Champlain
Mgr de Laval
Frontenac
Jean Talon
Maisonneuve
Vaudreuil
Jeanne Mance
Mgr Lartigue
Montcalm

 

LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN

 

Témoignages

«Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu» (Jn 3,21)

 

Pères Dominicains
Rel. Hosp. de Saint-Joseph
Religieuses de Jésus-Marie
     
Soeurs Grises de Montréal
Frères Maristes
Religieuses Ursulines
     
Pères Jésuites
Soeurs de Sainte-Croix
Frères de l'Instr. Chrétienne
     
Congrégation de Notre-Dame
Clercs de Saint-Viateur
Pères Franciscains
     
Messieurs de Saint-Sulpice
Pères Asssomptionnistes
Pères Rédemptoristes
     
Soeurs de Miséricorde
Soeurs de Sainte-Anne
Pères Spiritains
     
Petites S. de l'Assomption
Soeurs du Bon Conseil
Hosp. de St-Jean-de-Dieu
     
Frères de Saint-Gabriel
Pères Eudistes
Srs de Saint-Joseph de S.V.
     
Srs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Religieux de Saint-Vincent
Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur
     
Congrégation de Sainte-Croix
Fr. des Écoles chrétiennes
Soeurs de la Providence

 


Pères Assomptionnistes


Augustins de l'Assomption
Fondateur
Témoignages religieux

Aristocrate de grand renom

Prêtre en 1834

Fondations:

Aug. de l'Assomption , 1850 Communautés religieuses féminines

Bayard Presse, 1873

Le Montmartre
Québec, 1917

Pères

Marcel Poirier

Lucian Dinca

Christian Blanc

Enseignement, prédication
Emmanuel d'Alzon 1810-1880
Missions, Médias

 

Historique de la communauté


Fondateur et premier supérieur des Augustins de l'Assomption, Emmanuel d'Alzon est né à Nîmes en 1810, dans les Cévennes, une région fortement marquée par le protestantisme. Il décida alors de devenir prêtre, malgré l'opposiiton de sa famille noble, dont il était le fils unique, et fut ordonné à Rome en 1834. De retour en France, il fut nommé vicaire général du diocèse de Nîmes et le demeura durant quarante-quatre ans.

En 1844, il reprit le collège de l'Assomption destiné aux enfants de l'aristocratie qui fut à l'origine de sa Congrégation. Il collabora volontiers avec Dom Géranger, Louis Veuillot et d'autres militants du catholicisme et fonda la Revue de l'Enseignement Chrétien. Il créa également en 1870, des «alumnats», ou écoles apostoliques destinées aux enfants pauvres appelés au sacerdoce, et fonda l'Association Notre-Dame-des-Vocations. Pour combattre le protestantisme dans la France du Sud, il créa l'association Saint-François-de-Sales.

Sa congrégation des Augustins de l'Assomption, qu'il fonda en 1850, est une famille religieuse à la fois moderne et enracinée dans la tradition. Ses membres sont polyvalents: enseignants, ingénieurs, ébénistes, journalistes, missionnaires, animateurs de pèlerinages, aumoniers d'hôpitaux, d'étudiants, de prisonniers et prêtres en paroisse. Ils se spécialisent dans la recherche théologique et dans la communication du message chrétien par l'action sociale et les médias, dont Bayard Presse, fondée en 1873.

La communauté s'est implantée au Québec avec le Père Marie-Clément Staub, fondateur des Soeurs de Sainte-Jeanne-d'Arc, congrégation acceptée par le Cardinal Bégin en 1917. Le Père vint au Québec avec l'intention de faire venir des Assomptionnistes, ce qui eut lieu en 1928, avec l'acquisition de la maison et la construction de la chapelle de Montmartre dédiée au Sacré-Coeur. A Québec, les Assomptionnistes opèrent le Centre Montmartre qui offre des activités diversifiées telles que: formation à la Bible, spiritualité, vie communautaire; de même que Spécial Jeunes: foyer étudiant, volontariat et activités Jeunes; puis un Festival de la Bible qui portait, les 25-26-27 août 2006, sur les trois religions du Livre. Ils ont également un sanctuaire à Beauvoir depuis 1996 et un collège à Bury depuis 1955.

Ils sont environ 900 religieux répartis dans 27 pays, dont, en France, à une vingtaine d'endroits.

Les communautés suivantes doivent également leur fondation à Emmanuel d'Alzon:

1839: Religieuses de l'Assomption: 1,356 dans 81 communautés et 34 pays.
1862: Petites Soeurs de l'Asomption: environ 1,000
1865: Oblates de l'Assomption: 516, dans 78 communautés et 14 pays.
1896: Orantes de l'Assomption: 160 dans 21 pays.

www.lemonmartre.net

 

Résumé de l'entrevue du Père Christian Blanc

Christian Blanc est un enfant de la guerre, né en 1939 dans le sud-est de la France, en Ardèche, à Dunières sur l'Eyrieux, alors que son père était déjà mobilisé et ne revint que sept ans après. Il n'eut qu'une soeur en 1947 et la famille s'est arrêtée là. Il fit ses études primaires chez les Frères Maristes jusqu'au certificat d'études qu'il obtint. Il poursuivit encore deux années chez les frères et obtint un B.E.P.C. Son désir d'être prêtre, de prêcher date de ses jeunes années mais, après le cours complémentaire, il ne savait plus où se diriger. Il ne voulait pas être frère enseignant, et, en désespoir de cause, il s'embaucha dans une métallurgie où il travailla pendant quatre ans, cinquante-trois heures par semaine tout en faisant partie de la J.A.C. et en faisant la cueillette des fruits en saison. Ensuite, n'ayant pas le choix, il fit son service militaire, dont deux années en Algérie.

C'est durant cette période-là qu'il tomba sur l'adresse d'une maison et prit contact avec ce qui était en fait un séminaire, durant son service. Au terme de ses obligations militaires, après être passé chez ses parents pendant quinze jours, il entra, le 19 mars 1962, à vingt-deux ans, dans cette maison de la région parisienne près de Montléry, chez les Assomptionnistes. Le choix de cette communauté fut spontané, à la suite de la découverte de leur adresse et il s'y sentit à l'aise tout de suite. Il fit d'abord une retraite pour bien entrer dans la vie, puis obtint un Baccalauréat français, fit ses études de philosophie durant son noviciat et fut ordonné en 1973. Quand vint le Concile, comme il n' avait pas accès à la télévision, il n'a pu en prendre la mesure, à ce moment-là, mais déjà en 1949, un prêtre de sa paroisse, disait la messe en français, face au peuple, car son souci était de maintenir la communauté chrétienne dans la foi. Le Père avait fait son catéchisme avec lui.

Il remplit sa première fonction à Lyon, alors que l'Église de France était en effervescence et que la formule du séminaire qu'il avait connue vivait ses derniers moments. Avec quelques confrères, il obtint l'autorisation de transformer la maison de théologie en maison d'accueil. Puis, à Valpré, jusqu'en 1990, il célébrait la foi, en pensant aux enfants. Quand il la quitta, il avait vécu une vie religieuse et un service ministériel extraordinaires.

C'est auprès des enfants qu'Emmanuel d'Alzon commença son action apostolique avec ses premiers religieux. Mais, comme il voulait redonner à l'Église une dimension publique, il organisait des pèlerinages vers la Salette, des pèlerinage nationaux à Lourdes et à Jérusalem dans un bateau acheté par les premiers Pères. Pour garder un lien avec les pèlerins, ils avaient créé, dès 1880, un journal de liaison «Le Pèlerin», une revue hebdomadaire qui existe toujours puis,la même année, en 1880, «La Croix», en prise avec les francs-maçons et les anticléricaux, par des combats intellectuels virulents. Bayard Presse vint par la suite.

Le Père Blanc passa six ans au Zaïre, responsable du noviciat de Butembo qui venait de s'ouvrir. Une invitation ayant été faite aux Pères de la province de France pour y aller. Un jour de Pentecôte, à Lyon le Père avait posé sa candidature et avait été accepté.

Puis, il fut, pendant neuf ans, supérieur à Strasbourg dans une communauté de jeunes prêtres destinée à accueillir les jeunes, maison qui avait remplacé les petits séminaires, «alumnats». Quand un Père du Montmartre de Québec est passé à Strasbourg, en année sabbatique, le Père, ayant terminé ses mandats comme supérieur, exprima le désir de venir au Québec pour quelques années. Mais ce n'est que le 26 juillet 1999 qu'il arriva à Québec, pour prêcher la neuvaine de l'Assomption et remplacer un confrère absent, mais son séjour s'est prolongé de telle sorte qu'il y est encore.

Le Père a également abordé le sujet de« communauté internationale». Ce rêve initié il y a cinq ans se concrétise au Montmartre avec l'arrivée de quelques religieux étrangers, dont deux Congolais, un Roumain, deux Français et un jeune Frère malgache.

Qu'en est-il des «laïcs de l'Assomption»? C'est un projet porté depuis quelques années par des confrères, surtout par des laïcs qui, connaissant la communauté, le Père d'Alzon, la référence à saint Augustin et ayant eu des activités avec la communauté, avaient en vue d'en partager la spiritualité. Cela existe en France, mais ce n'est pas tès structuré. Le Père les voit engagés dans l'animation, à leur niveau et avec leurs possibilités, et appelés à inventer des moyens pour vivre le charisme du fondateur.

Et comment voit-il l'avenir? Le Père se sent tellement bien dans le monde, dans l'Église et dans sa vocation de religieux assomptionniste qu'il n'a pas de sentiment découragé de l'avenir de l'Église mais, qu'au contraire, on est en plein chantier. C'est à nous d'inventer. Ainsi en a-t-il été du «Festival de la Bible», une activité de deux jours et demi, lancée en 2001 avec des moyens dérisoires, mais en contact avec des professeurs de l'université Laval, qui a amené une centaine de personnes. Le deuxième festival portait sur le prophétisme et le dernier, cette année, sur les trois religions monothéistes, qui a été un succès, festival que le Père a terminé en développant ces trois mots: avancer, continuer et inventer.

 

 

Résumé de l'entrevue du Père Marcel Poirier

Le Père Poirier est né dans un petit village des Cantons de l'est, à Scottstown, en 1941, le deuxième d'une famille de sept enfants, dont le père était menuisier. Il fit la première année du primaire à Lewiston aux États-Unis pui revint le terminer à son village natal. ll fit ses études classiques au collège d'Alzon, à Bury, le village voisin, tout en travaillant l'été avec son père. Il pensa d'abord devenir ingénieur ou architecte, mais le contact avec des dames éprouvées pas la maladie lui fit envisager de devenir médecin, pour finalement s'orienter vers l'aide aux plus démunis, quand il prit conscience de la vraie misère. La vocation est donc née du désir d'être utile et ce qu'il voyait chez les Assomptionnistes: la liturgie, la vie communautaire et le travail en éducation; le travail dans la presse, les missions, a fait le reste. Mais il fallait davantage pour un engagement définitif et surtout la spiritualité et une maturation de la foi. Après une année de noviciat aux États-Unis, deux années de philosophie en France, il fit quatre années de théologie chez les Dominicains à Rome, durant les deux dernières années du Concile et l'année post-conciliaire.

Après ses études de théologie, il revint au Québec et fut ordonné en 1968. Pour répondre à un besoin de professeur en sciences sociales au Séminaire Saint-Augustin, il étudia en vue d'une maîtrise en sociologie. Il enseigna ensuite douze ans au séminaire les différents cours de sciences sociales: sociolologie, anthropologie sociale et culturelle et un peu d'économique.

Quelles sont les origines de la communauté au Québec? La communauté s'est implantée au Québec avec le Père Marie-Clément Staub, fondateur des Soeurs de Sainte-Jeanne-d'Arc, congrégation acceptée par le Cardinal Bégin en 1917. Le Père vint au Québec avec l'intention de faire venir des Assomptionnistes, ce qui eut lieu en 1928, avec l'acquisition de la maison et la construction de la chapelle de Montmartre dédiée au Sacré-Coeur. Puis, les confrères des États-Unis vinrent faire leur théologie à L'Université Laval et résidaient au Montmartre, phénomène qui s'est amplifié à partir de la guerre de 1939. En 1948, la communauté acheta un petit sanctuaire dans la région de Sherbrooke, qui devint le sanctuaire de Beauvoir. Ce sanctuaire et les propriétés attenantes furent cédés aux Pères Maristes en 1996. En 1955, Les Assomptionnistes ont fondé le collège de Bury, puis se sont unis à onze autres congrégations qui ont créé le séminaire Saint-Augustin à Cap-Rouge d'où les Assomptionnistes se sont retirés en 1982.

Le Père a lui-même été curé de la petite paroisse de Beauvoir de 1985 à 1993 et directeur du sanctuaire, à un moment ou l'autre, partageant la tâche avec ses confrères. Ce fut pour lui une très belle expérience apostolique, après avoir été dans l'éducation. Le public qui y venait était en recherche et, en quelque sorte, «donnait la parole» aux Pères. L'autre aspect du travail dans un sanctuaire, très intéressant aussi, c'est le ministère de l'écoute et de la confession. Parmi les charismes de la congrégation, une des activités fut de favoriser les pèlerinages.

Le Père fut élu économe de la congrégation à Rome, sans avoir de formation particulière, tout en étant familier avec la présentation de bilans aux divers conseils d'administration. Cette élection entraînait la fermeture de Beauvoir et, pour le Père, le départ de Québec. L'expérience fut intéressante en ce sens qu'elle lui permit de découvrir un univers qu'il ne connaissait pas, comme l'Amérique latine et l'Afrique, les petites communautés anglophones, entre autres la province d'Angleterre, la communauté de Jérusalem et celle de Corée, où il fut appelé à aller comme assistant général.

Comment voit-il l'avenir? Ses voyages l'ont amené à découvrir dans l'Église des dynamismes qu'on ne voit plus tellement ici. En Afrique, par exemple où, à certains endroits, la congrégation a 125 à 135 jeunes en formation, en Roumanie également après la chute du communisme, il y avait un essor de vocations. Alors qu'ici, comme en Europe de l'ouest, on sent la crise des vocations. Est-ce que l'Église d'ici a encore un avenir? L'Église a vécu d'autres crises et pour celle-ci, le clergé est mieux préparé. La crise est douloureuse et engendre beaucoup d'incertitude. Nous devons donc chercher des voies nouvelles, tout en restant fidèles à la Parole de Jésus, à son message. Elle est difficile à vivre au niveau de la hiérarche, des fidèles et des familles.

Le Père voit la formation d'une communauté internationale ici comme une bénédiciton. Les Pères sont allés ailleurs dans le monde, à Rome, à Jérusalem, en Corée, etc.; que d'autres parties de la congrégation viennent épauler les efforts qui se font ici apparaît comme un retour. Puis l'homme qui vient de l'extérieur voit la réalité ici d'une autre façon et peut présenter d'autres propositions.

 

Résumé de l'entrevue du Père Lucian Dinca

Le Père Dinca est né en Roumanie, mais l'a quittée il y a dix ans. Sa famille était catholique très pratriquante, dans une Roumanie qui compte environ 6% de la population, petite minorité dans l'est du pays, 87% d'orthodoxes et 7% de protestants. Quand il était jeune, l'Église orthodoxe était l'Église nationale qui collaborait beaucoup avec le pouvoir en place et l'Église catholique de rite latin était «tolérée», c'est-à-dire que, tous les quatre ans elle avait droit d'avoir 4 ou 5 séminaristes au grand séminaire pour la prêtrise. Il y avait aussi une Église catholique de rite byzantin, mais cette Église a été supprimée et tous ses biens sont passés au patrimoine de l'Église orthodoxe. Pendant tout ce temps, les jeunes catholiques avaient de la difficulté à pratiquer leur religion, parce que, tout en exerçant un métier, ils devaient faire partie des jeunes communistes et, par le fait même, ne pouvaient pas vivre leur foi. Pour les célébrations, le curé devait fermer la porte de l'église à clé pour s'assurer que personne de l'extérieur n'entrât, comptant sur la discrétion de ceux qui étaient à l'intérieur.

Le Père dit devoir sa vocation à son curé, un jour où il travaillait avec lui à la réparation intérieure de l'église. Une dame était alors venue leur apporter de la nourriture et, en voyant le jeune garçon de dix ans, avait dit au curé: «Monsieur le curé, permettez-moi de vous dire que ce jeune-là deviendra prêtre un jour.» Pour ce qui est du choix d'une communauté, Lucian ne se sentit vraiment à sa place que chez les Assomptionnistes où il fit la rencontre de Saint Augustin qui l'a énormément guidé, dans son cheminement, sa recherche de Dieu, la quête de sens, la quête de la vérité. C'est ce qui a fait qu'il y est resté avec l'intention de s'y réaliser.

Il se rappelle que, sous les communistes, les gens priaient beaucoup pour les vocations, de telle sorte qu'à sa chute, les jeunes furent nombreux à se présenter aux portes des communautés. Il était du nombre, alors qu'affluaient également dans son pays, venus de partout, un très grand nombre de vocations, vague qui fut envahissante jusqu'en 2000. Mais le pays est en train de goûter à la modernisaton de la société, à l'esprit de consommation venu de l'occident.

Revenu au Québec, après un bref séjour en Roumanie, le Père Dinca s'est informé sur les croyances des gens: ils ne croient plus à la politique, ils ne croient plus à un redressement économique, ils ne croient plus aux institutions quelles qu'elles soient, mais ils croient encore à l'Église qui, d'après lui, a un rôle à jouer dans cette société. Cela dépend du ton qu'elle va donner, orthodoxes et catholiques ensemble pour que les gens puissent avancer et y croire. Les gens croient encore parce que l'Église est la seule à avoir une parole de vérité, Parole qui vient de Dieu et dont on est sûr qu'elle ne trompe pas. Quand il retourne dans son village, les gens l'attendent après la messe, s'agenouillent devant lui pour être bénis et lui baisent les mains. La foi est vivante mais en meme temps, on a besoin de prêtres, de personnes consacrées pour que le message évangélique fasse son chemin dans le coeur des gens. Pour donner un exemple, le Père a assisté à une fête mariale dans le centre de pèlerinage, le 15 août, où ils étaient 15 prêtres de 24 à 42 ans, devant une population de 10,000 personnes de 3 à 80 ans, durant deux heures, sous une chaleur de 50 degrés. Dans son village, les croyants sont également pratiquants, mais le Père a l'impression que certains pratiquent pour ne pas être montrés du doigt.

Beaucoup de jeunes quittent le pays pour aller travailler dans des pays occidentaux et, influencés par ce qu'ils y ont vu, ne voient plus la nécessité d'aller à l'église le dimanche, quand ils reviennent chez eux. L'Église a donc un enjeu à relever: remplacer «il faut» par «je vais à l'église parce que je veux rencontrer quelqu'un et ce Quelqu'un c'est Dieu qui se donne en Jésus-Christ.»

Avant de venir au Québec, il dit avoir eu la chance de passer cinq ans par la France qui, pour lui, a été une transition entre la Roumanie et notre province. Il a d'abord appris le français à Lyon durant neuf mois et est monté à Lille pour ses quatre années de théologie, où il a vu une pratique moindre qu'en Roumanie, mais un peu plus forte qu'ici, alors que s'il était arrrivé ici directement, le choc culturel aurait été plus grand et plus déprimant. Après l'obtention de son baccalauréat en théologie, il y avait deux possibilités pour lui: soit être ordonné et retourner en Roumanie, soit continuer ses études. Il choisit cette dernière, puis, en 2001, comme il était prévu qu'il fasse partie de la communauté internationale, on lui proposa de venir ici faire une maîtrise en théologie, de devenir prêtre et de retourner chez lui. Il accepta et, comme il prenait goût aux études de théologie, on l'encouragea à poursuivre jusqu'au doctorat. Il en a encore pour deux ans, tout en prenant le goût du Québec. En arrivant ici, en mettant le pied à l'aéroport il eut comme l'impression d'être chez lui et découvrit une affinité entre le Québec et la Roumanie, c'est-à-dire cette lutte pour conserver le caractère latin de notre identité. Puis, comme vicaire dans deux églises d'ici, il se sentait mal à l'aise, étant lle plus jeune, à devcir faire une homélie de temps en temps. Heureusement, il s'occupe aussi de catéchèse auprès des jeunes, et se rend compte qu'il a un rôle à jouer ici, tout en cheminant avec les gens, sans arriver avec des réponses toutes faites, mais en leur montrant comment Saint Augustin a été amené à découvrir peu à peu la vraie relation avec Dieu, ce qu'Il était et ce que lui-même était devant Lui. Durant cette année, il a découvert qu'il y avait chez ceux qui avaient rejeté l'Église une soif de spiritualité, mais une soif qui n'a jamais été nourrie de quelque chose de solide. Ils trouvent maintenant en Augustin quelqu'un qui a cheminé de la même façon qu'eux, qui s'est posé les mêmes questions et qui y a répondu dans son siècle. Sa joie fut de voir, à la fin de l'année, que plusieurs parmi ces personnes-là, avaient repris la route de l'église. Il est convaincu que les gens ont davantage besoin d'une Église qui vient vers eux, à partir de petits groupes qui se rassemblent.

En Roumanie, dans son diocèse, il y a deux cent quarante mille catholiques et, depuis dix ou quinze ans, ils ont entre vingt et trente ordinations tous les ans. Il sent le besoin chez eux d'avoir une foi plus solide de sorte que quand l'occident pénétrera chez eux, ils soient prêts à l'affronter sans que leu rfoi défaille. Il est également préoccupé d'oecuménisme et porte un premier projet d'écriture sur l'histoire de l'Église, montrant comment catholiques et orthodoxes ont la même racine de la foi. Le deuxième projet porterait sur la théologie des Pères de l'Église. Son troisième projet serait d'être dans une maison des Pères à Bucarest et, étant bi-rituel, travailler dans les deux rites et travailler à la rencontre de ces deux traditions que Jean-Paul II nommait «les deux poumons de l'Église».