Champlain
Mgr de Laval
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Jean Talon
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Jeanne Mance
Mgr Lartigue
Montcalm

 

LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN

 

Témoignages

«Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu» (Jn 3,21)

 

Pères Dominicains
Rel. Hosp. de Saint-Joseph
Religieuses de Jésus-Marie
     
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Petites S. de l'Assomption
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Hosp. de St-Jean-de-Dieu
     
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Pères Eudistes
Srs de Saint-Joseph de S.V.
     
Srs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Religieux de Saint-Vincent
Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur
     
Congrégation de Sainte-Croix
Fr. des Écoles chrétiennes
Soeurs de la Providence


Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

 

Religieuses Hospitalières de l'Hôtel-Dieu
Fondateur
Témoignages religieux

 

Arrivée à Montréal

de Judith Moreau de Brésoles Catherine Macé
et Marie Maillet

en 1659

Administration de l'Hôtel-Dieu

en 1676

 

Soeurs

Yvonne de la Mirande

Nicole Cournoyer

Denise Lafond

Thérèse Payer

Ellen Davis

Nicole Gaudet

 

Soins hospitaliers
Jérôme Le Royer de
La Dauversière
 

 

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Historique de la communauté

Dans les années 1630, Jérôme Le Royer de La Dauversière, un père de famille, collecteur d'impôts de La Flèche en France, reçoit du Ciel deux mandats très exceptionnels : fonder à La Flèche un institut de Filles Hospitalières pour le service des pauvres malades et établir sur l'île de Montréal un centre de colonisation en vue de l'évangélisation des autochtones.

Jérôme, homme de foi agissante, accepte humblement de répondre à l'appel du Seigneur: "Travaille à mon Oeuvre".

En 1636, une dévouée collaboratrice de M. Le Royer, Marie de la Ferre, et son amie, Anne Foureau, se retirent à l'Hôtel-Dieu pour y consacrer leur vie aux soins des pauvres malades. Le 18 mai 1636 est considéré historiquement comme le début de la communauté des Filles Hospitalières de Saint-Joseph, fondée par Jérôme Le Royer et Marie de la Ferre.

Pendant ces années, Jérôme voit aussi à accomplir son deuxième mandat. Le Seigneur met sur sa route Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance qui fondent Ville-Marie en 1642. Grâce au soutien financier de Mme Claude de Bullion, la "bienfaitrice inconnue", Mlle Mance y fait construire un petit Hôtel-Dieu. Elle est la première infirmière laïque au Canada.

En 1659, trois Filles Hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche arrivent à Montréal pour aider Jeanne Mance auprès des malades. Après la mort de Jeanne Mance en 1673, les Sulpiciens administrent l'Hôtel-Dieu et les religieuses en prendront la direction en 1676.

Cette fascinante "aventure de foi et d'amour" commencée au 17e siècle se prolonge encore dans le temps et l'espace. Aujourd'hui, en 2005, six religieuses témoignent de leur vécu dans cette communauté au service des malades, des pauvres et des plus démunis. Ce sont les Soeurs Yvonne de la Mirande, Nicole Cournoyer, Denise Lafond, Thérèse Payer, Ellen Davis et Nicole Gaudet.

Résumé de l'entrevue de Soeur Yvonne de la Mirande

Intrigué par le nom à particule de Soeur Yvonne de la Mirande, l'intervieweur le lui manifeste, mais la religeuse lui répond tout simplement que ses ancêtres étaient originaires d'Angoulême, en France.

Religieuse Hospitalière de Saint-Joseph, Soeur Yvonne l'était déjà dans son coeur depuis l'âge de huit ans, lors d'une visite dans un hôpital où la vue des malades l'avait émue. Pourtant les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception avaient fait impression sur elle quand elles étaient venues parler des «petits Chinois». Lors d'une retraite de trois jours, à l'âge de 17 ans, elle fit part de son désir au prédicateur, mais il ne l'encouragea pas, la trouvant trop jeune.

Elle entreprit cependant son cours à l'École des infirmières de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Ce fut seulement à la lecture de «l'Imitation de Jésus-Christ» en avril 1947, où il est dit qu'il faut «être fidèle à la grâce qui passe» qu'elle eut la confirmation de l'appel et, le 31 mai de la même année, elle faisait son entrée chez les Hospitalières où elle prononça ses premiers voeux en 1949. Quant à la vie missionnaire dans cette même communauté, elle attendrait la manifestation de la volonté de Dieu. Cela se produisit non pas en terre lointaine mais ici même, au Québec, à Hauterive, où Soeur de la Mirande fut envoyée en mission en 1954, dans l'hôpital, fondé en 1950. Pour cause de maladie, elle dut démissionner en 1972.

Elle ira un mois en convalescence à Wabaska, en Alberta. Devenue directrice de l'Hôtel-Dieu de Hauterive, alors qu'elle priait pour les jeunes à la suite d'un rapport de tentatives de suicides, elle entendit l'appel: «Va les aider». L'abbé Cyr confirmait cet appel et sa communauté l'autorisait à fonder ce qui devint «Point de rencontre». Après une rencontre avec le pasteur Gordon Winch et un contact avec Tel-Aide, elle obtint que l'accueil fût installé dans un bâtiment de la Commission scolaire. C'est là qu'elle rencontra, entre autres, un garçon qui avait commis un meurtre, à qui elle parla et avec lequel elle allait prier à Hauterive. De nouveau malade, elle fut remplacée en 1981 et nommée à Arthabaska comme supérieure en 1984, mais revint à "Point de rencontre" comme directrice et supérieure de 1986 à 1992.

Quand vint le Concile Vatican II et les changements opérés dans les communautés, après un an de réflexion, elle décida de garder le costune traditionnel et s'en trouve bien, parce qu'elle considère encore toujours important de s'identifier à Celui qu'elle a choisi de servir.

Résumé de l'entrevue de Soeur Nicole Gaudet

Soeur Nicole Gaudet est née à Saint-Donat dans les Laurentides. Selon elle, Saint-Donat est«la huitième merveille du monde» . Nicole est la plus jeune d'une famille de quatorze enfants. À sa naissance, ses parents laissèrent la ferme et, sur le site, construisirent des chalets et un restaurant : le tourisme se faisant de plus en plus source de revenus. Par la suite, la maison familiale fut transformée en petit hôtel avec salle à manger.

Elle fit ses études primaires à Saint-Donat et secondaires à Sainte-Agathe-des-Monts. Très jeune, elle savait qu'elle serait religieuse. Elle connaissait les Soeurs de Sainte-Croix et les Soeurs de la Sagesse auprès desquelles elle avait étudié, mais ne se voyait pas dans l'enseignement, ayant perdu, un certain jour, le contrôle d'une classe d'élèves dont on lui avait confié la garde. Elle se sentait plutôt attirée vers les relations interpersonnelles auprès des gens qui ont besoin d'être écoutés; elle avait le sens de la personne y compris de la personne malade. Elle décida donc de se consacrer aux soins des malades et choisit l'Hôtel-Dieu qui était très renommé. Habituée à vivre dans une grande maison, elle trouva difficile d'en faire le deuil et de renoncer à jamais à en posséder une.

Elle entra donc chez les Religieuses Hospitalières de l'Hôtel-Dieu et, après une année de postulat et de noviciat et une année doctrinale de théologie, elle suivit le cours d'infirmière au Cégep du Vieux Montréal durant trois ans. Soeur Nicole travailla à l'hôpital qu'elle quitta en juillet 1997.

Comme elle avait déjà vécu une expérience de coopérative d'habitations pendant dix ans où il avait fallu rénover des logements, Soeur Nicole accepta de se consacrer, avec une équipe, à la rénovation d'une maison de quatre étages qui devait accueillir les parents des personnes malades. Elle s'était entendue avec l'architecte pour en faire un lieu de paix, de beauté et de liberté. C'est dans ce lieu que, depuis six ans, elle fait «profession de compassion» auprès des familles qui vivent parfois des moments très difficiles auprès de leurs malades.

Au cours de ses diverses expériences, elle avait connu la syndicalisation dans les hôpitaux et s'était sentie solidaire des infirmières car, «avant d'être religieuse, elle était Nicole Gaudet». Dans une expérience de tutorat, ce qu'elle avait voulu transmettre aux jeunes était le sens de la personne, le sens des malades, par sa façon personnelle d'être, en étant tout simplement «témoin». Elle avait aussi eu l'occasion d'exploiter un certain talent artistique durant ses loisirs. En somme, Soeur Gaudet est la preuve vivante «qu'on peut s'épanouir dans la vie religieuse», tout en servant son prochain.

Résumé de l'entrevue de Soeur Denise Lafond

Soeur Denise Lafond n'a pas eu d'autre nom en communauté que le sien propre. Déjà, sa tante portait son propre nom de Germaine Lafond et Soeur Denise n'a pas eu de difficulté à garder le sien. Son père possédait une ferme à Sainte-Scolastique et son frère dut subir l'expropriation pour la construction de l'aéroport Mirabel. D'une famille de trois enfants dont elle était l'aînée, Soeur Denise dut en assumer la responsabilité à dix-huit ans quand sa mère, canadienne-anglaise de Thunder Bay, décéda, après cinq années de maladie. Elle fit ses études à Sainte-Scolastique chez les Soeurs de Sainte-Croix.

Tout en ne se sentant pas particulièrement attirée par le soin des malades, elle entra quand même chez les Hospitalières de Saint-Joseph où elle entreprit le cours d'infirmière en 1960, en se disant qu'elle pourrait éventuellement «faire autre chose». Elle y avait donc une tante, mais c'est surtout la personnalité du fondateur, M. de La Dauversière, qui l'avait attirée. Elle n'a cependant pas regretté ce choix, car elle se rendit vite compte qu'elle était dans son élément.

Soeur Lafond accepta d'importantes responsabilités dans sa communauté, comme celle de supérieure provinciale pendant un an, puis de supérieure générale pendant douze ans, de supérieure locale pendant six ans et maintenant celle d'économe locale.

Tout comme les couvents et les collèges, les premiers hôpitaux, au Québec, furent fondés par des communautés. Des Soeurs Hospitalières de Saint-Joseph, les premières arrivées à Montréal, en 1659, on retient, entre autres, le nom de Soeur Marie Morin, première historienne de la colonie. Aujourd'hui, la relève des religieuses est moins grande et vient particulièrement du Pérou, du Mexique et de la République Dominicaine. Cependant, les associé (e)s qui se reconnaissent en Jérôme Le Royer de La Dauversière sont une richesse pour la communauté.

Les modifications apportées par le concile Vatican II ont été bien reçues par les religieuses. D'ailleurs ces changements faisaient déjà partie du charisme de leur fondateur, Monsieur Le Royer, qui ne voulait pas que ses soeurs soient cloîtrées. Malgré tout, autrefois comme religieuses, elles l'étaient. Cependant, il ne faut pas nier cet aspect des origines qui fait partie de leur héritage. Quant à Soeur Lafond, qui avait été présidente diocésaine des J.A.C. et J.R.C. de Saint-Jérôme et n'associait pas la vie apostolique à la vie cloîtrée, le retour au costume contemporain n'a pas été difficile, car il rend plus facile également l'accueil inconditionnel de toutes les personnes. D'ailleurs leur maison mère est une maison d'accueil, entre autres, pour leurs jeunes soeurs des communautés de l'Amérique latine qui y viennent étudier et leur chapelle est ouverte aux malades de l'Hôtel-Dieu.

Le souhait que Soeur Lafond formule est de garder l'espérance, de ne pas avoir peur d'affronter les changements avec foi; c'est le legs de Marie de La Ferre, de Jeanne Mance et de leur fondateur qui s'était ainsi lancé dans ce qui était une «folle entreprise». « À travers vents et marées Dieu est là.»

Résumé de l'entrevue de Soeur Thérèse Payer

Le nom "Payer" est d'origine allemande. L'ancêtre faisait partie des mercenaires, alliés de l'Angleterre, venus défendre le Canada contre l'invasion américaine, en 1775. Plusieurs d'entre eux se sont établis au Québec et ont épousé des Canadiennes-françaises.

Soeur Thérèse Payer a grandi à Warwick dans les Cantons de l'Est, et fait ses études chez les Soeurs de l'Assomption de la Sainte Vierge au couvent de l'endroit. Dès ses jeunes années, elle s'est tournée vers les autres dans les mouvements d'action catholique: la J.E.C. et la J.O.C. dont elle fut dirigeante diocésaine. Elle fit une expérience dans l'enseignement, mais la rencontre avec les Hospitalières lors du séjour de son père à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska l'interpella et l'attira vers le soin des malades. L'appel était persistant! Aussi, elle entra chez les Hospitalières de Saint-Joseph d'Arthabaska, où elle fit son postulat et une partie de son noviciat qu'elle poursuivit à Montréal. Après sa profession religieuse, elle complèta sa formation de trois ans à l'École des infirmières de l'Hôtel-Dieu de Montréal où, après sa graduation, elle fut nommée professeure.

Durant neuf ans, elle participa à la formation des étudiantes infirmières leur enseignant à soigner les malades avec compétence, tendresse et compassion selon l'esprit des Hospitalières. La pratique se faisait dans les salles de dix à douze malades où se créait un esprit de famille. En 1970, lors de sa fermeture, l'École avait formé 3,000 infirmières et vingt-quatre infirmiers.

Soeur Thérèse est demeurée à l'Hôtel-Dieu jusqu'en 1973. Durant les huit années où elle occupa le poste de directrice du service des soins infirmiers, elle connut l'implantation des syndicats et six grèves qui furent des moments plus difficiles à vivre. Elle a toujours été heureuse de servir les malades et s'est facilement adaptée aux situations nouvelles telles les modifications apportées par le Concile. La largeur de vue de sa communauté l'a toujours aidée et ses relations avec les malades, hommes et femmes, lui ont permis de rester proche des problèmes de la vie de telle sorte que l'évolution se fit en douceur.

Une autre façon qu'a Soeur Thérèse de rejoindre les gens aujourd'hui se fait a l'intérieur du Musée des Hospitalières créé en 1992 et dont elle fut l'une des fondatrices. L'histoire qui y est présentée rejoint les jeunes des niveaux : scolaire, collégial et universitaire. Les personnages historiques que l'on rencontre au Musée sont des modèles. Ils ont persévéré dans la mission confiée et invitent les jeunes à vaincre la peur de la durée dans l'engagement.


Résumé de l'entrevue de Soeur Nicole Cournoyer

Soeur Nicole Cournoyer est née à Sainte-Anne de Sorel, l'aînée de cinq enfants dont le père était plombier et la mère, "femme au foyer". Soeur Nicole se rappelle une enfance heureuse à la campagne, entourée d'animaux de la ferme: cheval, vache, poules, canards, en plus du chien et du chat. Elle fit ses études chez les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame jusqu'à la 11e année commerciale. C'est durant cette dernière année qu'elle sentit l'appel à la vie religieuse.

Quand elle était plus jeune, la famille demeurait près de l'hôpital de Sorel où elle avait vu des religieuses qui patinaient et qui avaient l'air d'être heureuses; cela lui avait beaucoup plu. La visite des Soeurs de l'Immaculée-Conception à l'école avait fait vibrer la corde missionnaire en elle, mais pour le moment, son premier choix était la communauté des Religieuses Hospitalières car, elle ne se sentait pas attirée par l'enseignement.

Soeur Nicole rencontra donc la supérieure de l'Hôtel-Dieu de Sorel qui la dirigea à l'Hôtel-Dieu de Montréal. Une visite de l'hôpital, accompagnée d'une jeune religieuse pleine de vie et toute souriante, l'a remplie de joie, c'est le genre de vie qu'elle choisirait dans cette communauté de religieuses dédiées aux soins des malades. Elle y est depuis plus de quarante ans, s'étant, dès le début, bien adaptée et, tout au long de ces années, épanouie dans le partage d'une vie communautaire et fraternelle. Cette capacité d'adaptation lui permit de bien vivre les changements apportés par le Concile.

Son désir missionnaire exprimé en 1961 ne se réalisa qu'en 1976 au Dahomey, devenu depuis la République du Bénin. Sa première impression dans cet hôpital d'État délabré, aux odeurs nauséabondes, fut très négative. Le Seigneur ayant exaucé sa prière, la deuxième journée fut différente. Elle y travailla trois ans puis fut dirigée vers un dispensaire de la brousse où elle s'occupa des malades et des femmes enceintes, jusqu'à son retour au pays en 1984. Durant son séjour en Afrique, elle avait trouvé les gens accueillants et tout en étant souvent malade, elle avait beaucoup aimé son travail, elle avait le langage du coeur qui ne trompe jamais. Elle avait également pu profiter de la mer certains jours de congé et partager, dans la convivialité, des repas avec des Canadiens de l'ACDI.

Sa vie fut un long chant d'action de grâces pour les occasions qui lui étaient offertes de prodiguer ses soins à des personnes en grandes difficultés, malades du sida ou handicapées auprès desquelles elle se sentait bien. Son modèle avait toujours été le Jésus de l'Évangile "qui passait en faisant le bien."

Résumé de l'entrevue de Soeur Ellen Davis


Soeur Ellen Davis est une Américaine de Biddeford dans le Maine, entrée chez les Hospitalières de Saint-Joseph en 1944. Soeur Ellen était venue, un jour, à Montréal accompagner une amie et en avait profité pour visiter l'Hôtel-Dieu, car elle était attirée par le soin des malades. Elle visita également la chapelle où elle se sentit très bien et le cloître où elle fut déçue de ne voir qu'une grille, les religieuses étant alors cloîtrées.

À la suite de cette visite, elle reçut un formulaire de demande d'admission. Elle avait déjà quitté un emploi pour s'occuper de la maison après le décès de sa mère et ne se sentait pas à l'aise de partir. Généreux, son père ne voulant pas lui faire sacrifier sa vocation proposa qu'une autre de ses filles remplace Soeur Ellen qui n'eut plus de scrupule après avoir consulté un ami Oblat de Marie-Immaculée.

Son admiration pour Florence Nightingale qui soignait les soldats durant la guerre la poussait à choisir une communauté dont c'était le charisme. Elle entra donc à Montréal chez les Hospitalières de I'Hôtel-Dieu et, après sa profession religieuse, s'inscrivit à l'École des d'infirmières de l'Hôtel-Dieu dans le but de soigner les malades, mais après ses études et durant quarante ans, elle fut affectée à l'administration. Tout d'abord et pendant douze ans à la procure de l'hôpital qui comptait alors 750 malades, puis à Hauterive (aujourd'hui Baie-Comeau) comme administratrice de l'hôpital et supérieure de la communauté. Ses supérieures lui faisant confiance lui demandèrent d'occuper le poste d'économe générale de la Congrégation en 1967, puis l'année suivante elle fut nommée Trésorière générale jusqu'en 1990. Elle acceptait sachant bien qu'indirectement elle était au service des malades et de sa communauté. Soeur Ellen trouva de plus dans la communauté de nombreux avantages spirituels tels que les retraites, les lectures, la liturgie, la vie communautaire que la vie dans le monde ne pouvait lui offrir.

Concernant ses loisirs, Soeur Ellen dit aimer beaucoup la nature, et le fait de circuler dans le jardin lui procure de la joie, y voyant l'oeuvre de Dieu. Par ailleurs, les récréations, et les fêtes communautaires font partie de ses loisirs, de même que la visite de leurs maisons, alors qu'elle était au généralat et ce, durant vingt-deux ans, où elle était émerveillée du travail de ses compagnes.

Les changements apportés par le Concile se vécurent très bien. En 1961, la Loi d'Assurance-hospitalisation du Québec amèna de grands changements dans l'administration des hôpitaux et des avantages pour les pauvres qui ne pouvaient facilement se faire soigner, selon soeur Ellen. Il est vrai toutefois que la communauté conservait toujours des salles pour eux et n'en refusait aucun et que, de par leur contrat, les médecins s'engageaient à les soigner gratuitement. Par ailleurs, la ville accordait un petit "per diem" pour eux, durant une certaine période.

Comment Soeur Ellen voit-elle l'avenir? Les besoins sont grands et les religieuses qui n'ont jamais été très nombreuses, le sont encore moins maintenant, mais elle demeure confiante que Dieu y pourvoira.