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Historique
de la communauté
La
congrégation des Frères de l'Instruction chrétienne
fut fondée en 1819 par deux prêtres bretons, Gabriel Deshayes,
curé de la paroisse Saint-Gildas d'Auray, et Jean de La Mennais,
vicaire capitulaire du diocèse de Saint-Brieuc. L'oeuvre naissante
est dédiée à l'instruction et à l'éducation
chrétiennes des enfants des milieux populaires, surtout des campagnes,
Les frères reçoivent leur reconnaissance légale par
le Décret du 20 juin 1851, signé par le prince président
Louis-Napoléon Bonaparte; ils sont alors plus de 800 oeuvrant auprès
de 21 000 élèves dans 150 maisons, en France et en Océanie.
Lors des persécutions de 1903, on comptait près de 6 000
membres.
Les frères firent l'adaptation de la méthode des FÉC
sur La Conduite des Écoles chrétiennes et en 1868 le Frère
Job composa un Guide de l'Instituteur propre à l'Institut. En 1901,
les frères avaient déjà publié une quarantaine
d'ouvrages classiques. À la mort de Jean de La Mennais, en 1860,
l'Institut comptait 852 profès, 59 novices et dirigeait 349 écoles.
Vers 1880, Mgr Zéphirin Moreau, évêque de Saint-Hyacinthe,
fait appel à eux pour diriger les écoles d'Iberville et
de Sorel. Accueilli
en 1886 par les Jésuites du Collège Sainte-Marie de Montréal,
le Frère Ulysse Baron, premier supérieur nord-américain,
put compter sur l'aide de plusieurs douzaines de frères bretons
dans l'établissement de la congrégation au Canada. Ils entrent
en fonction sur le continent américain, entre autres à Iberville,
Laval, Waterloo, Granby, Manchester, Drummondville, Lawrence, Lowell,
New York, Henryville, Beauceville, Roberval, Québec (St-Malo),
Beloeil, Chicoutimi, etc. En 1950, ils sont alors plus de 8 000 religieux
dirigeant 800 institutions dans le monde.
Aujourd'hui, présents sur les cinq continents (23 pays), les FIC
, selon le charisme légué par leurs fondateurs, continuent
de faire connaître Jésus-Christ et son Évangile.
www.provincejdlm.com
 

Résumé
de l'entrevue du Frère Albert Tremblay
Le
F. Albert Tremblay a eu une enfance pour le moins mouvementée.
Il est né à St-Félicien du Lac-St-Jean, où
son grand-père s'était établi avec sa famille de
sept enfants en 1903, en provenance de St-Fidèle de Charlevoix.
À peine arrivé sur sa terre de colonisation, le grand-père
mourut d'épuisement à l'âge de 44 ans. L'aîné
de la famille, Ulysse - son futur papa - avait alors 14 ans. Le poids
de ses responsabilités fit qu'il ne se maria qu'à l'âge
de 28 ans. Il épousa Maria Côté, "son grand amour"
disait-il. Sa souffrance fut grande quand elle mourut à son premier
accouchement, emportant sa petite fille avec elle. Le veuvage fut lourd
et long, pressé qu'il était par la famille de 'refaire sa
vie'. La petite sur de sa première épouse qui avait
suivi celle-ci dans la maison des Tremblay, fit comprendre qu'elle aspirait
de tout son être à la succession de son aînée
dans le lit matrimonial. Elle aussi mourut lors d'un accouchement, le
troisième. Sa grand-mère paternelle s'occupa d'Albert jusqu'à
ses six ans. Le dernier de ses oncles se maria à cette époque
et prit Albert dans sa famille. Le couple l'aima et le traita comme s'il
eut été leur premier enfant.
Il fut un orphelin heureux, entouré partout d'affection, de son
papa surtout, que son travail tenait éloigné de longues
périodes. Les frères maristes furent ses premiers maîtres
à St-Félicien. Les frères de l'Instruction chrétienne
leur succédèrent, lorsque la famille déménagea
à Dolbeau. L'un de ses amusements était de faire l'école
à ses cousines. Il aimait ses maîtres et tout laissait présager
qu'il les rejoindrait dans leur profession. Pourtant lorsque, au cours
de sa cinquième année, les frères invitèrent
le jeune étudiant à les suivre, ils reçurent un non
catégorique.
Casse-cou, il fut victime de divers accidents, dont l'un à la tête.
La convalescence solitaire fut féconde. Pendant la semaine consacrée
à l'étude des projets vocationnels, Albert décida
de tenter l'expérience de la vie de frère. La grand-mère,
qui avait secrètement mis de côté quelques sous pour
payer ses études en vue de la prêtrise, accusa une légère
déception.
Toutes les étapes de formation furent franchies sans problèmes.
Scolastique, le jeune religieux fut désigné comme candidat
missionnaire pour l'Ouganda. La déclaration de guerre en 1939 fit
avorter le projet.
Il fit donc ses premières armes à l'école supérieure
Montcalm de Québec où il enseigna trois ans. Son attention
à se perfectionner en anglais en vue de sa mission le fit désigner
comme professeur de cette langue à Arvida. La rumeur courut, au
cours de cette année, que le F. Albert serait désigné
sur l'équipe professorale du juvénat. La perspective lui
souriait. Quelle ne fut pas sa surprise et son anxiété lorsqu'il
reçut une obédience comme professeur des scolastiques! Il
avait 22 ans, ses élèves de 16 à 18 ans. Prévue
pour deux ans, cette expérience fut prolongée sur deux autres
années, après quoi le jeune religieux devait prendre le
chemin de l'université.
Précisément cette année-là furent créées
deux nouvelles provinces et le F. Albert fut sollicité comme directeur
fondateur d'un des nouveaux juvénats. Les études devraient
attendre encore quatre ans.
La Providence réserve parfois d'heureuses surprises. Le Supérieur
Général offrait au F. Albert un séjour de sept années
d'études en philosophie et en théologie à l'université
catholique la plus cotée: la Grégorienne de Rome. Un confrère
français, Gilbert Ollivier, partageait la même bonne fortune.
Coïncidence étrange: tous deux, à trois ans de distance,
avaient le même anniversaire de naissance. Il se créa entre
eux une amitié qui devait marquer leur famille religieuse. Parmi
leurs professeurs, soulignons le célèbre jésuite
métaphysicien Bernard Lonergan, ancien élève des
FIC au Canada.
Pendant ce séjour à Rome le Concile se préparait.
Cela fournissait, aux jeunes théologiens curieux, l'occasion d'assister
aux conférences des grands ténors de la théologie,
qui suggéraient les orientations à privilégier: Rahner,
Congar, Schillebeckx, von Balthazar et autres. À son retour au
Québec, le F. Albert fut nommé responsable du scolasticat
où il resta cinq ans. Il vécut la fondation du Scolasticat
central Notre-Dame-de-Foy à St-Augustin-de-Desmaures où
cinq congrégations enseignantes concentraient leurs effectifs professionnels
et leurs étudiants pour mieux faire face aux nouvelles exigences
dans le domaine de l'éducation. Il y fut professeur de religion.
C'est de là qu'il fut nommé supérieur provincial.
Occasion rêvée de se faire l'apôtre de la théologie
conciliaire. Au lieu des fruits visibles escomptés, on assista
à une chute statistique tragique et imprévue au sein des
familles religieuses. Le F. Albert fut fortement interpellé par
l'article 31 de Lumen Gentium. On y définit théologiquement
le laïcat. À sa grande surprise, il constata que le portrait
collait dans sa quasi totalité à ce que faisaient les religieux
enseignants dans les écoles. Lorsque, dans les écrits conciliaires,
il était question des religieux, ceux-ci se voyaient appelés
directement à la prédication du royaume. Il essaya de faire
passer le message. Le rafraîchissement du charisme s'imposait: pour
obéir au Concile, les frères selon lui devaient se retirer
progressivement du domaine profane de l'instruction pour se concentrer
sur le message religieux. L'esprit des béatitudes devait primer
sur le culturel. Succès mitigé, s'il y eut succès.
Élu supérieur général en 1970, il reprit le
même message, qui lui paraissait de plus en plus transparent, à
travers les commentaires des documents post-conciliaires. Il rencontra,
encore là, plus de résistance que d'approbation. On l'accusa
même de "bousiller le charisme mennaisien"
Après deux mandats comme supérieur général,
il fut de nouveau nommé provincial. Profitant d'une fusion de provinces,
il offrit sa démission comme provincial pour réaliser enfin
son rêve missionnaire. Il y serait toujours, n'eut été
la cécité qui le frappa.
On le retrouve professeur de théologie au grand séminaire
de Bunia, au Congo belge. Ses relations avec les jeunes théologiens
furent heureuses, heureux qu'il était lui-même de pouvoir
se livrer à une activité tout à fait conforme à
ses convictions.
Le frère n'eut jamais de doute sur sa vocation. Il y trouva ce
qu'il y cherchait. Chose plutôt rare, il avoue n'y avoir jamais
rencontré de passages vraiment éprouvants, sauf peut-être
une certaine période d'atmosphère de compétition
malsaine avec un confrère, faute d'atomes crochus entre les concurrents.
Comme tous les jeunes, il eut à lutter, mais jamais sur le plan
vocationnel.
Il croit à la future unité des croyants, mais elle ne se
fera pas rapidement. Il croit à une Église catholique beaucoup
plus vaste que celle que nous donnent les statistiques. Il y a, outre
l'appartenance visible, une appartenance invisible à l'Église,
qui est le fait de la foule de ces croyants sincères et fidèles
à ce que prônent leurs religions propres ou leur conscience.
Le Seigneur aime tous les hommes et c'est pour tous qu'il a souffert et
est mort, et lui-même affirme, par son apôtre Paul qu'il veut
nous entraîner tous dans l'insondable et sublime mystère
de sa résurrection.
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