Champlain
Mgr de Laval
Frontenac
Jean Talon
Maisonneuve
Vaudreuil
Jeanne Mance
Mgr Lartigue
Montcalm

 

LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN

 

Témoignages

«Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu» (Jn 3,21)

 

Pères Dominicains
Rel. Hosp. de Saint-Joseph
Religieuses de Jésus-Marie
     
Soeurs Grises de Montréal
Frères Maristes
Religieuses Ursulines
     
Pères Jésuites
Soeurs de Sainte-Croix
Frères de l'Instr. Chrétienne
     
Congrégation de Notre-Dame
Clercs de Saint-Viateur
Pères Franciscains
 
Messieurs de Saint-Sulpice
Pères Assomptionnistes
Pères Rédemptoristes
     
Soeurs de Miséricorde
Soeurs de Sainte-Anne
Pères Spiritains
     
Petites S. de l'Assomption
Soeurs du Bon Conseil
Hosp. de St-Jean-de-Dieu
     
Frères de Saint-Gabriel
Pères Eudistes
Srs de Saint-Joseph de S.V.
     
Srs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Religieux de Saint-Vincent
Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur
     
Congrégation de Sainte-Croix
Fr. des Écoles chrétiennes
Soeurs de la Providence


Frères de l'Instruction chrétienne

 

Frères de
l'Instruction chrétienne

Fondateur
Témoignage religieux

Fondation française en 1819

 

Arrivée des Frères

au Québec en 1886

 

Frère

Albert Tremblay

 

Enseignement
Jean-Marie de La Mennais
1780-1860
Éducation de la jeunesse

 

Historique de la communauté

La congrégation des Frères de l'Instruction chrétienne fut fondée en 1819 par deux prêtres bretons, Gabriel Deshayes, curé de la paroisse Saint-Gildas d'Auray, et Jean de La Mennais, vicaire capitulaire du diocèse de Saint-Brieuc. L'oeuvre naissante est dédiée à l'instruction et à l'éducation chrétiennes des enfants des milieux populaires, surtout des campagnes, Les frères reçoivent leur reconnaissance légale par le Décret du 20 juin 1851, signé par le prince président Louis-Napoléon Bonaparte; ils sont alors plus de 800 oeuvrant auprès de 21 000 élèves dans 150 maisons, en France et en Océanie. Lors des persécutions de 1903, on comptait près de 6 000 membres.

Les frères firent l'adaptation de la méthode des FÉC sur La Conduite des Écoles chrétiennes et en 1868 le Frère Job composa un Guide de l'Instituteur propre à l'Institut. En 1901, les frères avaient déjà publié une quarantaine d'ouvrages classiques. À la mort de Jean de La Mennais, en 1860, l'Institut comptait 852 profès, 59 novices et dirigeait 349 écoles.

Vers 1880, Mgr Zéphirin Moreau, évêque de Saint-Hyacinthe, fait appel à eux pour diriger les écoles d'Iberville et de Sorel. Accueilli en 1886 par les Jésuites du Collège Sainte-Marie de Montréal, le Frère Ulysse Baron, premier supérieur nord-américain, put compter sur l'aide de plusieurs douzaines de frères bretons dans l'établissement de la congrégation au Canada. Ils entrent en fonction sur le continent américain, entre autres à Iberville, Laval, Waterloo, Granby, Manchester, Drummondville, Lawrence, Lowell, New York, Henryville, Beauceville, Roberval, Québec (St-Malo), Beloeil, Chicoutimi, etc. En 1950, ils sont alors plus de 8 000 religieux dirigeant 800 institutions dans le monde.

Aujourd'hui, présents sur les cinq continents (23 pays), les FIC , selon le charisme légué par leurs fondateurs, continuent de faire connaître Jésus-Christ et son Évangile.

www.provincejdlm.com

Résumé de l'entrevue du Frère Albert Tremblay

Le F. Albert Tremblay a eu une enfance pour le moins mouvementée. Il est né à St-Félicien du Lac-St-Jean, où son grand-père s'était établi avec sa famille de sept enfants en 1903, en provenance de St-Fidèle de Charlevoix. À peine arrivé sur sa terre de colonisation, le grand-père mourut d'épuisement à l'âge de 44 ans. L'aîné de la famille, Ulysse - son futur papa - avait alors 14 ans. Le poids de ses responsabilités fit qu'il ne se maria qu'à l'âge de 28 ans. Il épousa Maria Côté, "son grand amour" disait-il. Sa souffrance fut grande quand elle mourut à son premier accouchement, emportant sa petite fille avec elle. Le veuvage fut lourd et long, pressé qu'il était par la famille de 'refaire sa vie'. La petite sœur de sa première épouse qui avait suivi celle-ci dans la maison des Tremblay, fit comprendre qu'elle aspirait de tout son être à la succession de son aînée dans le lit matrimonial. Elle aussi mourut lors d'un accouchement, le troisième. Sa grand-mère paternelle s'occupa d'Albert jusqu'à ses six ans. Le dernier de ses oncles se maria à cette époque et prit Albert dans sa famille. Le couple l'aima et le traita comme s'il eut été leur premier enfant.

Il fut un orphelin heureux, entouré partout d'affection, de son papa surtout, que son travail tenait éloigné de longues périodes. Les frères maristes furent ses premiers maîtres à St-Félicien. Les frères de l'Instruction chrétienne leur succédèrent, lorsque la famille déménagea à Dolbeau. L'un de ses amusements était de faire l'école à ses cousines. Il aimait ses maîtres et tout laissait présager qu'il les rejoindrait dans leur profession. Pourtant lorsque, au cours de sa cinquième année, les frères invitèrent le jeune étudiant à les suivre, ils reçurent un non catégorique.

Casse-cou, il fut victime de divers accidents, dont l'un à la tête. La convalescence solitaire fut féconde. Pendant la semaine consacrée à l'étude des projets vocationnels, Albert décida de tenter l'expérience de la vie de frère. La grand-mère, qui avait secrètement mis de côté quelques sous pour payer ses études en vue de la prêtrise, accusa une légère déception.

Toutes les étapes de formation furent franchies sans problèmes. Scolastique, le jeune religieux fut désigné comme candidat missionnaire pour l'Ouganda. La déclaration de guerre en 1939 fit avorter le projet.

Il fit donc ses premières armes à l'école supérieure Montcalm de Québec où il enseigna trois ans. Son attention à se perfectionner en anglais en vue de sa mission le fit désigner comme professeur de cette langue à Arvida. La rumeur courut, au cours de cette année, que le F. Albert serait désigné sur l'équipe professorale du juvénat. La perspective lui souriait. Quelle ne fut pas sa surprise et son anxiété lorsqu'il reçut une obédience comme professeur des scolastiques! Il avait 22 ans, ses élèves de 16 à 18 ans. Prévue pour deux ans, cette expérience fut prolongée sur deux autres années, après quoi le jeune religieux devait prendre le chemin de l'université.

Précisément cette année-là furent créées deux nouvelles provinces et le F. Albert fut sollicité comme directeur fondateur d'un des nouveaux juvénats. Les études devraient attendre encore quatre ans.

La Providence réserve parfois d'heureuses surprises. Le Supérieur Général offrait au F. Albert un séjour de sept années d'études en philosophie et en théologie à l'université catholique la plus cotée: la Grégorienne de Rome. Un confrère français, Gilbert Ollivier, partageait la même bonne fortune. Coïncidence étrange: tous deux, à trois ans de distance, avaient le même anniversaire de naissance. Il se créa entre eux une amitié qui devait marquer leur famille religieuse. Parmi leurs professeurs, soulignons le célèbre jésuite métaphysicien Bernard Lonergan, ancien élève des FIC au Canada.

Pendant ce séjour à Rome le Concile se préparait. Cela fournissait, aux jeunes théologiens curieux, l'occasion d'assister aux conférences des grands ténors de la théologie, qui suggéraient les orientations à privilégier: Rahner, Congar, Schillebeckx, von Balthazar et autres. À son retour au Québec, le F. Albert fut nommé responsable du scolasticat où il resta cinq ans. Il vécut la fondation du Scolasticat central Notre-Dame-de-Foy à St-Augustin-de-Desmaures où cinq congrégations enseignantes concentraient leurs effectifs professionnels et leurs étudiants pour mieux faire face aux nouvelles exigences dans le domaine de l'éducation. Il y fut professeur de religion.

C'est de là qu'il fut nommé supérieur provincial. Occasion rêvée de se faire l'apôtre de la théologie conciliaire. Au lieu des fruits visibles escomptés, on assista à une chute statistique tragique et imprévue au sein des familles religieuses. Le F. Albert fut fortement interpellé par l'article 31 de Lumen Gentium. On y définit théologiquement le laïcat. À sa grande surprise, il constata que le portrait collait dans sa quasi totalité à ce que faisaient les religieux enseignants dans les écoles. Lorsque, dans les écrits conciliaires, il était question des religieux, ceux-ci se voyaient appelés directement à la prédication du royaume. Il essaya de faire passer le message. Le rafraîchissement du charisme s'imposait: pour obéir au Concile, les frères selon lui devaient se retirer progressivement du domaine profane de l'instruction pour se concentrer sur le message religieux. L'esprit des béatitudes devait primer sur le culturel. Succès mitigé, s'il y eut succès.

Élu supérieur général en 1970, il reprit le même message, qui lui paraissait de plus en plus transparent, à travers les commentaires des documents post-conciliaires. Il rencontra, encore là, plus de résistance que d'approbation. On l'accusa même de "bousiller le charisme mennaisien"

Après deux mandats comme supérieur général, il fut de nouveau nommé provincial. Profitant d'une fusion de provinces, il offrit sa démission comme provincial pour réaliser enfin son rêve missionnaire. Il y serait toujours, n'eut été la cécité qui le frappa.
On le retrouve professeur de théologie au grand séminaire de Bunia, au Congo belge. Ses relations avec les jeunes théologiens furent heureuses, heureux qu'il était lui-même de pouvoir se livrer à une activité tout à fait conforme à ses convictions.

Le frère n'eut jamais de doute sur sa vocation. Il y trouva ce qu'il y cherchait. Chose plutôt rare, il avoue n'y avoir jamais rencontré de passages vraiment éprouvants, sauf peut-être une certaine période d'atmosphère de compétition malsaine avec un confrère, faute d'atomes crochus entre les concurrents. Comme tous les jeunes, il eut à lutter, mais jamais sur le plan vocationnel.

Il croit à la future unité des croyants, mais elle ne se fera pas rapidement. Il croit à une Église catholique beaucoup plus vaste que celle que nous donnent les statistiques. Il y a, outre l'appartenance visible, une appartenance invisible à l'Église, qui est le fait de la foule de ces croyants sincères et fidèles à ce que prônent leurs religions propres ou leur conscience. Le Seigneur aime tous les hommes et c'est pour tous qu'il a souffert et est mort, et lui-même affirme, par son apôtre Paul qu'il veut nous entraîner tous dans l'insondable et sublime mystère de sa résurrection.