Champlain
Mgr de Laval
Frontenac
Jean Talon
Maisonneuve
Vaudreuil
Jeanne Mance
Mgr Lartigue
Montcalm

 

LA FONDATION DU PATRIMOINE LAURENTIEN


Témoignages

«Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière,
afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu» (Jn 3,21)

 

Pères Dominicains
Rel. Hosp. de Saint-Joseph
Religieuses de Jésus-Marie
     
Soeurs Grises de Montréal
Frères Maristes
Religieuses Ursulines
     
Pères Jésuites
Soeurs de Sainte-Croix
Frères de l'Instr. Chrétienne
     
Congrégation de Notre-Dame
Clercs de Saint-Viateur
Pères Franciscains
 
Messieurs de Saint-Sulpice
Pères Assomptionnistes
Pères Rédemptoristes
     
Soeurs de Miséricorde
Soeurs de Sainte-Anne
Pères Spiritains
     
Petites S. de l'Assomption
Soeurs du Bon Conseil
Hosp. de St-Jean-de-Dieu
     
Frères de Saint-Gabriel
Pères Eudistes
Srs de Saint-Joseph de S.V.
     
Srs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Religieux de Saint-Vincent
Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur
     
Congrégation de Sainte-Croix
Fr. des Écoles chrétiennes
Soeurs de la Providence


Soeurs Grises de Montréal


Soeurs Grises de Montréal
Fondatrice
née à Montréal
Témoignages religieux

Marie-Marguerite Dufrost, épouse

François-Madeleine
D'Youville en 1722

et devient veuve en 1728

Fondation en 1737
Lettres patentes du roi en 1753

 

Soeurs

Thérèse Castonguay

Lucille Ouellet

Marie-Claire Marcil

Marie Lemire

 

Soins hospitaliers

Marguerite d'Youville
1701-1771

 

 

 

Historique de la communauté


La communautédes Soeurs de la Charitéde Montréal, communément appelée les Soeurs Grises de Montréal, fondée officieusement en 1737 par Marguerite d'Youville, reçoit en 1747 l'Hôpital général des Frères Charon. Avec la réception de lettres patentes du roi en 1753, elles acquièrent une existence légale.

Divers incendies obligent à des déménagements, ou à un recommencement, tel le feu de 1765. Leur mission: soins infirmiers, aide aux pauvres, aux personnes âgées, aux enfants abandonnés, aux orphelins (crèche), aux incurables, aux aliénés aux filles tombées (Jéricho), aux prisonniers, aux blessés de la guerre de 1812. Ouverture du Refuge Sainte-Brigitte pour les jeunes filles irlandaises qui pourront trouver un emploi l'année suivante.

En 1847, une épidémie du typhus apportée à Montréal par les immigrés de l'Irlande accueillis dans des abris à la Pointe Saint-Charles entraîne la mort à Montréal de 4,000 personnes dont 7 religieuses et 9 prêtres.

Au cours des siècles suivants, les religieuses poursuivent l'oeuvre de leur fondatrice en établissant des hôpitaux, des asiles, des hospices et des dispensaires pour recevoir les malades, les aveugles, les orphelins et les démunis.

www.sgm.mb.ca


Résumé de l'entrevue de Soeur Marie Lemire, S.G.M.

 

Décorée de l'Ordre du Canada, Soeur Marie Lemire ne se reconnaît pas plus méritante que d'autres, n'ayant "jamais fait que son devoir". Dans le Grand-Nord, en l'absence de médecins, elle devait faire des accouchements, demandant à Marguerite d'Youville de l'assister. À Fort-Smith, où elles étaient 24 religieuses, elle trouvait du réconfort auprès de celles-ci.

Cette chaleur humaine, elle l'avait d'abord connue dans sa famille. Étant l'avant-dernière de dix-sept enfants, elle avait été très choyée. "Tombée en amour avec le Christ", elle avait répondu à son appel et aurait accepté n'importe quel emploi pour faire la volonté de son Seigneur, mais son charisme était d'être infirmière auprès des malades et ses supérieures l'ont bien compris.

Quand on lui demande si elle a rencontré des difficultés, elle répond spontanément: "On fait son bonheur soi-même", tout en se mettant au-dessus des difficultés inhérentes à la vie commune. Ce qu'elle trouvait le plus difficile était "l'éloignement, l'isolement et le mois de noirceur" propres au Grand-Nord. Elle éprouvait de la peine devant les "limites médicales", la réduction du personnel au minimum, entre autres chez les chirurgiens et les orthopédistes. Mais les secours spirituels qu'elle puisait dans l'Eucharistie, dans les entretiens des aumôniers et dans sa confiance en la divine "Providence" l'aidaient à tout supporter.

Quand elle a été amenée à exercer l'autorité comme supérieure locale, puis provinciale, elle tenait compte de deux éléments: elle se disait qu'elle devait se faire pardonner de l'exercer et, quand elle demandait quoi que ce soit, elle le recevait comme une faveur, un cadeau; le respect de l'autre aussi la portait à l'écouter et à rechercher son bien-être. Elle ne remettait pas en question les statuts et les constitutions de la communauté, les ayant étudiés et acceptés avant de s'y engager.

Les changements survenus après Vatican II ont été vécus "paisiblement", les décisions concernant l'adaptation venant du chapitre général, laissant les soeurs libres, entre autres, de choisir ou non le costume contemporain. Personnellement, elle appréciait de ne plus porter le bonnet qui l'empêchait de bien entendre, quand elle auscultait un malade. Elle apprécie aussi la liberté de ne pas devoir se retrouver avec toute la communauté pour les prières, préférant des temps de prière personnelle.

Le plus beau souvenir qu'elle garde du Grand-Nord est celui des relations avec les familles des malades qu'elle connaissait bien et celui des fêtes vécues avec elles, à Noël par exemple.


Résumé de l'entrevue de Soeur Thérèse Castonguay

Soeur Castonguay possède un curriculum vitae professionnel exceptionnel et l'on se demande si elle n'aurait pas pu être attirée par toute autre carrière. Comment lui est donc venue l'idée de la vie religieuse? Durant son enfance, sainte Thérèse-de-l'Enfant-Jésus était très populaire et, dans sa famille, on avait pour elle une grande dévotion, plus particulièrement son père. Elle se sentait donc attirée par le carmel, mais on le lui avait montré très loin, trop loin. Aussi, quand, à quinze ans, elle connut Mère d'Youville, elle décida d'entrer chez les Soeurs Grises. Cette option la conduisit, après son baccalauréat en nursing, dans l'Ouest canadien où elle demeura cinquante ans, tout d'abord à Saint-Boniface, puis à Edmonton, ce qui l'obligea à apprendre l'anglais.

Dans toutes les villes de l'Ouest Canadien et du Grand Nord où les Soeurs Grises allèrent, elle créèrent le premier hôpital et la première école. Elles pourraient toujours en être propriétaires mais, n'ayant plus de relève, elles durent céder leurs hôpitaux à la Corporation laïque des hôpitaux, Caritas. Cependant, la mission peut se poursuivre, quoique d'une autre manière, par des personnes associées laïques qui aiment le charisme des religieuses.

La conciliation de la prière et de la profession est un sujet qui inquiète toujours les religieuses, mais, en considérant le travail comme une prière, elles se rassurent, tout en se réservant le moment de la retraite pour se reprendre. En attendant et jusque vers les années soixante, leur costume distinctif, leur vie de silence et retirée les identifiaient et pouvaient témoigner de leur engagement religieux. Les changements survenus avec Vatican II furent alors peut-être plus difficiles à accepter par les gens que par elles-mêmes qui les considèrent comme "un mieux": une plus grande liberté dans la visite de leurs familles, la lecture des journaux, etc. En ce qui concerne les voeux, comme, pour la personne, c'est d'abord un engagement intérieur, cela ne change pas vraiment. Aujourd'hui, tout est centré sur la conscience individuelle. C'est un risque, mais il est bon pour la conscience personnelle. Soeur Castonguay n'a donc pas la nostalgie du passé.

Après avoir occupé des postes importants, elle se sent encore utile à sa communauté, en faisant du travail de traduction pour le conseil régional, en rédigeant les chroniques de la maison mère et en aidant les soeurs dans leur correspondance et leurs mémoires. Ce qui pourrait être intéressant dans l'histoire de la communauté serait de décrire certains aspects de leur vie voyagère autrefois, en canoes alors qu'elles devaient se cacher la nuit pour ne pas être attaquées.

De Vatican II, elle retient surtout les changements apportés àla liturgie qui rapprochent les paroissiens de l'Église. Mais, aujourd'hui que l'église est peu fréquentée, oui, cela est difficile à accepter, mais elle ne voudrait pas avoir la responsabilité des décisions à prendre. De toute façon, quelles qu'elles soient, ces décisions seront toujours critiquées par certains. Elle a admiré et admire encore Jean XXIII et plus particulièrement Jean-Paul II qu'elle a rencontré, pour tout ce qu'ils ont apporté à l'Église comme renouveau. Sa prière préférée est le Notre Père, où tous les humains peuvent se reconnaître comme frères et soeurs.

Résumé de l'entrevue de Soeur Lucille Ouellet

Soeur Lucille Ouellet se retrouva, à quarante-cinq ans, avec une compagne, à Beyrouth au Liban, pour assurer la formation du personnel de l'hôpital alors tenu par les religieuses maronites, dont une seule était qualifiée comme infirmière. Connaissant et appréciant le système des Soeurs Grises dans les hôpitaux qu'elles dirigeaient ici, un médecin libanais avait ainsi obtenu leur aide pour le Liban.

Les religieuses québécoises surent s'adapter et partagèrent la vie des religieuses maronites qui heureusement parlaient français. Elles avaient une vie spirituelle bien structurée et si, durant la semaine, elles suivaient la messe en arabe, le dimanche, à la cathédrale, elles pouvaient rencontrer un prêtre français.

Soeur Ouellet avait développé une compétence professionnelle auprès du Docteur David. Elle avait également suivi des stages, entre autres à Baltimore et à Boston. Elle demeurait alors à l'École des infirmières et, là encore, s'adaptait facilement, ne voyant pas de séparation entre sa vie professionnelle et sa vie religieuse. Mais ici, comme tout était à faire, elle assista le docteur dans l'organisation de l'Institut de cardiologie: salles d'opération et de radiographie et leur équipement, enseignement et soins des malades, etc.

Et sa vocation, comment était-elle née? Soeur Ouellet avait étudié chez les Soeurs de la Charité de Québec qu'elle aimait bien et travaillé à l'Hôpital Saint-Sacrement. C'est à Montréal, cependant, qu'elle fit profession chez les Soeurs Grises. Comme elle aimait sa profession d'infirmière et avait toujours été obéissante dès sa petite enfance, le passage lui fut facile.

De la même manière, les changements apportés par Vatican II furent bien reçus. Elle y trouva même certains avantages, comme une structure plus souple, le fait d'être "plus près du monde", etc. Elle y était d'ailleurs un peu préparée par les relations qu'elle avait dû entretenir, avec le monde extérieur, dans des postes de responsabilité. Elle n'a certes pas la nostalgie du passé.

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Résumé de l'entrevue de Soeur Marie-Claire Marcil

À vingt-neuf ans, Soeur Marie-Claire Marcil était déjà directrice de l'École des infirmières à l'Hôpital Notre-Dame. Elle avait d'abord refusé ce poste, parce qu'elle se trouvait trop jeune pour assumer une telle responsabilité auprès de 250 étudiantes pensionnaires. Il faut croire qu'elle en avait le charisme et la compétence puisqu'elle y est demeurée quinze ans, heureuse auprès de ces jeunes filles qu'elle a beaucoup aimées. Les étudiantes pensionnaires étaient soumises à un règlement assez sévère, les heures de sorties, entre autres, étant très limitées. Après les trois premiers mois, durant lesquels les études étaient très intensives, les cours étaient complétés par des stages que Soeur Marcil devait organiser, une autre religieuse étant chargée du programmae d'études.

Par la suite, Soeur Marcil travailla deux ans au département d'obstétrique à l'Hôpital Maisonneuve, puis devint supérieure et directrice, de 1962 à 1965, à la crèche d'Youville. Comme elle a toujours cherché à être proche des personnes, elle ne voit pas vraiment de différence dans son exercice de l'autorité soit auprès des jeunes filles ou auprès des religieuses. Elle ne se souvient que d'une vie harmonieuse dans l'une et l'autre situation.

La vie familiale l'avait sans doute préparée à exercer l'autorité, étant l'aïnée d'une famille de huit enfants vivants. Son départ, à dix-neuf ans, fut l'occasion de grands sacrifices pour ses parents. Mais, après les changements apportés par Vatican II, elle pouvait les voir toutes les fins de semaine, son travail à Chambly l'ayant rapprochée de Saint-Luc où ils demeuraient.

Ces changements ont donc apporté un vent de liberté qui fut également apprécié dans d'autres aspects de la vie religieuse, comme le fait de n'avoir pas à demander de permission pour une sortie, la religieuse se contentant d'avertir de son départ, le fait aussi de se rapprocher des gens par le costume, tout en respectant l'esprit de pauvreté par une mise modeste. La vie de prière de Soeur Marcil n'en a pas davantage souffert, parce qu'elle était bien enracinée et devenue un besoin. En ce qui concerne la vie communautaire, ses obligations professionnelles l'en avaient déjà tenue plus ou moins à l'écart. Ces changements ont amené les religieuses à avoir plus de contrôle sur leur vie personnelle, ce que Soeur Marcil considère un avantage.

Après avoir fondé et organisé des hôpitaux, formé du personnel infirmier dans leurs écoles et consacré leur vie aux soins des malades, l'obligation, un jour, de s'en retirer fut certes une blessure pour les religieuses, mais Soeur Marcil comprend que cela est venu avec une certaine évolution de la société. La pratique religieuse ayant beaucoup diminué, les jeunes n'entendent plus parler non seulement de vie religieuse, mais de religion tout court. La diminution des effectifs de la communauté, qui s'en est ressenti, et la création des cégeps, qui assument maintenant la formation des infirmières, peuvent expliquer le départ des religieuses.

Depuis toujours, les religieuses ont su s'adapter à toutes les situations. Il n'en est pas autrement aujourd'hui; le charisme de leur fondatrice est vécu pour répondre aux besoins de la société. Heureuse hier, heureuse aujourd'hui, Soeur Marcil est confiante en l'avenir.