Champlain
Mgr de Laval
Frontenac
Jean Talon
Maisonneuve
Vaudreuil
Jeanne Mance
Mgr Lartigue
Montcalm

 

LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN

 

 

H O M M A G E S


Ambroise Lafortune, ptre

Georges-Henri Lévesque, O.P
Paul Gérin-Lajoie
Benoît Lacroix, OP.
 

Certaines personnalités remarquablement douées
ont marqué notre époque et notre histoire,
rayonnant non seulement ici, sur notre propre sol,
mais également au-delà de nos frontières.

La Fondation du Patrimoine laurentien a donc voulu rendre hommage à leur humanisme, à leur vision et à leur dynamisme, dans la réalisation d'une oeuvre aux aspects aussi multiples que notablement féconds.

Les hommages de la Fondation
prennent la forme de différentes réalisations:


 

HOMMAGE

AU PÈRE

GEORGES-HENRI LÉVESQUE, O.P.

 

o Monument

La Fondation, en collaboration avec le Comité Georges-Henri Lévesque et l'Université Laval, a procédé à l'érection sur le campus de celle-ci, d'un monument en l'honneur du Père Lévesque.


o Restauration

Elle a aussi contribué à la restauration du piano à queue en bois de rose du XIXe siècle
qui appartenait au Père Lévesque, et à sa réinstallation au Manoir Montmorency.


o Rue Père-Lévesque

En collaboration avec l'arrondissement de Beauport de la Ville de Québec, la Fondation soulignait en juin 2007, une nouvelle désignation de rue, celle de Père-Lévesque, située à proximité de la Maison Montmorency qu'il avait fondée.

Présents à l'inauguration:

Hubert Laforge, président de la Fondation et ses collègues Pierre F. Côté, Pierre Valcour, Jean Lefebre, Serge Morin accompagnés de leur épouse, Madeleine Lavallée, cnd, André Letendre, président de l'arrondissement, François Blais, de l'Université Laval, accompagné de professeurs, Sylvie Montreuil, René Boulard, Vincent Lemieux, Michel Pléchaty, Jean-Yves Lortie et des religieuses dominicaines.


o Publication: La liberté aussi vient de Dieu,

En collaboration,
sous la direction de Pierre Valcour et de François Beaudin,
recueil de témoignages sur le Père Georges-Henri Lévesque, O.P.
Québec, Les presses de l'Université Laval, 2002, 112 pages

Témoignages

Pierre Gravel, Doris Lussier, Maurice Lamontagne, Bernard Lambert, o.p., Jean-Paul Montminy, Hubert Laforge, Claude Pichette, Marc-Adélard Tremblay, Vincent Lemieux, Claude Morin, Yves Martin, Eugène Bussière, Marcellin Tremblay, Pierre-F. Côté, c.r., Marc-Aurèle Thibault, Cyrille Felteau, Pierre Tremblay, o.c., Dr Venant Ntabomvura, Jean-Claude Desmarais, Louise Gagné, Dominicains de la Trinité, Marius Dion, Jean-Paul Desbiens, f.m.s., Robert R. Fowler, Jean-Louis Roux, c.c., Benoît Lacroix, o.p., Serge-G. Morin, Roger Blais, o.c., Louis Sabourin, Pierre Dansereau, Louis-J. Robichaud, Paul-Gérin Lajoie, Claude Ryan, Gilles Rémillard, Gilles Tittley, Jean-Paul Lallier, Marc Lalonde,c.p.,o.c.,c.r., Rosario Tremblay, Jacques Lacoursière, Pierre Valcour, Jean Pelletier, Rolland Guay, Richard Verreau. Éloge funèbre: Benoît Lacroix, o.p.

 

HOMMAGE

AU PÈRE

AMBROISE LAFORTUNE

 

o Bibliothèque du Père Ambroise Lafortune

Une subvention de 50,000,00$ a été accordée par la Fondation à la bibliothèque du Père Ambroise,
située au 2093, rue de la Visitation, dans le centre-sud de Montréal,
au bénéfice des jeunes du quartier.

 

 

  • La bibliothèque du Père Ambroise est ouverte depuis septembre 2002. On y consacre beaucoup d'attention aux jeunes et on a su en rendre le local attrayant. Le nom de cette bibliothèque publique est en hommage au Père Ambroise qui a beaucoup écrit, beaucoup communiqué et consacré une grande partie de sa vie à la jeunesse. Les jeunes mais aussi les adultes ont un choix d'environ 12,000 livres dont certains, de l'ancienne bibliothèque, ont été conservés pour leur bon état et leur utilité.
  • La bibliothèque est fréquentée en grande majorité par les jeunes de six à douze ans qui viennent après la classe pour être aidés dans leurs devoirs. Leur nombre d'environ 25 a maintenant presque doublé, grâce au bouche à oreilles, car la bibliothèque ne possède pas de budget publicitaire.

 

 

 

o Publication: Ambroise tout court,

En collaboration, sous la direction de Pierre Valcour,
Sillery, Québec, Éd. Septentrion, 1999, 252 pages

 

 
Comment écrire sur Ambroise, cet éternel scout?

Qui peut raconter la vie d'un être si compliqué mais également si simple? Une vie qui a touché à tout ce qui est humain et humour...à tout ce qui est amitié et amour...

Quelques amis parmi plusieurs racontent, qui, un souvenir, qui, une rencontre, qui, une découverte...

Cet ouvrage a été réalisé par la Fondation du Patrimoine Laurentien.

 

HOMMAGE

AU PÈRE

BENOÎT LACROIX, O.P.

 

 

 

Un hommage fut rendu au Père Benoît Lacroix,

à l'occasion de son quatre-vingt-dixième anniversaire de naissance,
lors de l'assemblée générale de la Fondation, tenue le 6 juin 2005,

pour souligner ses nombreuses réalisations
comme théologien, comme religieux,
comme personne possédant une vision ouverte
sur les besoins de la société et
sur une présence d'Église répondant à ces besoins.

 

 


HOMMAGE À MONSIEUR PAUL GÉRIN-LAJOIE,

Premier titulaire du poste de
ministre de l'Éducation du Québec (1964-1966)

nommé ministre honoraire de l'Éducation,
les 17 et 18 novembre 2004,
à l'occasion de cet hommage

 

o Ministre de l'Éducation


o Fondation Paul-Gérin-Lajoie


o Assemblée nationale


o Manoir Montmorency-Discours

 

o Premier titulaire du poste de
ministre de l'Éducation du Québec (1964-1966)

En qualité de ministre de l'Éducation, monsieur Paul Gérin-Lajoie fut responsable de la grande réforme du système d'éducation au Québec au cours des années 1960-1966. Il a été notamment responsable de la formation de la Commission royale d'enquête Parent sur l'éducation, de la loi 60, de la création du premier ministère de l'Éducation au Québec et de l'Opération 65 qui amena la création d'écoles secondaires régionales à travers le territoire du Québec.

Monsieur Gérin-Lajoie a encouragé la coopération internationale du Québec dans les domaines de l'éducation et de la culture. Initiateur et signataire des premiers accords de coopération entre le Québec et la France, il contribua au développement de liens durables avec plusieurs pays francophones en Afrique et en Europe.

Monsieur Paul Gérin-Lajoie a, en outre, stimulé la participation active des enseignants québécois aux programmes canadiens de développement international. Il a agi également comme président de la Conférence du Commonwealth sur l'éducation, en 1964 et a été, dès 1961, l'un des pionniers du concept de la Francophonie. (source : Nicole Blouin)

o Fondation Paul-Gérin-Lajoie

La Fondation Paul-Gérin-Lajoie constituée en 1977 s'est imposée, depuis sa création, à la communauté francophone internationale comme une organisation non gouvernementale d'avant-garde dans le domaine de la coopération avec les pays du Tiers-Monde pour le développement de l'éducation de base (l'éducation primaire). En dix ans, plusieurs dizaines de milliers d'enfants en Afrique et en Haïti ont poursuivi leurs études primaires dans des écoles ainsi soutenues par la Fondation Paul-Gérin-Lajoie.

La Fondation Paul-Gérin-Lajoie vise la valorisation des ressources humaines locales. Les intervenants canadiens, qui agissent à titre de conseillers et d'animateurs, établissent un véritable partenariat avec les milieux scolaires d'Haïti, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Burkina Faso et du Bénin.

Au Canada, la Fondation a poursuivi un objectif parallèle et interrelié: celui d'aider les enfants des écoles primaires à s'ouvrir aux réalités internationales, à améliorer la maîtrise de la langue française et à s'initier aux valeurs du partage et de l'échange avec les enfants des milieux les plus démunis du monde. La dictée P.G.L. qui mobilise des centaines de milliers d'écoliers, d'enseignants et de parents d'élèves et qui jouit d'une grande notoriété dans les écoles du Québec et de l'ensemble du Canada, est une initiative que l'on doit à monsieur Paul Gérin-Lajoie.

(source: Nicole Blouin)

o À l'Assemblée nationale, le mercredi, 17 novembre 2004

15 heures:

. Présentation et adoption d'une motion conjointe en reconnaissance à monsieur Paul Gérin-Lajoie, premier titulaire du poste de ministre de l'Éducation, de 1964 à 1966.
. Intervention du ministre de l'Éducation, monsieur Pierre Reid
. Intervention du chef de l'opposition officielle, monsieur Bernard Landry
. Intervention de la députée de Lotbinière.

16 heures:

Cérémonie en hommage à monsieur Paul Gérin-Lajoie, premier titulaire du poste de ministre de l'Éducation de 1964 à 1966, sous la présidence du vice-président de l'Assemblée nationale, monsieur William Cusano, au salon de la présidence.

. Allocution du vice-président de l'Assemblée nationale, Monsieur William Cusano
. Signature du livre d'or et photographies officielles
. Allocution du président de la Fondation du Patrimoine laurentien, monsieur Pierre F. Côté

. Allocution de monsieur Paul Gérin-Lajoie, premier titulaire du poste de ministre de l'Éducation, de 1964 à 1966


o Au Manoir Montmorency, le 17 novembre 2004


19 heures :

o Mot de monsieur Pierre F. Côté

o Mot de Mgr Couture

o Mot du Ministre de l'Éducation, monsieur Pierre Reid

o Mot du chef de l'opposition officielle, monsieur Bernard Landry

o Mot de Sœur Guylaine Roquet, C.S.C.

o Dicours de Paul Gérin-Lajoie, ministre-honoraire de l'Éducation, nov. 2004

 

o Résumé du discours de Monsieur Pierre F. Côté, c.r.
président de la Fondation du Patrimoine laurentien

Monsieur Côté, président de la Fondation qui se consacre à la sauvegarde de la mémoire de personnalités et d'institutions ayant marqué l'histoire récente du Québec, rappelle le but de cette rencontre-hommage à Monsieur Paul Gérin-Lajoie qui est de souligner l'anniversaire de la création, il y a quarante ans, du Ministère de l'Éducation grâce auquel «le Québec dispose aujourd'hui d'un réseau d'enseignement et de recherche relativement complet, dont la qualité se compare à celle des pays les plus avancés.»

Il poursuit: «Notre présence ici est l'occasion d'exprimer notre gratitude et aussi de poursuivre nos réflexions sur la mission fondamentale mais jamais complètement réalisée qu'est celle de l'éducation.» Monsieur Côté annonce le projet de la Fondation de mettre sur pied les «Conférences Georges-Henri-Lévesque» en collaboration avec l'Université Laval et compte sur celle du gouvernement.

Il rappelle également que l'hommage à Monsieur Paul Gérin-Lajoie a pris la forme d'un décret signé par le Premier ministre, l'instituant ministre honoraire de l'Éducation pour ces deux journées, dont celle-ci et celle de la veille, à l'Assemblée nationale et à l'Université Laval. Il remercie toutes les personnes qui ont collaboré à leur mise en place, particulièrement le personnel du ministère de l'Éducation


o Résumé du discours de Monseigneur Maurice Couture

Monseigneur Couture rapelle la formation, par la Fédération des collèges classiques, du comité dont l'objectif était leur orientation face à l'instauration des cégeps. Réuni à l'été 1966, le comité présentait son rapport en septembre.

Monseigneur souligne que l'Église a dû s'adapter au Rapport Parent présidé par le vice-recteur de l'Université Laval, mais que, contrairement aux manifestations qui avaient eu lieu en France pour protester contre la politique du gouvernement à l'endroit des instituions privées, il y eut, au Québec, collaboration entre l'Église et le gouvernement. On avait compris de part et d'autre «que l'avenir de l'éducation demandait des renoncements de notre part, un respect aussi pour ce qui avait été réalisé.»


o Extraits du discours de Monsieur Pierre Reid,
ministre de l'éducation


«Il nous apparaît aujourd'hui naturel que l'école soit gratuite et à la portée de tous, que les commissions scolaires, les cégeps et les universités soient accessibles à tous les ordres d'enseignement dans toutes nos régions et qu'il y ait un ministère pour chapeauter toutes nos actions en éducation. Pourtant, il y a quarante ans à peine (…) tout cela n'était que des rêves. Monsieur Gérin-Lajoie, vous avez eu la volonté et l'intelligence de transformer les rêves de toute une société en une réalité vivante.»

« Pendant près de trois mois, vous avez parcouru le Québec de long en large pour répondre à une question simple : 'Pourquoi le Bill 60?' Et vous avez réussi, par la force de vos arguments, à faire tomber une à une les réticences. Pour ces raisons, l'opération "55" est un de vos faits d'armes. Elle a permis de compléter la création de 55 commissions scolaires régionales catholiques et de neuf commissions scolaires protestantes.»

«La création du Ministère de l'Éducation et, par la suite, celle des commissions scolaires régionales, du réseau d'enseignement collégial et de l'Université du Québec, sont autant d'outils qui ont permis de doter notre société d'un système d'éducation moderne où chacun peut poursuivre ses études jusqu'au niveau d'études qui correspond à ses capacités, à ses goûts, à ses aptitudes. Cet héritage est un bien précieux pour le Québec et il est du devoir du gouvernement actuel et de son ministre de l'Éducation, de préserver cet héritage.»

«Il y a plus de quarante ans maintenant, Monsieur le Ministre honoraire, vous étiez convaincu que l'éducation ne devait plus être réservée à une minorité privilégiée et qu'elle devait devenir un instrument pour assurer l'égalité des chances au Québec. L'honneur qui vous échoit est pleinement mérité et c'est avec beaucoup de fierté que je partage aujourd'hui avec vous le titre de ministre de l'éducation. Merci!»

o Résumé et extraits du discours de Monsieur Bernard Landry,
chef de l'Opposition officielle


«Pour que le chef de l'Opposition rende un hommage enthousiaste, sans réserve et complet au ministre, il faut qu'il soit honoraire. (…) Paul Gérin-Lajoie est un des hommes les plus importants de l'histoire du Québec.»

«Il a changé le cours de cette histoire et l'on pourrait le dire, même de façon rigoureuse, à la lumière des analyses de l'École historique de Montréal des auteurs Séguin et Brunet qui nous ont démontré qu'une grande partie des cent cinquante dernières années ont consisté à effacer les dommages directs et collatéraux de la conquête.» Monsieur Landry souligne qu'au moment de la conquête, «70% des hommes et des femmes de la Nouvelle-France savaient lire, écrire et compter», alors que soixante-dix ans plus tard, ils n'étaient plus que 30%. «Nous avions alors perdu notre système d'éducation: proclamation royale, Institut royal, tout ça c'était bien beau. Il y a eu un système d'éducation, mais avec deux petits défauts pour les Québécois et les Québécoises du temps, il était protestant et anglophone.»

«Nos ancêtres ont donc eu à faire le choix entre l'assimilation et l'ignorance. Ils ont refusé l'assimilation et essayé d'éviter l'ignorance et il y a eu évidemment le grand rôle supplétif de l'Église catholique qui, si elle n'avait pas été là, il ne serait resté en partage que l'ignorance.» Ce qui fait dire à Monsieur Landry que l'expression 'grande noirceur' pour cette période est illogique, car «comment de la nuit noire aurait pu surgir la lumière? Parce que la lumière, c'étaient Paul-Gérin Lajoie, Jean Lesage, René Lévesque, Georges-Henri Lévesque et beaucoup d'autres.»

Monsieur Landry souligne alors le courage que leur combat a demandé à Messieurs Gérin-Lajoie et Arthur Tremblay pour persévérer, malgré les obstacles majeurs rencontrés auprès d'un premier ministre qui a heureusement changé d'idée et du chancelier de l'Université de Montréal. Quand Monsieur Gérin-Lajoie est devenu premier ministre de l'Éducation au Québec, le niveau d'éducation était l'un des plus bas en Occident, mais, grâce à son action, il s'est opéré un virage aux niveaux de l'économie, de la technologie et de la culture. Aujourd'hui, une des seules façons de surmonter les difficultés économiques et sociales de l'effondrement démographique, c'est que les jeunes produisent deux fois plus et que l'œuvre de Paul Gérin-Lajoie se poursuive.

o Extraits du discours de Soeur Guylaine Roquet, C.S.C.


Soeur Roquet souligne que la leçon d'histoire de Monsieur Landry a touché «toutes les fibres de notre cœur et de notre fierté.» Cependant, elle fait remarquer quelques erreurs, dans les discours précédents, car «ce n'est pas parce que Monsieur Gérin- Lajoie a été le premier Ministre de l'éducation qu'il mérite un hommage, c'est parce qu'il a été un 'remarquable' Ministre de l'éducation. Il aurait été le cinquième qu'il aurait mérité cet hommage. L'autre chose qui m'a frappée, c'est qu'on a beaucoup, beaucoup parlé des bâtisseurs, des entrepreneurs de ce système d'éducation. Moi, j'aimerais bien vous parler de ceux qui ont fait les clous, parce que ce système s'est bâti sur des clous qui avaient été préparés pour la Commission Parent.» De Mgr Parent elle dit que «sa plus grande qualité c'était son sens de l'humour», surtout chaque fois que la température montait dans les discussions.

S'adressant à Monsieur Gérin-Lajoie, elle lui dit : «Vous avez travaillé pendant cinq ans. Le mandat que vous avait donné le gouvernement était immense. Il touchait tous les aspects de l'éducation, les aspects financiers, organisationnels, pédagogiques, politiques, juridiques.» Elle ajoute «au cours des voyages que nous avons faits, nous essayions toujours de rencontrer les étudiants québécois qui étudiaient dans les universités. Ils avaient tous un seul mot à la bouche : 'Nous avons hâte de revenir. Il y a des choses à bâtir au Québec.'» À propos de l'Université du Québec, elle complète sa pensée : «L'Université du Québec qui, d'après moi, est un joyau de ce système, ce n'est pas nous qui l'avons pensé, c'est votre équipe au ministère. C'est vous qui l'avez pensé avec vos proches collaborateurs, c'est vous qui l'avez mise sur pied et ne serait-ce que pour ça, il faudrait qu'on vous soit très reconnaissants.» Mais elle déplore : «Je me demande si ces armées de fonctionnaires ne finissent pas par se piler sur les pieds. J'ai été là moi-même pendant dix ans au Ministère de l'Éducation. J'y ai vu des gens intelligents, motivés. Ça ne débouchait pas. Il y avait comme trop de monde. Heureusement, je suis assez vieille pour me permettre de me faire quelques petits ennemis.» Elle termine ainsi son discours : «Ce qui nous rend heureux, c'est le fait que vous avez prouvé, Monsieur Gérin-Lajoie, que nous sommes capables de faire de grandes choses, et j'espère que nous n'oublierons pas cette leçon. Merci!»

o Extraits du Discours de Monsieur Paul Gérin-Lajoie,
Ministre honoraire de l'Éducation du Québec,
Les 17 et 18 novembre 2004


«Après les paroles aussi émouvantes que nous venons d'entendre, il est bien difficile de prendre la parole.» (…) «Tout ce que je veux dire, c'est que l'éducation au Québec s'est transformée radicalement, comme d'ailleurs certains aspects formels, législatifs de la société québécoise, se sont transformés, dis-je, par la volonté déterminée et déterminante de quelques hommes, d'une équipe. Je suis tellement heureux que Pauline Tremblay soit ici ce soir, je suis tellement peiné qu'Arthur nous ait quittés si rapidement! J'ai toujours dit que nous étions un tandem tous les deux, chacun avec notre personnalité, chacun avec nos caractéristiques et chacun sachant donner un peu de lest, de temps en temps. Alors, il me semble que je terminerais là-dessus et que j'aurais donné l'essentiel de ce que votre Ministre de l'éducation honoraire ressent ce soir et la façon dont il aborderait les choses.»

Monsieur Gérin-Lajoie rend ensuite un hommage à son épouse : «L'aspiration de mon épouse, c'était d'élever ses quatre enfants et d'appuyer son mari. Elle m'a toujours accompagné, elle est venue à Oxford avec moi, elle a sillonné l'Europe et le monde avec moi, elle a partagé mes difficultés, mes aspirations et les réalisations qui ont pu suivre. Pauvre épouse dans un rôle toujours dans l'ombre, n'ayant comme seule satisfaction que de contribuer à ce qu'elle trouvait, elle aussi, un grand œuvre!»

Il rend également «un hommage particulier au Père Georges-Henri Lévesque en l'honneur de qui cette Fondation du Patrimoine laurentien existe, le Père Lévesque qui a été l'inspiration, qui a été le moteur, qui a été le fondateur de la Révolution tranquille. C'est chez le Père Lévesque que se sont formés les principaux acteurs de cette Révolution tranquille. Heureusement qu'il y avait quelqu'un d'en dehors pour diriger l'équipe; autrement je ne sais pas comment cela aurait tourné. Je me considérais comme un ami du Père Lévesque, même si je n'étais pas de l'école de Québec ou du Rwanda.»

Son hommage rejoint également «celui qui fut le chef d'une équipe, d'une équipe fantastique qui mena le combat de l'éducation pour tous, une éducation de qualité, quoi qu'on dise du système public, une éducation pour tous et chacun selon son potentiel propre et sa motivation propre. On oublie trop souvent des commentaires de capitale importance qui se trouvent dans le Rapport Parent : école pour tout le monde, mais non pas de médiocrité pour tout le monde et que chacun qui a des talents différents, des aspirations différentes de ce qu'on trouve chez son voisin, chez sa copine, chez les autres de sa génération, puisse se développer selon son être propre, ça aussi c'est dans le Rapport Parent.»

L'action de monsieur le Minisre honoraire se poursuit maintenant grâce à sa création de la Fondation Paul-Gérin-Lajoie «qui vise à prolonger sur le plan international cet objectif de l'éducation pour tous, d'une éducation de qualité pour tous, proposée en détail dans ses modalités par le Rapport Parent et que les Québécois d'aujourd'hui, chacun à leur façon, essayent de réaliser.» (…) «je me consacre à cela avec toute mon équipe. Ce n'est pas une grosse équipe, une trentaine de personnes dans le personnel clérical au siège social, deux, trois, quatre, cinq Canadiens par pays, et le reste, ce sont les gens du pays qui le font, parce que le but de la coopération, c'est de pouvoir s'en sortir. D'avoir contribué à ce que les gens du pays aient d'abord conscience de leurs ressources intérieures propres, que les gens des pays où nous sommes développent les ressources qu'ils ont, ensuite qu'ils mènent le chemin avec le Québec, le Canada et les autres pays qui côtoient le leur. Voilà, j'ai laissé parler mon cœur parce que, vous vous en rendez compte, les petits enfants du Tiers-Monde, les petits enfants d'Haïti, pour parler de ceux qui sont le plus près de mon cœur dans tous les pays que j'ai visités et auxquels je peux rester associé, les petits Haïtiens, je les aime autant que nos enfants du Saguenay, du Nord-Ouest québécois, de la Gaspésie ou d'aileurs. L'éducation pour tous, c'est ce qui a motivé mon entrée en politique et c'est ce qui me motivera, je pense, jusqu'à mon dernier souffle parce que les êtres humains, on ne saurait trop le répéter, sont tellement solidaires les uns des autres!»

«Bonsoir et merci de m'avoir donné l'occasion de vous rencontrer et merci de m'avoir offert de pécher une fois de plus par l'abondance de ma parole!»