Champlain
Mgr de Laval
Frontenac
Jean Talon
Maisonneuve
Vaudreuil
Jeanne Mance
Mgr Lartigue
Montcalm

 

LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN


Témoignages

«Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu» (Jn 3,21)

 

Pères Dominicains
Rel. Hosp. de Saint-Joseph
Religieuses de Jésus-Marie
     
Soeurs Grises de Montréal
Frères Maristes
Religieuses Ursulines
     
Pères Jésuites
Soeurs de Sainte-Croix
Frères de l'Instr. Chrétienne
     
Congrégation de Notre-Dame
Clercs de Saint-Viateur
Pères Franciscains
 
Messieurs de Saint-Sulpice
Pères Assomptionnistes
Pères Rédemptoristes
     
Soeurs de Miséricorde
Soeurs de Sainte-Anne
Pères Spiritains
     
Petites S. de l'Assomption
Soeurs du Bon Conseil
Hosp. de St-Jean-de-Dieu
     
Frères de Saint-Gabriel
Pères Eudistes
Srs de Saint-Joseph de S.V.
     
Srs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Religieux de Saint-Vincent
Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur
     
Congrégation de Sainte-Croix
Fr. des Écoles chrétiennes
Soeurs de la Providence

 

Les Frères Maristes

 

Frères Matristes
Fondateur
Témoignages religieux

 

Fondation française:
premiers frères en 1817

 

Reonnaissance légale par le prince président en 1851

 

Arrivée des frères au Québec en1885

 

Frères

Alexis Pâquet

Paul-André Lavoie

 

Enseignement
Saint Marcellin Champagnat
1789-1840
Éducation de la jeunesse

 

Historique de la communauté

Marcellin Champagnat, prêtre du diocèse de Lyon en France, réunit les premiers frères en 1817 et les forme à leur mission qui sera d'enseigner, d'éduquer à la religion et de donner une instruction élémentaire dans les petites écoles. Ils reçoivent leur reconnaissance légale par le Décret du 20 juin 1851, signé par le prince président Louis-Napoléon Bonaparte ; ils sont alors plus de 800 oeuvrant auprès de 21 000 élèves dans 150 maisons, en France et en Océanie. Lors des persécutions de 1903, on comptait près de 6 000 membres.

Vers 1880, Mgr Zéphirin Moreau, évêque de Saint-Hyacinthe, fait appel à eux pour diriger les écoles d'Iberville et de Sorel. Ils entrent en fonction sur le continent américain, entre autres à Iberville, Laval, Waterloo, Granby, Manchester, Drummondville, Lawrence, Lowell, New York, Henryville, Beauceville, Roberval, Québec (St-Malo), Beloeil, Chicoutimi, etc. En 1950, ils sont alors plus de 8 000 religieux dirigeant 800 institutions dans le monde.

www.freresmaristes,qc,ca


Résumé de l'entrevue du Frère Alexis Pâquet

Le Frère Alexis cède d'abord la place à son fondateur, saint Marcellin Champagnat, pour nous dire que ce dernier avait été choisi par un prêtre recruteur, à la manière de David, pour faire des études et devenir prêtre. Au grand séminaire, un groupe de séminaristes, dont Marcellin Champagnat et Jean-Claude Colin à leur tête, encouragés par leur Supérieur, conçurent le projet de fonder la Société de Marie, à l'instar de saint Ignace, la Société de Jésus. Cette Société de Marie comprenait des Pères, des Frères pour seconder les Pères et des Sœurs. Marcellin Champagnat, au cours des réunions de partage d'opinions et d'organisation, revenait souvent sur une idée qui lui était chère : " Il nous faut des Frères pour l'instruction et l'éducation des jeunes ". Ses confrères, plus ou moins lassés de ce rappel fréquent, lui dirent un jour : " Puisque tu tiens à ce qu'il y ait des Frères, occupe-toi des Frères! " Marcellin prit l'engagement de s'en occuper. Ordonné prêtre à l'été 1816 et nommé vicaire à La Valla, diocèse de Lyon, France, dès janvier 1817, il accueillit les deux premiers sujets, futurs Frères (la branche des enseignants) qui s'occuperont de l'instruction et de l'éducation des jeunes. La congrégation des Frères Maristes a retenu la date du 2 janvier 1817, jour de l'arrivée des deux premiers aspirants, comme date de fondation.

Alexis Pâquet est né à Val-Brllant dans la Matapédia, le dernier de treize enfants, dont les parents étaient soucieux de bien les élever. Le père, cultivateur, était adonné aux chantiers l'hiver et à la voirie, l'été. C'est à l'âge de dix ans, à la leçon de catéchisme à l'Académie Saint-Joseph de l'endroit, qu'Alexis reçoit le premier appel à joindre les Frères Maristes, de la part de l'enseignant qui lui dit : " Je vais arrêter bientôt d'enseigner, et tu vas me remplacer. " Le jeune campagnard Alexis fit mine d'accepter mais sans aller plus loin. C'est devant la prestance et l'éloquence, pour ainsi dire, d'un petit voisin qui, lui, avait accepté d'aller à Lévis trois ans plus tôt pour étudier, qu' Alexis décida de se présenter chez les Frères à treize ans.

Il entra au juvénat le 29 juin 1931. Après les vacances, il passe un examen qu'il réussit assez bien pour être admis aux études à Lévis, jusqu'à la neuvième année d'alors, puis à l'École normale pour obtenir le diplôme complémentaire. Après un an de noviciat où il se prépare à la vie religieuse, à la vie communautaire et aux vœux, il fait profession. Il est alors envoyé à l'école de Montmorency (1937-38) pour enseigner au cours préparatoire. Il vient ensuite faire une autre année d'École normale à Iberville, après quoi il passe deux ans à Mont-Roland (1939-1941) avec des jeunes de cinquième année, responsable également du chant à l'école dont les petits chanteurs font partie de la chorale paroissiale.

C'est la guerre, et les jeunes Frères sont sollicités pour l'enrôlement, mais en seront dispensés, parce qu'ils sont encore étudiants. De fait, après ses deux ans à Mont-Roland, le Frère Alexis revient à l'École normale en vue d'obtenir le diplôme supérieur, puis le Baccalauréat ès Art. À 24 ans, il passe du côté des formateurs où, pendant douze ans, il enseignera, s'occupera des loisirs des jeunes aspirants pensionnaires, du choeur de chant et de la fanfare.

Par la suite, il sera, pendant huit ans, directeur de l'École normale, tout en enseignant et en assumant la charge de supérieur, responsable du personnel et de la formation des jeunes Frères. Puis, à titre d'adjoint au Supérieur provincial, il participera, en 1967-68, au Chapitre général, à Rome, qui se penchera sur les changements à apporter dans la vie des Frères, à la suite de Vatican II.

Les Frères canadiens étaient également missionnaires dans quelques pays. C'est ainsi que le Frère Pâquet, devenu provincial de 1967 à 1973, visita leurs missions en Rhodésie (devenue le Zimbabwe), au Rwanda, au Zaïre, au Malawi.

En 1973, Frère Pâquet termine son second mandat de provincial et est nommé Directeur général du Collège Laval et Supérieur de la communauté locale. En 1976, il est député au Chapitre général à Rome et y est élu Conseiller au service du Frère Supérieur général, pour un mandat de neuf ans. Ce mandat terminé, il revient au pays pour y être secrétaire du Frère Provincial, Supérieur de la communauté des Anciens, rédacteur du Bulletin Mariste, responsable du personnel de l'infirmerie.

Aujourd'hui, les Frères n'ont plus d'écoles paroissiales et sont de moins en moins nombreux. Autrefois, il y avait une étroite collaboration entre la famille, l'école et la paroisse pour la formation des jeunes. Maintenant que ces trois piliers sont plus ou moins effrités, les Frères exercent un apostolat diversifié. Le Frère Pâquet, âgé de 88 ans, dit avoir toujours été heureux et rend grâce à Dieu pour les belles années de vie et d'activités passées en communauté, au service des jeunes, de la communauté et de l'Église. Il demande au Seigneur la grâce de continuer à vivre dans la sérénité, aidé de sa présence pacifiante.

Résumé de l'entrevue du Frère Paul-André Lavoie

Le Frère Paul-André Lavoie est né à Baie Saint-Paul en 1929, dans une famille de huit enfants. Son père était navigateur et faisait le commerce du bois de pulpe. Sa mère trouvait ce fils difficile à élever, si bien que, quand il décida d'entrer chez les Frères Maristes, chez lesquels il étudiait et qu'il aimait, elle refusa et lui dit, le trouvant trop "malcommode": "Commence par obéir à ta mère". Mais il était bien décidé d'obéir à la voix intérieure qui lui avait dit d'entrer chez les Frères Maristes et obtint du directeur de convaincre sa mère de le laisser partir au juvénat de Lévis, à 14 ans. Il entra, fit son noviciat, prononça ses premiers voeux à Saint-Hyacinthe et revint, après deux ans de séparation, rendre visite à sa mère qui le trouva tout transformé et très heureux dans sa nouvelle famille.

Après des études à l'École normale, il est envoyé à l'École Saint-Sacrement, pour enseigner en troisième année à 24 élèves, puis à l'Académie commerciale de Chicoutimi où il demeura huit ans. L'Institut comptait 10,000 Frères profès et plus de 5,000 juvénistes, postulants et novices. Quand son supérieur provincial lui demanda, en avril 1959, s'il accepterait d'aller au Congo-Brazzaville, en Afrique, sa réponse fut spontanée: "OUI." Il partit en août et fut cinq ans sans revenir au pays. Les deux premières années furent difficiles, il fallait s'adapter au climat, à la culture, à la pauvreté et il fut tenté de revenir, mais il resta et finit, non seulement par s'adapter, mais par aimer ces gens pour leur accueil, leur joie de vivre, leur générosité et leur sens du partage.

Quand, sous un gouvernement marxiste, leur collège passa à l'État en 1965, les Frères décidèrent d'offrir leurs services à Mgr Jean Zoa, archevêque de Yaoundé au Cameroun qui en fut très heureux. Ils étaient dix à partir ainsi. En arrivant, ils eurent à débroussailler, avec les jeunes Camerounais, 15 hectares de forêt pour y construire leur collège. Le Frère Paul-André missionna pendant 25 ans dans les collèges, dans l'organisation de bibliothèques, dans la création du mouvement «Jeunes du monde», les invitant à ne pas avoir peur d'évangéliser, de travailler à la paix, de lutter contre le tribalisme, etc. En 1990, quand, atteint de paludisme, fatigué, il parla de revenir au pays, les jeunes lui demandèrent de rester, disant que tout s'effondrerait sans lui. Il les convainquit de continuer eux-mêmes, d'être des multiplicateurs. Aujourd'hui, ces JM sont sept à huit mille à sillonner le Cameroun. Le Frère ira quatre ans au Kenya, au centre universitaire mariste de Naïrobi, comme bibliothécaire. En 1996, il partira pour quatre ans à Paris, faisant de l'animation missionnaire auprès des jeunes et des adultes.

Puis, le cardinal Paul-Émile Léger vint au Cameroun. Lui qui considérait les Frères comme des ouvriers de troisième zone, eut l'occasion de les voir à l'oeuvre dans ce pays et d'apprécier leur travail, en particulier le Frère Firmin, surnommé Frère Capable. Les gens, habitués avec les Frères, appelaient le Cardinal mon Frère. Il était heureux et fut apprécié pour «ses oeuvres» qu'il apportait au Cameroun.

Aujourd'hui, le Frère gère, à Québec, avec une soixantaine de bénévoles et douze salariés à l'ONG: «Collaboration Santé Internationale», qui renvoie par conteneurs des dons en matériel médical, scolaire et pharmaceutique dans plus de 90 pays.

Récemment, il a pris sa retraite. Après un stage de spiritualité à Rome, il travaille à la mise en valeur du patrimoine de sa communauté, les Frères Maristes, à Château-Richer.