victorin. Il alla aussi en mission au Rwanda, ayant subi des pressions de la part de l'évêque de l'endroit, Mgr (Péraudin?) qui avait fondé le grand séminaire de philosophie à (Abitarama?). Il est donc allé en '89, se remettant aux études pour préparer ses cours. Pour lui, ce fut une grande expérience. Le grand séminaire commençait et ils avaient des classes énormes où il eut jusqu'à soixante-dix-huit grands élèves, surtout des Rwandais, mais aussi quelques Burundais. Il devait construire tous ses cours, sans manuels, arrivé là pratiquement les mains vides, alors que c'était un peu inusité pour un frère d'enseigner la philosophie dans un grand séminaire national. Ce fut un défi pour lui, mais l'expérience fut assez heureuse et il en est content. Il est malheureux qu'il en ait été chassé par le génocide, autrement, il serait peut-être encore là. Ce qui a déclenché le conflit, c'est l'invasion du 1er octobre 1994, par les réfugiés qui venaient de l'Ouganda et d'anciens réfugiés tutsis qui y étaient depuis des années et qui ont toujours voulu revenir. Selon Jean-Pierre Charbonneau qui y esr demeuré plusieurs années, c'était le pays idyllique que les Québécois avaient choisi en toute prédilection et c'est vrai. L'ambition de la communauté était d'y préparer un groupe de frères enseignants dans ce pays francophone, alors que tous leurs frères enseignants, en dehors du Québec, sont des anglophones. Tout s'est bien passé; ils avaient de beaux jeunes, intelligents et capables mais, quand la guerre arriva, tout cela est disparu. Il a l'impression que c'était une affaire quelque peu flottante dans le pays, parce qu'on ne sait pas toujours ce que pense un Rwandais. Les frères étaient dans le sud du pays, alors que les premières invasions se produisirent dans le nord, de sorte qu'ils n'ont commencé à entendre les tirs que vers la fin. Ils en sont partis en '94, quand Butaré a été investi par l'armée rebelle. À ce moment-là, tout a été coupé, l'électricité, le téléphone et ils étaient livrés à eux-mêmes. À l'intérieur d'une année, les dix-sept réfugiés qu'ils étaient, ont déménagé dix fois d'endroit: à Budjumbura, en Ouganda, au Kénya, etc. Actuellement, ils ont encore deux confrères à New York, mais qui ne veulent pas retourner dans leur pays depuis dix ans, parce que les vengeances s'y exercent encore. Celui qui a risqué d'y retourner sentit qu'il était mieux de ne pas y rester. Quand les frères avaient les deux ethnies dans leurs communautés, il n'y avait aucun problème entre elles, mais la guerre leur a enlevé cinq de leurs frères tutsis qui ont été tués ainsi qu'un Canadien, le Père Claude Simard. Cependant, le frère pense qu'il pourrait y avoir un avenir, car leurs missions ont été confiées à des confrères américains qui eux, veulent retourner. Maintenant, le Rwanda ressemble un peu au Cameroun bilingue, les réfugiés étant tous des anglophones de même que le président. Le frère dit que, s'il n'a pas fait de dépression suite à ces grands bouleversements, il le doit à sa grande capacité d'adaptation. Dès son arrivée au Canada, il est tout de suite retourné à l'Oratoire pour y travailler. Depuis septembre 2000, il est responsable du comité d'animation à la vie religieuse. Il a été supérieur toute sa vie et qui dit «supérieur» dit «animation», qui veut dire «mettre de la vie». Alors, mettre de la vie dans une communauté, c'est de faire en sorte que les gens soient heureux, qu'ils soient fidèles à ce qu'ils ont voué, c'est d'être efficace, d'être éveillé et de produire. Il est encore supérieur aujourd'hui, à Saint-Césaire. À travers toutes ses fonctions, il a toujours été intéressé par le phénomène de la justice. Il trouve cela curieux, et c'est un juste retour des choses, que sa thèse portât sur les accommodements raisonnables pour un doctorat passé en '67. Il a réfléchi longtemps sur l'équité: cette espèce de droit qui fait que, à l'examen des lois, on se rend compte qu'il y a toujours des cas spéciaux. Comment les traiter? Il pense qu'il serait bon que la Commission Taylor-Bouchard jette un coup d'oeil sur sa thèse «L'Équité, l'homme et le droit». La communauté travaille en vue de la fusion frères-prêtres depuis des années, tenant compte du fait que le Père Moreau qui vient d'être béatifié, a toujours voulu avoir la sainte famille sur terre: pères, frères et soeurs. Les membres pensent qu'il serait bon de revenir à cette pensée du fondateur. Leur nombre diminuant, les circonstances s'y prêtent un peu plus maintenant; ils doivent être environ mille cinq cents dans le monde actuellement. Ils ont six provinces américaines et ils sont dans plusieurs pays: en Inde, au Bengladesh, en Amérique du Sud, en Haïti, etc. Il y a des besoins d'éducation partout et, en général, leurs écoles sont parmi les meilleures au pays, parce qu'ils sont des éducateurs nés; c'est leur profession. Quand on pense à l'avenir, il ne faut pas trop penser en terme de quantité, parce qu'il faut dire qu'au Québec, l'Église était très quantitative: il y avait beaucoup de clergé, beaucoup de religieux et de religieuses. Il va falloir compter moins sur la quantité à l'avenir, mais être vivants aussi longtemps qu'ils le peuvent et après, on verra, c'est cela l'espérance. Il voit l'avenir dans un esprit ouvert et universel. Il se peut que l'Église d'ici végète un peu à cause des circonstances, mais le monde est grand, il n'y a pas que le Canada, il n'y a pas que le Québec. Il a vu quelle espérance l'Église pouvait avoir au Rwanda. Puis, en Asie et en Amérique latine, cela va bien. Ici, nous pouvons avoir nos petits problèmes d'indifférence religieuse, mais il se dit que l'espérance existant, il en sortira toujours quelque chose de bon
La guerre au Rwanda a été très éprouvante
pour lui. Toutes les sorties de communautés à la suite
du concile, cela lui a fait beaucoup de peine, parce qu'il a perdu de
bons amis, mais il n'est pas quelqu'un qui passe son temps à
regretter. Personnellement, il n'a jamais pensé à quitter,
mais il faut respecter le cheminement des autres. Il n'est pas facile
non plus de comprendre que des couples qui semblaient s'aimer tellement
en viennent à divorcer. Il faut respecter leur cheminement. Le
frère dit avoir toujours été un homme réflexif;
même quand il était jeune, il pensait que la vie est courte
et qu'il fallait en faire quelque chose de bon et de bien. Il a mordu
dans la vie à 100% et c'est pour cela qu'il ne passe pas son
temps dans le passé, il vit vers l'avenir.
Quelques uns des engagements actuels des Pères de Sainte-Croix
. À l'oratoire Saint-Joseph: pèlerinages, services pastoraux,
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Notre-Dame
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