Champlain
Mgr de Laval
Frontenac
Jean Talon
Maisonneuve
Vaudreuil
Jeanne Mance
Mgr Lartigue
Montcalm

 

LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN

 

Témoignages

«Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu» (Jn 3,21)

 

Pères Dominicains
Rel. Hosp. de Saint-Joseph
Religieuses de Jésus-Marie
     
Soeurs Grises de Montréal
Frères Maristes
Religieuses Ursulines
     
Pères Jésuites
Soeurs de Sainte-Croix
Frères de l'Instr. Chrétienne
     
Congrégation de Notre-Dame
Clercs de Saint-Viateur
Pères Franciscains
 
Messieurs de Saint-Sulpice
Pères Assomptionnistes
Pères Rédemptoristes
     
Soeurs de Miséricorde
Soeurs de Sainte-Anne
Pères Spiritains
     
Petites S. de l'Assomption
Soeurs du Bon Conseil
Hosp. de St-Jean-de-Dieu
     
Frères de Saint-Gabriel
Pères Eudistes
Srs de Saint-Joseph de S.V.
     
Srs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Religieux de Saint-Vincent
Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur
     
Congrégation de Sainte-Croix
Fr. des Écoles chrétiennes
Soeurs de la Providence


Congrégation de Notre-Dame


Congrégation de Notre-Dame
Fondatrice française
Témoignages religieux

Fondation canadienne

Départ de Troyes, en France et arrivée à Montréal, en 1653

Première école en 1657

Association de «Filles séculières de la Congrégation
de Notre-Dame»
par un mandement de
Mgr de Laval, en 1676

 

Soeurs

Marcelle Corneille

Gisèle Mathieu

Patricia Landry

Madeleine Rochette

Louise Frigon

Enseignement
Marguerite Bourgeoys
1620-1700
Éducation de la jeunesse

 

Historique de la communauté

La Congrégation de Notre-Dame a été fondée par Marguerite Bourgeoys, de la ville de Troyes, en France, pour l'éducation de la jeunesse. L'inspiration et le modèle de Marguerite pour son oeuvre et pour toute sa vie, était Marie, la mère de Jésus, qui s'était déplacée pour porter le message de Dieu à sa cousine Élisabeth et qui était présente avec les autres disciples à la naissance de l'Église, au moment de la descente de l'Esprit Saint à la Pentecôte.

Arrivée à Montréal avec Maisonneuve en 1653, elle s'occupe tout d'abord d'assistance sociale tout en prêtant main forte à Jeanne-Mance. Elle ouvre la première école dans une étable en 1657, puis la congrégation externe pour les jeunes filles et les épouses. En 1659, elle va en France et revient avec quatre nouvelles recrues. Trois ans plus tard, elle reçoit "les filles du roi" dans une maison voisine de l'étable qui devient à la fois une petite école normale, une petite école ménagère et une agence matrimoniale.

Les religieuses reçoivent leur approbation et l'autorisation d'enseigner de Mgr de Laval, en1669 et celle du roi de France, Louis XIV en tant que "Filles séculières de la Congrégation de Notre-Dame". La même année, aidée des Sulpiciens, Marguerite ouvre la mission de la Montagne pour une quarantaine de jeunes Amérindiennes que les religieuses élèvent à la française.

En 1698, vingt-cinq d'entre elles prononcent leurs voeux et entreprennent d'instruire les enfants gratuitement. Leur croissance est remarquable: de 48 soeurs en 1700 à 457 en 1900 et de 3,144 élèves en 1860 à 11,446, en 1900, dans une trentaine de maisons dont celles de Saint-Roch de Québec, de Baie Saint-Paul, de Villa Maria à Montréal, de Bellevue à Québec, des Îles de la Madeleine et de l'École Normale de Montréal.

Depuis lors, les onze Écoles Normales tenues par la Congrégation au Québec ont formé des milliers d'enseignantes qui ont transmis leurs connaissances et leurs valeurs à un nombre incalculable de jeunes. L'expansion se pousuit toujours dans neuf pays sur quatre continents, au Canada, aux États-Unis, au Japon, en Amérique latine et en Afrique

Mais une oeuvre particulièrement significative marque aussi les débuts du 20e siècle à la Congrégation de Botre-Dame. C'est ainsi que la maison mère de la rue Sherbrooke fut le centre initial de l'enseignement supérieur à la Congrégation. C'est à cet endroit que, le 8 octobre 1908, s'inauguraient les cours sous la présidence d'honneur de Monsieur le Chanoine Gaspard Dauth, vice-recteur de l'Univeristé Laval de Montréal. L'école était affiliée à l'Université Laval qui devait contrôler les examens et conférer les grades universitaires. Les démarches pour obtenir cette affiliation avaient été effectuées par la maîtresse générale des études, Soeur Sainte-Euphrosyne. Cette initiative donnait naissance au premier collège féminin au Québec qui deviendra le Collège Marguerite Bourgeoys.

Vers 1913, Soeur Sainte-Anne-Marie forma le projet d'une École Normale Supérieure dont le but serait la formation plus complète des personnes vouées à l'enseignement et, par là même l'élévation du niveau des écoles dans la Province de Québec. En février 1924, fut passée "la loi 42e, 1ère session, 16e Législature, 14 George V", qui a nom Loi relative à l'établissement d'un Institut pédagogique à Montréal, loi qui fut sanctionnée par le lieutenant-gouverneur le 13 avril 1924. Le 8 octobre 1925, Mgr Georges Gauthier bénissait la pierre angulaire de l'Institut Pédagogique, situé sur le terrain de l'avenue Westmount, en présence de l'honorable Athanase David qui y prit la parole. Le Collège Marguerite-Bourgeoys fut abrité à l'Institut pédagogique à partir de l'été 1926.

Avec les transformations opérées dans le système d'éducation au Québec, l'Institut Pédagogique et le Collège Marguerite-Bourgeoys fermèrent leurs portes en 1985, pour faire place à une nouvelle maison mère et, depuis septembre 2007, à "Marianapolis", le collège anglais qui avait pris naissance dès 1908 avec l'École d'Enseignement supérieur.

www.cnd-m.com

Résumé de l'entrevue de Soeur Marcelle Corneille

Soeur Marcelle Corneille est née à Montréal d'un père belge, de Namur et d'une mère française du nord de la France. Elle fait ses études primaires à l'école Notre-Dame-de-Lourdes à Verdun, la Vierge l'ayant suivie jusqu'à la chapelle du même nom où elle prêtait ses services liturgiques, alors qu'elle enseignait à l'UQAM.

Son entrée à la C.N.D. vient d'un appel à la vie religieuse qui remonte à sa première communion. Il est renouvelé vers l'âge de 12 ans et se précise à la fin de ses études à l'École Normale, dans une retraite fermée où elle se sent appelée à la vie contemplative mais, comme il n'y a pas de place au Carmel à ce moment-là, elle en trouve une à la C.N.D., comme quoi le Seigneur dirige bien nos vies. Elle enseigne un an, après ses études, avant d'entrer l'année suivante à la C.N.D.

Soeur Corneille avait débuté l'étude du piano dès l'âge de cinq ans et avait poursuivi ces études jusqu'au lauréat, mais son rêve était d'enseigner dans une classe régulière. Contrecarrée une seconde fois dans ses rêves, elle reçoit, après sa retraite de profession, une nomination pour enseigner la musique, ce qu'elle fait pendant quatre ans au pensionnat de la Côte-Saint-Paul. Puis, de 1949 à 1976, elle enseigne à l'École Normale de musique de l'Institut pédagogique dont elle devient la directrice en 1957.

En plus d'enseigner au Baccalauréat en musique, on lui demande de créer un programme pour l'enseignement aux petits de l'École maternelle de l'Institut pédagogique. Pour ce faire, elle suit des cours "Orff" à Toronto. En même temps, elle reçoit un document sur le "Développement des Facultés musicales de l'enfant" de Maurice Martenot, qui lui servira pour cette tâche. Elle donne des cours et des ateliers sur ce programme à l'Institut Thomas Moore pendant dix ans ainsi qu'à Concordia et à l'occasion de divers congrès.

Lors du Rapport Parent, Soeur Marcelle rencontre Monsieur Georges Little, responsable de l'enseignement de la musique au Minisère de l'éducation, dont elle a trouvé la collaboration extraordinaire, et participe à tous les comités naissants au Ministère. C'est l'introduction de la musique au secteur public, d'abord par la radio scolaire avec l'émission hebdomadaire "Faisons de la musique". Elle organise des cours d'été sur les méthodes actives Orff, Martenot, Dalcroze, Kodaly et Corneloup avec des professeurs spécialisés. Suit l'introduction du modèle des écoles à vocation musicale qui offrent un programme mi-académique et mi-musical. Aujourd'hui, il existe des Harmonies dans des écoles secondaires qui remportent des médailles d'or.

En 1970, Soeur Marcelle est invitée à donner une conférence lors du congrès Kodaly, en Hongrie. Dans ce pays, la musique folklorique adaptée est incorporée dans les écoles. En 1965, elle se rend en France pour suivre une session sur la méthode Martenot et en Suisse, sur la méthode Dalcroze, car elle s'intéresse à tous les mouvements de pensée européens.

Même si des interprètes comme Chantal Juillet, Louis Lortie, et Gregory Charles sont passés par l'École normale de musique, Soeur Marcelle n'a jamais voulu sacrifier, pour l'interprétation, la formation première et continue destinée aux enseignants.

Avec Monsieur Little, du Ministère de l'Éducation, Soeur Corneille organise un programme de musicothérapie pour les élèves qui ont des problèmes d'apprentissage et met sur pied en 1974 un Baccalauréat en musique avec cette concentration de musicothérapie en milieu scolaire.

Alors que l'École Normale de musique est en pleine expansion à l'Institut pédagogique, le Rapport Rioux recommande son affiliation à l'UQAM en 1968. Un contrat de service est alors signé avec cette université en 1969: c'est l'introduction du module de musique pour la formation des maîtres dans la structure de la nouvelle université du Québec à Montréal.

Le 13 décembre 1980, suite à une demande de Doreen Hall, de Toronto, S. Marcelle pose les fondations du chapitre du Québec de l'Association nationale "Music for Children Carl Orff Canada Musique pour Enfants". À l'occasion du dixième anniversaire du Chapitre du Québec en 1990, le Conseil national "Carl Orff Canada" crée le "Fonds Marcelle Corneille" qui attribue, chaque année, une bourse permettant à un (e) étudiant (e) de suivre des cours sur la méthode Orff à quelque endroit que ce soit.

À travers toutes ces responsabilités et initiatives, assumées au jour le jour, Soeur Marcelle réussit à préserver sa vie de prière qu'elle considère fondamentale, tout en entretenant et en alimentant sa passion pour l'enseignement. Et les loisirs? Il semble que, pour Soeur Marcelle, son travail en est un. La maladie l'ayant visitée, mais sans conséquences graves, elle se consacre maintenant à deux projets d'écriture: celui de l'évolution de la pédagogie musicale au Québec de 1940 à 1976 et celui de l'histoire de l'École Normale de musique.

 


Résumé de l'entrevue de Soeur Gisèle Mathieu

Soeur Gisèle Mathieu est née à la Pointe-aux-Trembles et, comme sa grand-mère et sa mère, elle a été élève au Couvent de la Congrégation-de-Notre-Dame pour les cours primaire et secondaire, à titre de quart-pensionnaire d'abord, puis, pendant huit ans, à titre de pensionnaire, suite au déménagement de la famille dans la ville de Montréal où son père venait d'être choisi comme ingénieur civil. L'influence de la vie avec les religieuses a été très forte sur elle, et du point de vue intellectuel et du point de vue spirituel.

Très intéressée à poursuivre des études pour l'obtention du baccalauréat ès-arts, Soeur Gisèle s'est vue obligée d'entreprendre d'abord le cours dit Lettres-Sciences comme chemin préparatoire au baccalauréat. Elle s'inscrivit à l'Académie Saint-Urbain puis à l'Académie Saint-Paul, lieux d'étude tenus par des Soeurs de la Congrégation. C'est dans ce dernier endroit qu'elle a eu la chance de rencontrer une éducatrice remarquable en la personne de Soeur Sainte-Louise-des-Anges avec laquelle elle a discuté de ses ambitions intellectuelles et de ses projets de vie pour l'avenir. Déjà âgée de dix-uit ans, elle suivit le conseil de "sa mère Sainte-Louise" (ainsi qu'aimait l'appeler sa mère), et dut renoncer à s'inscrire au Collège Marguerite-Bourgeoys dont elle rêvait depuis si longtemps, pour entrer à la Congrégation, en janvier 1944, à l'âge de dix-neuf ans; elle fera profession deux ans plus tard.

Sitôt après la profession et en guise d'expérience professorale, elle débuta dans une école de Rosemont, responsable d'une classe de filles au niveau de la 10ème année. Courte et exigeante expérience de janvier à juin 1946! Dès le mois d'août de cette année, on la nommait au Pensionnat Sainte-Catherine pour prendre la responsabilité de la quatrième année Lettres-Sciences, pompeusement appelée "cours gradué", responsabilité assumée avec beaucoup d'intérêt et de bonheur de 1946 à 1949.

Puis vint la nomination au Collège de ses rêves pour l'enseignement aux étudiantes de Belles-Lettres, tout en poursuivant des études pour l'obtention du baccalauréat ès-arts et de la licence en Lettres classiques, à l'Université de Montréal. Les études et l'enseignement se croisèrent ainsi jusqu'en septembre 1962, année où les autorités lui permirent de s'inscrire à l'Université de Strasbourg et de travailler, sous la direction de Maurice Nédoncelle, pour l'obtention d'un doctorat du troisième cycle. Sa recherche portait sur l'oeuvre de Maurice Pradines, philosophe français.

De retour au collège, elle enseigne la philosophie et la littérature cotemporaine au niveau de Philosophie jusqu'en 1973. L'enseignement à des étudiantes d'une telle qualité humaine et intellectuelle lui reste comme un grand privilège.

Un appel particulier lui est offert par la Congrégation au cours de l'année 1973, celui d'aller enseigner la philosophie à Ebolowa, au Cameroun, en Afrique, où la Congrégation a déjà une oeuvre missionnaire. Tout en n'ayant pas d'attrait particulier pour cet engagement, Soeur Gisèle accepte de poser sa candidature auprès de l'Agence Canadienne de Développement International (ACDI). Par la suite, le projet Cameroun devant être retardé, et par ailleurs, l'ACDI étant intéressée à intégrer Soeur Gisèle dans un groupe de coopérants orientés vers l'École Normale Supérieure du Gabon, l'autorité communautaire accepte la collaboration à ce dernier projet fort intéressant. Deux années d'expériences nombreuses et enrichissantes.

Le rappel au pays a lieu, un peu tôt à son avis, mais comme il s'agit de son Collège Marguerite Bourgeoys, elle ne peut refuser d'assumer le poste de Directrice générale pour les six années suivantes qui seront les dernières de l'existence de cette oeuvre de la grande formatrice qu'a été Soeur Sainte-Anne-Marie.

Depuis 1985, la vie de Soeur Gisèle est faite d'engagements divers surtout à l'intérieur de la communauté: congrès CND, supériorat, collaboration à des comités et, depuis 1998, direction du bureau administratif de la CNDQ. À l'extérieur de la communauté, elle assume pendant deux ans la Direction du Centre hosapitalier intercommunautaire, à Laval-des-Rapides.

Soeur Gisèle n'est pas alarmée face à l'évolution de la société actuelle, face à la mentalité des jeunes et à la baisse de la pratique religieuse. La vie religieuse a également changé de forme. Alors qu'autrefois, les soeurs enseignantes étaient réunies au service de l'oeuvre d'éducation de la jeunesse, aujourd'hui elles collaborent de leur mieux et selon leurs compétences à des services apostoliques variés. L'essentiel que rien ne peut nous enlever, c'est la Foi en Celui qui nous habite et nous soutient toujours. Rien ne doit nous ébranler, si nous restons unies au Christ.

Résumé de l'entrevue de Soeur Patricia Landry

Soeur Patricia Landry est une Acadienne, née à Caraquet, petite ville baignée par la Baie des Chaleurs au nord-est du Nouveau-Brunswick. Elle a vécu une enfance heureuse dans une famille bilingue de six enfants. Son père était propriétaire d'une grande terre dont une partie était cultivée pour subvenir aux besoins de la famille; il possédait aussi une conserverie pour le homard. Toute petite, Patricia était fascinée par les gros contenants remplis de homards verts que les pêcheurs apportaient pour la cuisson qui les transformait en un rouge brillant. Elle était aussi captivée par le travail à la chaîne des employés qui préparaient ce succulent fruit de mer pour le marché. Sa mère était une enseignante compétente, recherchée, patiente et douce qui aimait les enfants. Les plus vieux des siens savaient lire et écrire avant de franchir la porte de la petite école.

Les études élémentaires de Patricia, commencées à Caraquet dans les deux langues, se poursuivirent à Chicago où elle avait une tante. De retour à Caraquet, elle termina ses études secondaires et se dirigea ensuite à Montréal où elle s'inscrivit à Notre Dame Secretarial School pour une année d'étude en secrétariat.

L'appel à la vie religieuse qui s'était manifesté chez elle dès sa tendre enfance la conduisit, en 1939, à la maison mère de la Congrégation de Notre-Dame. Après sa profession, elle fut envoyée par la Vierge de la Visitation à Victoriaville où on lui confia les classes d'élèves anglophones, l'enseignement de l'anglais dans les classes d'élèves francophones et les matières commerciales. Ensuite elle fut nommée en mission à Charlottetown puis à Ottawa mais ce fut au collège de secrétariat Notre-Dame qu'elle passa quarante ans, soit dans l'enseignement , soit à la direction. Cette école avait été fondée en 1907 par Sister Saint Catherine of the Rosary, à la Pointe-Saint-Charles pour venir en aide aux jeunes filles qui, après avoir terminé leur huitième année, n'avaient d'autre choix que d'aller travailler dans les usines.

Au début, lorsque Sister St. Catherine enseignait la dactylographie, la classe ne comptait que cinq élèves. En 1908, l'École d'Enseignement supérieur (la première du genre au Québec) fut créée à la maison mère. Elle accueillait les jeunes filles désirant poursuivre leurs études. En y ajoutant d'autres matières commerciales, on intégra la classe de la Pointe à ce nouveau programme, ce qui devenait la Section des Affaires. L'école était désormais connue sous le nom familier de "Mother House". Les finissantes étaient assurées de trouver un emploi. Avec les années, la compétence des professeurs et le programme d'enseignement étant reconnus, de nombreuses offres d'emploi venaient, non seulemenent de Montréal, mais aussi des autres grandes villes du Canada et des États-Unis.

À la suite du Rapport Parent, les Cegeps furent institutionnalisés. En 1969, il fut décidé d'intégrer au programme de secrétariat à Notre-Dame les mêmes matières obligatoires qui s'offraient dans les Cegeps: la littérature, "Humanities" (équivalent de la philosophie), les cours complémentaires et la concentration en secrétariat, le tout étalé sur deux ans. En 1973, après de multiples démarches auprès du Ministère de l'éducation, l'École fut reconnue de niveau collégial, jouissant des mêmes avantages que les autres collèges privés. En 1970, les classes de l'École, située dans l'ancienne maison mère, furent déménagées à la maison généralice et y demeurèrent jusqu'en 1996. Cette même année, deux professeures désireuses de continuer la tradition d'excellence du Collège, fondèrent leur propre collège sous le nom de "Collège Mother House". En 2005, elles durent déménager à la maison mère des Soeurs Grises où elles poursuivent toujours l'oeuvre d'éducation de Marguerite Bourgeoys.

Après quarante ans dans l'éducation, Soeur Patricia prit sa retraite. Comme elle avait toujours désiré être missionnaire, on lui offrit un séjour au Japon où elle passa quatre mois. Elle y serait demeurée à vie, mais elle fut sollicitée pour remplir le rôle de co-directrice d'un projet de la communauté: "Héritage en éducation", recherche sur l'oeuvre de la C.N.D. Elle se consacra à ce travail de 1987 à 1995, travail qu'elle trouva très intéressant, car il lui permit de renouer des liens avec plusieurs religieuses qu'elle avait connues.

Soeur Patricia dit sa reconnaissance à Dieu qui l'a appelée et à la communauté qui l'a accueillie lui permettant de réaliser son idéal de vie religieuse et d'éducatrice.

Résumé de l'entrevue de Soeur Madeleine Rochette

Soeur Madeleine Rochette est originaire de Saint-Augustin-de-Portneuf. Elle a vécu sur une ferme et a appris de ses parents, avec ses quatre soeurs, la valeur du travail bien fait et la confiance en la Providence.

Elle a fait toutes ses études à la Congrégation de Notre-Dame. Vers la fin du cours secondaire, elle a éprouvé "le goût d'explorer l'appel à la vie religieuse", attirée alors vers la vie contemplative, mais fut encouragée plutôt à poursuivre ses études, ce qu'elle fit à l'École Normale de Saint-Pascal. À l'occasion du feu qui ravagea les trois-quarts de l'édifice, elle put admirer le très grand dévouement et la très grande générosité des religieuses et décida alors de les suivre à la C.N.D., "dans une vie donnée pour l'éducation des jeunes."

Après sa profession, Soeur Madeleine enseigna au cours secondaire classique, puis fut nommée aux études pour l'obtention d'une licence en pédagogie. Elle retourna ensuite à son Alma Mater de Saint-Pascal pour la formation des maîtres et, de là, à l'École Normale de Montréal. Après avoir étudié à l'Université d'Ottawa, elle accepta d'y enseigner, les Écoles Normales ayant toutes été abolies. Elle dit avoir toujours été très heureuse dans ses diverses tâches et très heureuse également comme religieuse, dans toutes les maisons où elle a vécu. Soeur Madeleine est entrée en communauté peu avant les changements apportés par Vatican II et s'y est par conséquent facilement adaptée.

Elle a pu apprécier certains avantages du rapport Parent. Ce qu'elle déplore dans les changements apportés est le grand nombre d'élèves dans les classes, ce qui ne permet pas aux titulaires de les connaître individuellement. Elle ne préconise pas pour autant un retour en arrière, mais verrait un encadrement plus personnalisé.

Quel avenir entrevoit-elle pour la vie religieuse? Quelle espérance? Il ne faut pas s'attendre à de nombreuses entrées en communauté, même si la société a besoin du témoignage des personnes consacrées. Mais on voit la naissance de nouvelles communautés. Il s'agit pour nous de "les aider à accueillir notre expérience."

Des taches de leadership dans la communauté l'ont tenue éloignée des jeunes, sauf à l'occasion de quelques visites dans les institutions privées où elle a pu y constater leur évolution. Quelques-uns d'entre eux se questionnent; ils ont des engagements différents, ce que Soeur Madeleine a pu constater en les accompagnant aux J.M.J. où elle fut "frappée par la profondeur de leur quête spirituelle. Elle les encouragea à aller au-delà de cette semaine spéciale de rencontres et, depuis lors, le groupe se réunit régulièrement. Les jeunes demandent à être écoutés et à partager. Alors, "ouvrons nos portes". Si on croit au charisme de Marguerite Bourgoys, on ne peut pas dire que c'est fini. La communauté s'ouvre aux formes nouvelles de valeurs chrétiennes, entre autres auprès des plus démunis, à l'instar de Marguerite Bourgeoys qui a fondé sa communauté pour répondre à d'aussi grands besoins.

Résumé de l'entrevue de Soeur Louise Frigon

Soeur Louise Frigon est du pays de ses ancêtres, Batiscan, plus précisément, Sainte-Geneviève-de-Batiscan, le premier Frigon qui avait épousé "une fille du roi". Elle a vécu sur une ferme, la deuxième de cinq enfants, au milieu des poulets, des vaches, des chiens, des chats, etc., mais aussi des fleurs, des grands champs et d'une petite rivière qui lui ont fait découvrir un Dieu beau, bon et généreux. Dans cette maison, en 1941, sans électricité, sans eau courante, sans vêtements neufs, sans friandises, on travaillait beaucoup, dès l'âge de six ans, avec un père qui remerciait autant pour chaque petit service. Elle a appris Dieu par ses parents: Dieu devait avoir un coeur comme son père. À dix ans, elle découvrit Jésus à la lecture d'un petit évangile, un Jésus qui allait vers tout le monde.

Après ses études primaires, ses parents la placèrent au couvent de la C.N.C., à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Elle y découvrit des soeurs qui vivaient pauvrement. Après le secondaire, elle étudia à l'École Normale et obtint son premier contrat d'enseignement à Montréal avec la C.É.C.M. Elle enseigna durant sept ans, dont quatre à l'école de son village, entra à la C.N.D., à vingt-quatre ans, et prononça ses voeux en 1968.

À Sainte-Thérèse-de-Blainville, où elle reprit l'enseignement, elle vivait, avec six compagnes, dans un petit couvent, propriété de la Commission scolaire qui finit par le reprendre. Les religieuses durent alors se relocaliser et décidèrent de vivre à cinq dans deux 4 ½, voisines de tout le monde, où elles reçurent pendant quatre ans des étudiantes de Cégeps qui acceptaient de s'engager comme elles, en paroisse et auprès des familles.

Puis, la communauté lui confie le mandat de la formation des novices, à Montréal et le curé de la paroisse Sacré-Coeur, les invite à travailler dans son milieu. Elles trouvent un petit appartement, rue "Visitation", heureuses de se retrouver avec Marguerite Bourgeoys dans ce mystère.

Soeur Frigon vit maintenant chez une laïque qui l'accompagne dans son travail comme d'autres bénévoles, hommes et femmes q'elle aimerait compter plus tard parmi les Amis de Marguerite Bourgeoys. C'est là, dans ce Centre de jour, qu'elles reçoivent les enfants les plus à risque, au début, de 7 à 14 ans, et maintenant, de 5 à 10 ans, ainsi que des filles en difficulté, en étroite collaboration avec la police et les services sociaux dans ce milieu. "Elles font la rue", là où se font des échanges de drogue, pour rencontrer des prostituées et les enfants qui y traînent. C'est la "Petite Maison des Enfants Soleil", nom choisi par les enfants eux-mêmes

Ajouts hors entrevue:

«La Petite Maison des Enfants, que notre équipe a mise sur pieds, il y a 15 ans, est la continuité de mon expérience d'éducatrice de 30 ans d'enseignement, prolongée dans un des milieux les plus appauvris du Ville-Marie de Marguerite Bourgeoys.»

Philosophie de l'organisme:
. Maison d'accueil, d'accompagnement, de prévention pour des jeunes confrontés à des situations de marginalisation et d'exclusion.
. Accompagnement personnalisé dans des problématiques de violence, de non encadrement parental, de drogue, de pédophilie et autres.
. Des services éducatifs individualisés de prévention des gestes suicidaires, de fugue, de décrochage scolaire, de taxage et autres.
. Travail de rue aux moments stratégiques.

Fondements des pratiques d'intervention:
. La recherche des causes immédiates et éloignées qui influencent le mal-être des jeunes et de moyens pour opérer des transformations.
. Un climat "petite maison" pour favoriser l'appartenance et développer la sécurité affective, si nécessaire.

Clientèle:
. 53 enfants de 5 à 17 ans, en moyenne par année.
. Soutien alimentaire et éducation à l'alimentation: 3409 collations et 1170 repas par année.
. 38 familles rejointes et accompagnées chaque année; 3 familles d'accueil temporaire.



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